Fidèles amis du Cardinal Robert Sarah
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Pour une « réforme de la réforme » qui rétablisse la paix dans la liturgie
Le remarquable appel du cardinal Brandmüller
Du haut de ses 97 ans magnifiquement portés, de sa compétence reconnue d’historien de l’Église et plus encore de son amour inconditionnel pour le mystère de l’Eucharistie, le cardinal Walter Brandmüller (sur la photo de Lena Klimkeit © Picture Alliance/Dpa) lance un appel puissant aux évêques et aux fidèles afin que l’on abaisse enfin les armes dans la guerre qui dure depuis plusieurs décennies entre novateurs et traditionalistes, guerre dont la liturgie de la Messe constitue le cœur du conflit.
Le texte de cet appel a été confié par le cardinal au site Settimo Cielo, afin qu’il soit rendu public, et il est reproduit intégralement ci-dessous.
Le titre lui-même est du cardinal : « Pour l’amour de Dieu : Abaissez les armes ! »
Le cardinal n’en parle pas explicitement, mais son texte laisse transparaître la confiance qu’il place dans le pape Léon comme artisan de paix et d’unité.
Sur une question comme la liturgie, qui est capitale pour la vie et la mission de l’Église et sur laquelle le pape a déjà gagné l’estime de beaucoup, en raison de l’équilibre qu’il manifeste dans sa volonté de l’aborder.
Le cardinal ne fait pas non plus allusion aux derniers épisodes de cette guerre, en particulier au rapport préparé par le préfet du dicastère pour le culte divin, Arthur Roche, pour le consistoire du pape avec les cardinaux des 7 et 8 janvier : un rapport très hostile aux fidèles attachés à la messe tridentine, mais qui a heureusement été retiré de l’ordre du jour de la rencontre, la question étant renvoyée à un examen ultérieur.
Cependant, ce qui frappe dans le texte de Brandmüller, c’est bien davantage ce qui est suggéré que ce qui est explicitement dit.
Pour argumenter son appel, il entrelace avec compétence les événements actuels avec les précédents historiques, la réforme originelle du Second Vatican Council avec les dérives post-conciliaires, l’expérience vécue des fidèles avec les subtilités de la théologie.
Le tout est exprimé dans une écriture brillante, capable de captiver même les lecteurs non spécialistes.
À lui maintenant la parole, dans l’espérance que les faits viendront confirmer cet appel.
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Pour l’amour de Dieu : « Abaissez les armes ! »
par le cardinal Walter Brandmüller
Ce n’est pas avec la constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II, mais avec la mise en œuvre de la réforme liturgique après le Concile qu’une fracture s’est ouverte dans de larges parties du monde catholique. Il en est résulté un conflit malsain entre « progressistes » et « rétrogrades ». Faut-il s’en étonner ? Nullement. Cela ne fait que démontrer le rôle central qu’occupe la liturgie dans la vie des fidèles.
Le prétendu « conflit liturgique » n’est d’ailleurs pas un phénomène né uniquement après Vatican II, ni même exclusivement dans le monde catholique. Lorsque, dans la Russie orthodoxe, en 1667, le patriarche Nikon et le tsar Alexis Ier introduisirent une réforme liturgique, diverses communautés se séparèrent, certaines allant jusqu’à refuser le sacerdoce lui-même, donnant naissance à des schismes qui subsistent encore aujourd’hui.
Dans l’Occident catholique et protestant également, à l’époque des Lumières, de vives querelles éclatèrent au sujet de l’introduction de nouveaux recueils d’hymnes. Dans la France catholique, le remplacement de l’ancienne liturgie gallicane par le nouveau Missale Romanum au milieu du XIXᵉ siècle rencontra une opposition farouche.
En somme, dans tous ces cas, il ne s’agissait pas — comme pour Arius ou Martin Luther — du dogme, de la vérité révélée. De telles questions devenaient plutôt l’objet de débats dans les milieux intellectuels.