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Foi et conversion comme accès au véritable Jésus
-------- Nous devons à nouveau nous poser la question avec tout le sérieux possible: y a‑t-il un Dieu, et est‑il réellement Dieu, c'est‑à‑dire capable d'agir dans
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p119 L'UNICITÉ ET L'UNIVERSALITÉ SALVIFIQUE DE JÉSUS‑CHRIST...
le monde et de nous mettre en relation avec lui?
« Mon Père est à l'oeuvre jusqu'à ce jour» dit Jésus dans l'Évangile de Jean, s'opposant ainsi à l'image théiste d'un Dieu qui se serait retiré après le Big Bang et qui ne pourrait plus agir aujourd'hui (Jean 5, 17).
Il s'agit exactement de la question suivante: y a‑t‑il un Dieu agissant ou n'y a‑t-il rien? Dieu est‑il Dieu ou ne l'est‑il pas? Monod a dit que le principe d'objectivité est le principe de toute science, mais qu'il n'est pas démontrable.
Très bien, mais la question de savoir s'il y a un Dieu agissant ou pas n'est pas moins sans fondement. Monod justifie le principe d'objectivité avec ses succès scientifiques.
Il en va très semblablement de la décision en faveur de Dieu: c'est ultimement une décision en faveur de la raison et une décision sur le fait de savoir si le bien et le mal, la vérité ou l'erreur sont des catégories purement subjectives ou la réalité elle‑même.
En ce sens la foi se situe au début, mais une foi qui donne seule à la raison sa dignité et sa portée.
La pensée et l'existence ne peuvent plus être séparées pour l'homme. La décision en faveur de Dieu est une décision en faveur de la pensée et en même temps en faveur de la vie: l'une et l'autre se conditionnent mutuellement.
Saint Augustin a dramatiquement dépeint cette connexion dans l'histoire de sa conversion. Il parle des formes de vie manquées, d'une existence entièrement orientée vers ce qui est matériel, formes qui deviennent des habitudes, habitudes qui deviennent à leur tour des nécessités pour finalement devenir des entraves, une cécité du coeur.
Il parle des efforts pour les arracher et pour rouvrir le chemin vers Dieu, le Dieu agissant, et il fait une comparaison avec la situation de quelqu'un retenu prisonnier par un rêve, qui cherche à se réveiller et à s'en libérer et qui pourtant ne cesse de replonger dans le monde de son rêve.
Il parle de ce qu'il a, pour ainsi dire, caché derrière son dos, que Dieu rappelle de sa cachette par la parole de l'ami, si bien qu'il doit le regarder en face12. À une nouvelle connaissance appartient une vie renouvelée qui ouvre à nouveau notre horizon fermé. ----
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-------- pour connaître Jésus, il est nécessaire de se mettre à sa suite. C'est après que nous découvrirons où il demeure. A la question: «Où demeures‑tu? (qui es‑tu?), il répond immédiatement: «Venez et vous verrez (Jean 1, 38 s).
C'est pourquoi les disciples pouvaient donner une autre réponse que “les gens » à la question sur Jésus: ils partageaient sa vie. Ce n'est qu'en agissant ainsi que nous pourrons sortir ‑ pour parler comme Platon ‑ de la «caverne” que nous pensons être le monde et qui n'en est pourtant qu'une partie limitée13.
« Nul n'a jamais vu Dieu. L'Unique, qui est Dieu et qui repose dans le sein du Père, lui l'a fait connaître” dit l'Évangile de Jean (1, 18). En fait, personne n'a vu Dieu-------Il n'y a que Dieu qui puisse se connaître parfaitement.
Dieu seul voit Dieu. Et de ce fait seul celui qui est Dieu peut réellement le faire connaître ----- le Fils -- qui repose dans le sein du Père, -----LUI seul est Dieu, tous les autres ne font que toucher Dieu de loin.
Lui seul peut dire: « Je suis le chemin, la vérité et la vie », les autres ne peuvent montrer que des bouts du chemin, mais ils ne sont pas le chemin. Et surtout: en Jésus‑Christ, Dieu et l'homme, l'infini et le fini, le créateur et la créature s'interpénètrent.
L'homme a trouvé place en Dieu. Il n'y a que lui à pouvoir franchir l'intervalle infini entre créateur et créature. Lui seul, qui est homme et Dieu, est le pont entre l'être de l'un et l'être de l'autre. Et de ce fait il l'est pour tous et pas seulement pour quelques‑uns.
De même que la vérité est unique pour tous, de même il n'y a que Dieu lui-même, l'un, à être pont de lui‑même à lui‑même, et de lui‑même à l'homme et ensuite de l'homme à lui: dans l'humanité du Fils.