LETTRE XXIII (1)

 

LETTRE XXIII (1)

 

Saint Augustin à Maximin évêque donatiste, qu'on accusait d'avoir rebaptisé un diacre catholique, pour l'engager à avouer le fait, ou à se déclarer orthodoxe. Il l'invite également à une conférence de vive voix ou par écrit pour rétablir la concorde dans l'Eglise.

 

A SON TRÈS‑CHER SEIGNEUR ET HONORABLE MAXIMIN (2), AUGUSTIN, PRÊTRE DE L'EGLISE CATHOLIQUE, SALUT EN NOTRE SEIGNEUR.

 

1. Avant d'en venir à l'objet à propos duquel j'ai voulu écrire à votre bienveillance, je tiens à vous rendre brièvement compte du titre de cette lettre, afin que ni vous ni personne n'en soyez troublés. J'ai dit d'abord à mon Seigneur, parce qu'il est écrit : « Vous êtes appelés mes frères à la liberté ; ayez soin cependant que cette liberté ne soit point pour vous une occasion de vivre selon la chair, mais assujettissez‑vous les uns aux autres par la charité (Gal., xv, 13). » Puisque c'est la charité et le désir de vous servir qui m'ont inspiré cette lettre, ce n'est pas sans raison que je vous appelle mon Seigneur, et cela en vue de notre unique et véritable Seigneur dont j'ai suivi le précepte. Je vous ai appelé très‑cher : Dieu seul connaît que non‑seulement je vous aime, mais que je vous aime comme moi-même, puisque j'ai la conscience de vous souhaiter autant de bien qu'à moi‑même. Si j'ai ajouté le mot honorable, ce n'est pas pour rendre honneur à votre épiscopat, car, à mon égard, vous n'êtes pas évêque. Je ne dis pas cela pour vous offenser, mais avec cette sincérité qui veut que dans notre bouche il y ait seulement oui ou non. En effet, vous n'ignorez pas, et personne de ceux qui nous connaissent n'ignore que vous n'êtes pas mon évêque et que moi je ne suis pas votre prêtre. Je vous ai appelé honorable parce que vous êtes homme, et que l'homme est fait à l'image et à la ressemblance

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(1) Ecrite l'an 392. ‑ Cette lettre était la 203e dans les éditions antérieures à l'édition des Bénédictins et celle qui était la 23e se trouve maintenant la 98e.

 

(2) Maximin alors évêque donatiste à Sinit, petite ville voisine d'Hippone, revint plus tard à l'Eglise catholique et resta évêque dans le même siége comme on le voit à l'épitre cv. Saint Augustin en fait une mention honorable dans le livre XXII de la Cité de Dieu. C'est au sujet du retour de cet évêque à l'Eglise catholique que les Donatistes publièrent ce décret : « Quiconque sera lié de communion avec Haximin, doit s'attendre à voir brûler sa maison. » On verra dans la lettre 43e et dans plusieurs autres, des détails plus circonstanciés sur les Donatistes schismatiques qui avaient rompu toute alliance avec l'Eglise, dès l'an 311 . Ils ne reconnaissaient pour chrétiens que ceux de leur communion, et lorsque quelques catholiques embrassaient leur schisme, ils le rebaptisaient, parce que le baptême qu'ils avaient reçu dans l'Eglise catholique était nul à leurs yeux. C'est au sujet d'un diacre catholique de Mutagenne, auquel les Donatistes avaient imposé un nouveau baptême, que saint Augustin adresse cette lettre 23e à l'évêque Maximin.

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de Dieu, et que dans l'ordre et les lois de la nature, il occupe une position honorable, si toutefois il conserve ce rang en comprenant ce qu'il faut comprendre ; car il est écrit que : « L'homme qui avait été établi en honneur n'ayant pas compris son avantage, a été comparé aux bêtes privées de raison, et leur est devenu semblable (PS., XLVIII, 21). » Pourquoi donc ne vous appellerais‑je pas honorable, puisque vous êtes homme, et que tant que vous serez dans cette vie, je ne désespère pas de votre salut et de votre retour à la vraie foi? Si je vous ai appelé frère, vous n'ignorez pas que Dieu lui‑même nous a prescrit de dire, même (à) ceux qui ne veulent pas être nos frères : Vous êtes nos frères. Cela répond précisément à la cause pour laquelle j'ai voulu écrire à votre fraternité. Maintenant que je vous ai rendu compte des paroles par lesquelles j'ai commencé cette lettre, écoutez dans un esprit de paix ce qui va suivre.

 

   2. Comme je parlais un jour, en la maudissant, de la malheureuse et déplorable habitude des hommes de ce pays qui, tout en se glorifiant du nom de chrétiens, n'hésitent pourtant pas à rebaptiser des chrétiens, j'ai entendu quelques personnes faire votre éloge et dire que vous n'agissiez pas ainsi. Je vous avoue que d'abord je n'ajoutai pas foi à leurs paroles. Considérant ensuite que la crainte de Dieu pouvait s'emparer d'une âme humaine qui pense à la vie future, et que cette crainte peut la détourner d'un crime si visible, j'ai cru à ce qu'on me disait, je me suis réjoui de ce que par cette résolution vous n'aviez pas voulu rester tout à fait étranger à l'Eglise catholi­que. Je cherchais donc l'occasion de conférer avec vous, afin de faire disparaître, si cela se pouvait, la dissidence, bien légère, qui subsistait encore entre nous, lorsqu'il y a quelques jours on vint m'annoncer que vous aviez rebaptisé notre diacre de Mutugenne. J'éprouvai une vive douleur de la chute de ce malheureux et du crime imprévu dans lequel, vous mon frère, vous étiez tombé vous‑même. Je sais ce que c'est que l'Eglise catholique. Toutes les nations sont l'héritage de Jésus‑Christ, et son domaine n'a d'autres limites que celles de la terre. Vous le savez comme moi, ou si vous ne le savez pas, apprenez‑le. Cela est facile pour les hommes de bonne volonté. Rebaptiser un homme hérétique qui a déjà reçu ce sceau de la sainteté, selon les traditions de la discipline chrétienne, c'est un péché : mais rebaptiser un catholique, c'est un crime immense. Cependant la bonne opinion que j'avais de vous ne

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me permettait pas d'y croire. J'allai moi-même à Mutugenne, mais je ne pus voir ce malheureux. J'appris seulement, par ses parents que vous l'aviez fait diacre parmi vous. Et cependant aujourd'hui encore, je pense si bien de votre cœur, que je ne puis croire que vous l'ayez rebaptisé.

 

3. C'est pourquoi, très‑cher frère, je vous conjure par la divinité et l'humanité de Notre Seigneur Jésus‑Christ, de daigner me répondre pour me dire ce qu'il en est, et de m'écrire, en pensant que je veux lire votre lettre dans l'Eglise à tous nos frères. J'ai voulu vous en prévenir pour ne pas offenser votre amitié, en faisant une chose qui serait contre votre attente, et prévenir toute juste plainte que vous pourriez porter contre moi près de nos amis communs. Je ne vois pas ce qui vous empêcherait de me répondre. Car si vous rebaptisez, vous n'avez rien à craindre des hommes de votre secte, en me disant dans votre réponse que vous faites une chose qu'ils vous forceraient eux‑mêmes de faire, quand bien même vous ne le voudriez pas. D'un autre côté, en justifiant cette coutume par toutes les raisons et les arguments que vous pourrez trouver, vous obtiendrez leurs éloges plutôt que leur colère. Mais si vous ne rebaptisez pas, armez-vous de la liberté chrétienne, frère Maximin, armez‑vous‑en, les yeux fixés sur 1e Christ, sans redouter le blâme ni craindre la puissance de qui que ce soit. Les honneurs de cette vie passent, elle passe aussi cette ambition qui nous les fait désirer ; mais devant le tribunal de Jésus‑Christ, à quoi nous serviront ces trônes élevés de tant marches, ces chaires couvertes d'un dais, ces troupes et ce cortège de vierges consacrées à Dieu qui viennent au‑devant de nous en chantant des cantiques, je vous le demande, à quoi cela servira‑t‑il à notre défense, quand la conscience commencera à élever sa voix pour nous accuser, et que l'arbitre des consciences prononcera son jugement? Les honneurs présents deviendront alors des fardeaux, et ce qui nous relève aujourd'hui nous écrasera alors. Toutes ces choses que, selon les circonstances, on fait en notre honneur pour le bien de l'Eglise, seront peut‑être justifiées, si la conscience est à l'abri de tout reproche, mais elles seront impuissantes pour défendre une conscience criminelle.

 

4. Si donc, comme j'aime à le croire, vous avez soin en esprit de piété et de religion, de vous abstenir de réitérer le baptême de l'Eglise catholique, l'approuvant plutôt comme celui de la véritable mère qui présente son

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sein à toutes les nations pour les régénérer, et qui, après les avoir régénérées , les nourrit du lait de ses mamelles; les regardant toutes comme un même héritage de Jésus‑Christ qui n'a d'autres limites que celles du monde : si dis‑je c'est là votre pratique , pourquoi n'élèvez‑vous pas votre voix librement et avec joie , pourquoi cachez‑vous sous le boisseau l'éclat de votre lumière ? Pourquoi, écartant et déchirant l'ancienne enveloppe de la crainte et de la servitude pour vous revêtir d'une confiance chrétienne, ne vous avancez‑vous pas et ne dites‑vous pas : « Je ne connais qu'un seul baptême, celui qui est scellé et consacré par le nom du Père, du Fils et du Saint‑Esprit? Partout où je vois ce signe, je dois l'approuver. Je ne puis détruire ce que je reconnais comme venant de mon Seigneur, je ne puis souffler sur l'étendard de mon roi. Ceux qui se sont partagé la robe du Christ, ne l'ont point déchirée, (Jean, xix, 24), et cependant en le voyant expirer ils ne croyaient pas à sa résurrection. Si les persécuteurs n'ont pas déchiré ses vêtements quand il était suspendu à la croix, comment des chrétiens peuvent‑ils détruire le sacrement de celui qui maintenant est assis au plus haut des cieux? Si j'avais été juif du temps de l'ancienne loi, ne pouvant pas faire mieux, j'aurais reçu la circoncision. Ce sceau de la justice de la foi, avait tant d'autorité avant qu'il fût aboli par l'avénement de Notre Seigneur, qu'un ange aurait étouffé le fils de Moïse, si sa mère,  saisissant un caillou, (Exod., iv, 24), n'eût circoncis l'enfant, et par ce signe ne l'eût sauvé de la mort qui le menaçait. C'est ce signe sacré qui arrêta le cours du Jourdain, et le fit remonter à sa source. Ce sacrement, Notre Seigneur lui‑même, quoi qu'il l'ait aboli et effacé par sa croix, le reçut pourtant à sa naissance. Ces signes n'ont pas été condamnés, mais ils ont disparu devant des signes meilleurs : car de même que Notre Seigneur par son premier avènement, a fait cesser l'usage de la circoncision, de même par son second avènement, il fera cesser celui du baptême. De même aussi que depuis le règne de la liberté que nous donne la foi, et la délivrance du joug de l'ancienne servitude, aucun chrétien n'est plus circoncis dans la chair; de même, lorsque les justes règneront avec le Seigneur, et que les impies seront condamnés, personne ne recevra plus le baptême; mais ce que représente ce signe, c'est‑à‑dire la circoncision du cœur et la pureté de conscience de­meurera éternellement. Si donc j'étais juif de l'ancienne loi, et qu'un samaritain, voulant renoncer à l'erreur que le Seigneur lui‑même a condamnée, en disant : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, mais nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient

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des Juifs (Jean, iv, 22).» Si dis‑je, un samaritain déjà circoncis par des samaritains, voulait se faire juif, aurais‑je la témérité de le circoncire une seconde fois? Ce qui a été fait, même par des hérétiques, par cela seul qu'ils l'on fait conformément aux prescriptions de Dieu, je ne pourrais pas le recommencer, mais je serais forcé de l'approuver. Si dans la chair d'un homme déjà circoncis, il est impossible de trouver une place pour y pratiquer de nouveau la circoncision, puisqu'il n'y a qu'un membre où il puisse la recevoir, à plus forte raison trouverait‑on moins dans un seul cœur une place qui pût recevoir un second baptême du Christ. Ainsi, vous qui voulez donner deux fois le baptême, cherchez à cet effet un homme qui ait un double coeur.

 

5. Proclamez donc à haute voix que vous faites bien en ne donnant pas un second baptême. Proclamez‑le, non‑seulement sans crainte, mais encore écrivez‑le moi, je vous prie. Ne craignez rien, mon frère, de ce que peuvent faire ou dire les vôtres à cet égard. Si cela leur déplaît, ils ne sont pas dignes de vous posséder, si cela leur plaît, espérons que, par la miséricorde de Dieu qui n'abandonne jamais ceux qui le craignent et qui s'efforcent de lui plaire, la paix sera bien vite entre vous et nous. Il ne faut pas que pour des honneurs dangereux qui pèsent sur nous comme un lourd fardeau, et dont nous devrons rendre compte un jour, des peuples malheureux, croyant en Jésus‑Christ, aient dans leurs maisons des repas communs, et ne puissent pas s'asseoir ensemble à la table du Christ. N'est‑il pas déplorable qu'un homme et une femme qui, au nom de Jésus‑Christ, se jurent fidélité dans l'union de leur corps, déchirent, en se séparant de communion, le corps de ce même Christ ? Si ce scandale, ce triomphe du démon, cette perte et cette mort de tant d'âmes, peuvent par votre sagesse, votre prudence et l'amour que nous devons à Celui qui a répandu son sang pour nous, disparaître de ces régions, quels termes peut‑on trouver pour dire la palme que le Seigneur vous réserve, en récompense du salutaire exemple que vous aurez donné et qui sera bientôt imité pour guérir de leur mal les autres membres qui, dans toute l'Afrique, gémissent et se dessèchent dans leur misère. Ma seule crainte est que, ne pouvant pas voir le fond de mon cœur, vous n'aperceviez dans mon langage le désir de vous offenser, et non la preuve de mon affection pour vous. Que puis‑je donc sinon prendre Dieu à témoin de mes intentions, comme je vous prends pour juge de mes paroles?

 

6. Eloignons donc de nous toutes ces vaines objections que se font l'un à l'autre des partis ignorants. Ne m'objectez pas les temps macariens, comme moi‑même je ne vous rappellerai

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pas la cruauté des Circoncellions (1). Si ce premier état de choses ne vous regarde pas, le second ne me regarde pas davantage. L'aire du Seigneur n'est pas entièrement criblée, et par conséquent il s'y trouve encore de la paille. Prions donc et faisons tous nos efforts pour en être le froment. Je ne puis toutefois garder le silence au sujet de notre diacre rebaptisé. Je sais trop à quel danger m'exposerait mon silence ; car je ne songe pas à passer inutilement mon temps dans les honneurs ecclésiastiques, mais je pense au compte que je devrai rendre un jour, au prince de tous les pasteurs, des brebis confiées à ma garde. Peut‑être ne voudriez-vous pas me voir entrer dans tous ces détails. Si je le fais, pardonnez‑le, frère, à la crainte qui m'agite, car mon silence et ma dissimulation pourraient peut‑être vous engager à rebaptiser encore d'autres catholiques. J'ai donc pris la résolution, autant que le Seigneur daignera m'en donner le pouvoir et la force, de conduire cette affaire, de manière à faire voir, par nos entretiens pacifiques, à tous ceux de notre communion, combien grande, est la différence entre l'église catholique et les schismes ou les hérésies, et combien il faut éviter ces zizanies si pernicieuses à l'Eglise, et ces sarments retranchés de la vigne du Seigneur. Si vous consentez volontiers à conférer avec moi et à ce que je lise nos lettres en public, j'en éprouverai une joie ineffable. Si au contraire cette proposition ne vous est pas agréable, puis‑je faire autre chose, frère, sinon de lire, même malgré vous, nos lettres au peuple catholique, pour les faire tourner à son instruction. Si vous ne daignez pas me répondre, j'ai résolu du moins de lire les miennes, pour faire connaître aux Catholiques le peu de confiance que vous avez en votre cause, et leur inspirer la honte d'accepter un second baptême.

 

7. Je ne le ferai pas toutefois, tant qu'il y aura des soldats ici, pour ne pas laisser croire que je cherche à exciter des troubles plutôt qu'à ramener la paix. Mais après le départ de ces troupes, je le ferai, pour faire comprendre à ceux qui nous entendent, que mon but n'est pas de forcer les hommes à embrasser malgré eux une communion quelconque, mais de

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(1) Les Donatistes, dans leur défense, faisaient revenir à tout propos les temps macariens, c'est‑à‑dire les persécution auxquelles ils prétendaient avoir été en butte à cette époque.Vers le milieu du IVe siècle, l'empereur Constant avait envoyé en Afrique deux personnes de sa cour nommées Paul et Macaire. Leur mission était de distribuer des aumônes aux pauvres. Comme dans ces distributions ils cherchaient à faire rentrer les schismatiques dans le sein de l'Eglise, ces hérétiques, entre autres Donat, évêque de Carthage, ainsi qu'un autre évêque de ce nom, et qui occupait le siège épisco­pal de Bagaie attroupèrent un grand nombre de partisans, pour s'opposer aux exhortations des envoyés de l'empereur. Ces troupes de Donatistes, parcourant tout le pays, y occasionnèrent des désordres, et se livrèrent a des brigandages et     à des cruautés de toute espèce. Sur la demande des autres évêques catholiques, on fut obligé d'arrêter par la force, le mal qu'ils faisaient partout. Dans leur résistance, beaucoup d'entre eux périrent, et les Donatistes qui se prétendaient

persécutés par la répression qu'on opposait à leur fureur, et par la mort accidentelle d'un certain nombre de leurs par­tisans, donnèrent à cette époque le nom de temps macariens, dit de Macaire l'envoyé de l'empereur Constant.

Les circoncellions n'étaient autre chose que des attroupements de Donatistes, exercant de toutes parts des violences inouïes. Ils entouraient quelquefois les maisons des Catholiques et, en faisaient comme le siège; de la leur nom d'après saint Augustin : « Circumcelliones dicti quia circum cellas vagantur. »

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p299 SAINT PAULIN A L'ÉVÊQUE ALYPE.

 

faire connaître la vérité à ceux qui la cherchent paisiblement. Ainsi comme de votre côté vous n'aurez plus à redouter la terreur des armes et de la puissance temporelle, faites en sorte que nous n'ayons plus de notre côté à craindre les circoncellions. Occupons-nous de la chose en elle‑même. Prenons la raison seule pour guide, et les divines Ecritures pour seule autorité. Demandons avec calme et tranquillité. Cherchons, frappons, pour trouver et recevoir, et pour que la porte nous soit ouverte. Avec l'aide du Seigneur bénissant nos efforts et écoutant nos prières, nous verrons disparaître de nos régions cette honte et cette impiété qui désolent la terre africaine. Si vous ne croyez pas que je veuille attendre le départ des soldats pour agir ainsi, ne me répondez pas auparavant, et si pendant leur présence ici je donnais au peuple lecture de ma lettre, produisez‑la pour me convaincre de mauvaise foi envers vous. Puisse la miséricorde de Dieu me préserver d'une action contraire à mes mœurs et au but qu'il m'a inspiré, lorsque je me suis soumis à son joug.

 

8. Si mon évêque était ici, peut‑être vous aurait‑il écrit lui‑même, ou du moins je l'aurais fait sur son ordre et par son autorité; mais comme pendant son absence j'ai appris récemment qu'un diacre catholique avait été rebaptisé chez vous, je n'ai voulu par aucun délai laisser tomber l'actualité de ce fait, car la véritable mort d'un de mes frères me remplissait de la douleur la plus vive et la plus cuisante. Peut‑être la miséricorde et la providence de Dieu compenseront et adouciront par le retour de la concorde entre nous, la douleur que j'éprouve aujourd'hui. Que Dieu, très‑cher seigneur et frère, daigne vous inspirer un esprit de concorde et de paix!

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon