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Chapitre cinq
Le temps sacré
------ Rappelons d'abord que tout temps est temps de Dieu. ------- l'Éternel lui‑même a maintenant pris le temps en lui: le temps et l'éternité coexistent dans le Fils. En se soumettant à la temporalité, en assumant l'existence humaine, le Verbe éternel incarné a fait entrer le temps dans la sphère de l'éternité; plus précisément, il est devenu lui‑même le lien entre le temps et l'éternité. -------
Tout temps est temps de Dieu, disions‑nous. Le temps de l'Église, nous l'avons vu, est un temps intermédiaire, entre ombre et réalité; cette structure particulière demande un signe, demande à être soulignée par un temps spécialement choisi et précieux, le temps de la liturgie, qui a pour but de ramener le temps dans les mains de Dieu.1 ----
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------- L'homme vit au rythme de la révolution des astres, du soleil et de la lune.
----- le chemin de l'humanité que nous appelons histoire est lui aussi une forme de temps spécifique.
Tout cela est présent dans la liturgie et détermine sa relation particulière au temps. ---------- La direction vers l'est signifie que la prière se fait en direction du soleil levant, une orientation cosmique qui se double d'une signification historique. Elle désigne le mystère de la Pâque de Jésus‑Christ, le mystère de sa mort et de sa resurrection. L’orientation annonce le monde à venir et l'accomplissement de l'histoire dans le second avènement du Rédempteur. ----
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------- Le temps cosmique, déterminé par le soleil, devient une image du temps humain, du temps historique, qui avance vers les noces de Dieu et du monde, de l'histoire et de l'univers, de la matière et de l'esprit ‑ à la rencontre de la «nouvelle cité», dont la lumière est Dieu lui‑même. C'est alors que le temps entrera dans l'éternité.
L’Ancien Testament présente une double division du temps. L'une est déterminée par le rythme de la semaine qui avance vers le sabbat, l'autre par les fêtes qui font écho à la Création ‑ semailles, récoltes et fêtes de tradition nomade ‑ et en même temps célèbrent les interventions de Dieu dans l'histoire. ------
Commençons par le rythme de la semaine. Nous l'avons vu, le sabbat a inscrit l'Alliance dans le temps en la mettant en relation avec le septième jour de la création. Le christianisme a conservé ce rapport. Mais entretemps l'Alliance a été élevée à un rang nouveau par l'incarnation, la crucifixion et la résurrection du Christ, à tel point qu'on parle maintenant d'une «Nouvelle Alliance». --------- et son point culminant, sur lequel s'alignent tous les autres, est la résurrection de Jésus, « le troisième jour». Nos réflexions sur la sainte Cène nous ont montré que celle‑ci forme un tout avec la croix et la résurrection. C'est l'offrande de Jésus, jusque dans la mort, qui donne leur poids aux paroles de la Cène; pourtant cette offrande serait privée de sens si la mort avait le dernier mot. C'est donc à travers la resurrection que l'Alliance s'accomplit vraiment: l'homme est maintenant uni à Dieu pour toujours.