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La réponse faite à Job n'est qu'un début, une anticipation hésitante de la réponse que donne Dieu, en engageant son propre fils dans la croix et la résurrection de Jésus‑Christ. ---- La ---- réponse de Dieu --------- est une compassion -------.
La compassion de Dieu a chair. Elle s'appelle flagellation, couronnement d'épines, cruci-
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fixion, tombeau. Il est entré dans notre souffrance.
Ce que cela signifie------- puissions-nous l'apprendre devant les grandes représentations du crucifié ou devant les Pietàs où la Mère pleure son fils mort.
------- les hommes -------- ont appris que Dieu lui‑même habite au coeur de leurs souffrances et que c'est justement dans leurs plaies qu'ils sont devenus un avec lui.
--------- Le crucifié n'a pas retiré la souffrance du monde, mais par sa croix il a changé les hommes et tourné leur coeur vers leurs soeurs et leurs frères qui souffrent ; par là il les a fortifiés et purifiés les uns comme les autres.
C'est de lui que vient ce « respect de ce qui est au‑dessous de nous » * qui fait défaut à l'humanisme païen et qui s'éteint dès que cesse la foi au crucifié. Ne commençons‑nous pas lentement à comprendre, avec tous les problèmes de notre «Sécurité sociale », qu'il y a des choses que l'on ne peut payer? -----------
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------ La Croix n'est pas restée le dernier mot de Dieu en Jésus‑Christ. -------- Jésus, ------ est ressuscité et à travers le Ressuscité Dieu nous parle.
Le riche débauché qui était en enfer demanda que Lazare ait la permission d'apparaître à ses frères pour les mettre en garde contre son sort atroce: si quelqu'un ressuscitait d'entre les morts, prétend‑il, alors ils croiraient (Lc 16, 27s.). Eh bien, le vrai Lazare est venu. Il est là et il nous interpelle : cette vie n'est pas tout.
Il y a une éternité. Parler de telles choses est aujourd'hui, même en théologie, tout à fait démodé. Parler de l'au‑delà apparaît comme une fuite devant l'ici‑bas. Oui, mais si cela est vrai ? Peut‑on alors passer à côté? Peut‑on l'abolir sous prétexte que c'est une consolation ? N'est‑ce pas justement ce qui donne à la vie sa gravité, sa liberté et son espérance?
------- Jésus‑Christ: il est l'image restaurée de Dieu. --------- le Dieu de la Bible n'exige aucun sacrifice humain. Dans l'histoire des religions, là où Il apparaît, le sacrifice humain cesse.
Avant
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qu'Abraham puisse porter la main sur Isaac, l'objection divine l'en empêche ; le bouc remplace l'enfant. Le culte de Yahvé commence par là: le sacrifice du premier‑né exigé par la religion héréditaire d'Abraham est remplacé par son obéissance et par sa foi ;
--------- Pour le Dieu d'Israël, le sacrifice humain est une abomination ; Moloch, le dieu des sacrifices humains, est l'essence même des faux dieux auxquels s'oppose la foi en Yahvé (22). Pour le Dieu d'Israël, ce n'est pas la mort de l'homme qui est une offrande, mais sa vie.
Iréné de Lyon a exprimé cela dans cette merveilleuse formule: Gloria Dei homo vivens ‑l'homme vivant, voilà la gloire de Dieu. C'est le genre de « sacrifice humain», d'offrande qu'il demande (23).
Mais alors, que signifie la croix du Seigneur? Elle est la forme de cet amour qui a pris l'homme totalement et par suite est descendu également dans son péché et dans sa mort.
Ainsi cet amour est‑il devenu «sacrifice » : amour sans limites qui prend l'homme, la brebis égarée, sur ses épaules et, à travers la nuit de son péché, le ramène au Père. Depuis, il y a une nouvelle manière de souffrir: une souffrance qui n'est pas malédiction, mais amour qui transforme le monde.