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Chapitre trois
De l’Ancien au Nouveau Testament:
La forme fondamentale de la liturgie chrétienne
-- Marqué par la conscience de la chute et de l'aliénation de l'être humain, le culte se présente nécessairement comme une recherche d'expiation, de pardon et de réconciliation.
---- comment relier le monde à Dieu, comment offrir une expiation à la mesure de cette entreprise? Le seul don véritable ne serait‑il pas le don de soi?
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-------- Dans les autres religions, le sacrifice est offert non au dieu véritable, le Dieu unique qui ne peut se satisfaire de sacrifices d'animaux-------------------
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Commençons par le sacrifice d'Abraham: --------- Au dernier moment, Dieu lui‑même intervient pour empêcher le sacrifice; un bélier est désigné à Abraham ----------
C'est donc un décret divin qui fonde le sacrifice de substitution, avec son échange explicite: c'est de Dieu qu'Abraham reçoit l'agneau qu'il lui offre en retour. ----------
----- Le sacrifice de l'agneau pascal -----apparaît comme l'événement central de l'année liturgique. ------ L'agneau, le sang de l'agneau immolé, épargnent à Israel la mort de ses premiers‑nés. ------
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Mais revenons à l’Ancien Testament. Ce qui touche au sacrifice, donc à la substitution, y est régulièrement remis en question par les prophètes. ---------- Oui, l'obéissance est autre chose que le meilleur sacrifice, la docilité, autre chose que la graisse des béliers (S 15, 22).
Osée l'exprimera sous cette forme: Car c'est l'amour que je veux, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes (6, 6). Jésus le résumera enfin très simplement: «C'est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice» (Mt 9, 13; 12, 7). ---------
Offre à Dieu un sacrifice d'action de grâces, accomplis tes voeux pour le Très Haut (Ps 50 [49) 12 ‑14).
À son tour Étienne, -------répond par une mise en cause du Temple --- C'est au prophète Amos qu'il emprunte l'essentiel de sa critique: Je hais, je méprise vos fêtes, pour vos solennités je n'ai que dégoût.
Quand vous m'offrez des holocaustes, vos oblations, je n'en veux pas, vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde pas. Éloigne de moi le bruit de tes cantiques, que je n'entende pas le son de tes harpes! (Am 5, 21‑23; Ac 7,42 ss, cit. Amos 5, 25‑27). ------
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------- Puisque, selon Étienne, l'oeuvre principale de Moïse avait été la construction du tabernacle, l'ordonnance du culte et l'institution de la Loi, l'oeuvre du nouveau prophète, du prophète définitif, devait être de conduire le peuple hors du «provisoire » de l'ère du tabernacle et des sacrifices d'animaux, de «détruire » le Temple et de «changer les usages » que Moïse avait établis. ---------
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-------. On prétendait que Jésus avait déclaré: «Je détruirai ce Temple fait de main d'homme et en trois jours j'en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme» (Mc 14, 58). --------
Mais, dans saint Jean, une parole de Jésus éclaire le caractère prophétique de son acte: «Détruisez ce sanctuaire; en trois jours je le relèverai. » (Jn 2, 19.)
Jésus ne dit pas que lui‑même détruira le Temple ‑ il s'agit là d'un faux témoignage. Par contre, il prophétise que c'est précisément ce que feront ses accusateurs, et laisse entrevoir que la destruction de son corps terrestre sur la Croix marquera la fin du Temple, et que sa résurrection en inaugurera un nouveau.
Le corps vivant du Christ, maintenant devant la face de Dieu, est devenu le lieu du culte. Il est le tabernacle qui n'a pas été construit de main d'homme. La prophétie de la résurrection est ainsi une prophétie de l'eucharistie.
