Persécution en Prusse 1

Darras tome 42 p. 605

 

§   III   LA   PERSÉCUTION   EN   PRUSSE.

 

Ce ne sera pas l'un des épisodes les moins obscurs, les moins instructifs, ni les moins tragiques de l'histoire du XIXe siècle que la persécution infligée à l'Église catholique, dans l'Allemagne prussienne, depuis 1871. Nous disons persécution, car il n'y a pas, ici, seulement une controverse sur quelque point de droit liti­gieux, ou un conflit de juridictions différentes touchant à des affaires mixtes; mais une oppression gratuite, une persécution violente, une suite d'attentats contre les personnes, les institu­tions et les intérêts, sans l'ombre même d'un prétexte, sans autre motif que des affirmations vaines essayant de colorer l'attaque à tous les droits. Si nous ajoutons que cette persécution, despotique dans ses procédés, révolutionnaire par ses œuvres, a été autorisée par des Parlements soi-disant libéraux, perpétrée par un gouvernement soi-disant conservateur, rendue plus fana­tique par les passions conjurées de l'hérésie et du philosophisme, nous aurons suffisamment qualifié cette entreprise. Nous verrons si les faits légitiment un tel jugement; nous devons d'abord en présenter une exacte analyse.

 

30. Ce ne fut pas sans étonnement qu'on apprit, en Europe, au lendemain de l'invasion, que le prince de Bismarck, vainqueur de la France, du Danemarck et de l'Autriche, se décidait à enta­mer, contre les catholiques d'Allemagne, une guerre à outrance. Avant la conclusion de la paix et même avant la déclaration de guerre, à peine dans le monde civilisé, quelques rares esprits, attentifs aux mouvements contradictoires de la diplomatie prus­sienne, avaient deviné que le premier ministre du roi Guillaume, en faisant la guerre au dehors, voulait surtout faire, au dedans, des conquêtes. Mais bien peu avaient porté leurs regards jus­qu'à la prévision d'une restauration impériale au profit du pro­testantisme, restauration qui entraînerait une guerre acharnée contre l'Église et contre Rome. On avait seulement observé, envers les catholiques, un certain dualisme de conduite : tantôt

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des paroles favorables, tantôt des réserves presque menaçan­tes; mais cette diversité d'actes n'avait excité qu'une certaine défiance, prête, suivant les circonstances, à prendre ombrage ou à désarmer. A l'heure des angoisses patriotiques, toutes les divergences disparurent comme par enchantement ; on ne songe plus qu'à défendre contre l'ennemi traditionnel, le pays alle­mand. En Bavière, au moment où la diète hésitait à s'allier con­tre la France, c'était Pierre Keischensperger, l'un des plus illus­tres chefs du parti catholique, qui avait décidé les catholiques bavarois à s'unir à la Prusse. Pendant la guerre, les soldats catholiques de l'Allemagne marchèrent avec un entier, j'allais dire avec un aveugle dévouement derrière les drapeaux de la Prusse. Après la guerre, un grand nombre, non seulement de soldats, mais de prêtres, de religieux, de religieuses, étaient décorés pour l'assistance héroïque qu'il avaient si généreusement prêtée au milieu des combats. Un instant le bruit s'était répandu que le nouvel empereur, élevé, par la victoire, jusqu'aux intuitions du génie, allait reprendre, au XIXe siècle, par une politique chré­tiennement conservatrice, le rôle de Charlemagne. On peu ajou­ter que si Bismarck et Guillaume eussent été de taille à entrer dans des desseins assortis si magnifiquement aux miséricordes de la Providence, l'Europe continentale étant livrée partout aux agitations stériles du libéralisme, aux visées destructives de la révolution et aux frivoles expériences d'un républicanisme men­teur, Guillaume serait aujourd'hui empereur d'Occident.

  

   31. Des idées mesquines, des passions basses, une certaine furie aussi incapable de mesure que de repos devaient arrêter et précipiter les deux conquérants. Au lieu d'imiter Charlema­gne ou Constantin, ils ne vont imiter que les Constance et les Copronyme. Rien ne montre mieux à quels gens de peu, Dieu livre parfois le genre humain.

 

L'épée était donc à peine remise au fourreau, la paix n'était pas encore signée, qu'on vit pleuvoir sur l'Église catholique, sur ses dogmes, sa hiérarchie, ses institutions, son obscurantisme, son intolérance, un déluge d'accusations. La fortune du roi de

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Hanovre, convertie par Bismarck en fonds de reptiles, avait fourni les rayons lumineux, les tourbillons de flammes qui avaient déter­miné dans les cœurs les plus lâches, des convictions soudaines et l'éclat fulgurant d'un zèle inattendu. La presse la plus déver­gondée avait été prise à gage, non seulement en Prusse et en Allemagne, mais en Italie, en France, en Angleterre et jusqu'en Amérique. De tous les coins de l'univers, s'élevaient des voix stipendiées pour dénoncer les périls que courait, par le fait de l'Église, le nouvel empire. Le coup fut si promptement monté, la mine éclata avec lant de fureur, que, la pensée du monde encore absorbée par les émotions d'une terrible guerre, ne devi­nait même pas de quoi il s'agissait. Il y a plus; ceux qui criaient le plus fort, dans l'effaremont calculé de leur trame, poussaient des cris, mais ne donnaient point de raisons et ne savaient même pas quoi dire. Les catholiques avaient-ils formé un com­plot? avaient-ils posé un acte réfractaire ? avaient-ils seulement témoigné quelque défiance ? Les évêques avaient-ils refusé leur concours, tenu des Synodes, publié quelque acte pouvant prê­ter à équivoque et motiver des ombrages? Il n'y avait rien de cette sorte; le prétexte même manquait à l'accusation. A exa­miner les choses en philosophe, on ne voit, dans ces clameurs frénétiques, qu'une répétition, infiniment peu variée, de vieux préjugés et de sottes impostures. Le gouvernement, qui les payait, laissa le torrent déborder sur tous les rivages, mais ne prit à son compte que trois arguments :

 

1° La proclamation du Syllabus et la définition dogmatique de l'infaillibilité Pontificale.

 

2° Une attitude d'agression contre les lois de l'État, contre les libertés populaires et les conquêtes de la civilisation moderne.

 

3° La formation, au parlement impérial, d'une fraction du cen­tre, que Bismarck qualifiait de mobilisation contre l'État.

 

   32. La proclamation du  Syllabus datait de 1864; elle avait  ramené à quatre-vingt propositions, les erreurs contemporaines sur Dieu, sur l'homme, sur la famille, la société civile et l'Église, en formulant ainsi ces erreurs, elle se bornait à renvoyer, pour

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le sens de la condamnation, aux actes publics de Pie IX depuis son avènement, s'abstenant, au reste, de les qualifier expressé­ment comme l'avait fait autrefois la Bulle Auctorem fidei et ne leur infligeant pas d'autre note que d'appartenir à un programme d'erreurs. La publication du Syllabus avait été l'objet de mesures déraisonnables et oppressives de la part du gouvernement impé­rial de France; elle n'avait excité aucunement les ombrages des gouvernements hérétiques ou schismatiques. A la vérité, il s'était trouvé, même dans les pays protestants, des déclama-teurs vulgaires pour pousser, contre le Saint-Siège, des cris de haine; pour l'accuser de jeter le défi au siècle, à la libre-pensée et au pouvoir de l'État; mais les États séparés de l'Église n'avaient point pris, au compte de leurs rancunes ou de leur malveillance, ces misérables dénonciations. Après sept années de paix, relever le Syllabus comme une machine de guerre ou, au moins, comme un épouvantail pour les moineaux, communs en Prusse depuis la proscription dont ils furent l'objet au der­nier siècle, était d'autant plus maladroit à la Prusse, qu'elle avait témoigné depuis, à l'Église, plus de bonne grâce. À l'avènement du roi Guillaume, qui appartenait à la société secrète des Francs-maçons, les catholiques, il est vrai, avaient conçu quelques crain­tes; néanmoins, sans favoriser l'Église comme l'avait fait son prédécesseur, le prince la laissa en paix durant les premières années de son règne. Les relations du gouvernement prussien avec le Saint-Siège étaient même si amicales, qu'au couron­nement du roi et dans d'autres circonstances, Guillaume put dire en toute vérité : « La condition de l'Eglise catholique dans mes états est si bien réglée, que le chef même de cette église m'en félicite. » De son côté, Bismarck, pour des motifs qui ne sont plus un secret, faisait son possible pour conserver et aug­menter la confiance des catholiques. A cette fin, il voulut pré­senter, aux évêchés vacants, des personnes agréables au Saint-Siège, de purs ultramontains, comme on dit. C'est ce que prouve le choix de l'archevêque Ledochocoski pour le siège de Gnesen et Posen, et de l'archevêque Melchers pour celui de

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Cologne. Il serait en effet difficile de trouver un ecclésiastique plus «ultramontain », plus papal, que ne l'est un nonce, chargé de représenter la personne même du Pape; et c'est cependant un nonce que le gouvernement prussien demanda au Saint-Père. Ce n'est donc pas sans raison qu'une revue hebdomadaire de Berlin écrivait alors, que Bismarck avait plus à cœur de pro­curer de bons évêques à l'Église catholique que bien des cha­pitres. Evidemment le Syllabus n'empêchait Bismarck ni d'être juste, ni même d'être gracieux envers le Pontife qui avait pro­mulgué ce fameux Syllabus.

 

Ces relations amicales entre le gouvernement prussien et l'Église durèrent jusqu'à la proclamation de l'Empire allemand à Versailles. A cette époque, les chevaliers de Malte des provinces rhénanes présentèrent une adresse : « Je considère, leur répon­dit Guillaume, l'occupation de Rome par les Italiens, comme un acte de violence, et je ne manquerai pas, une fois la guerre finie, de la prendre, de concert avec d'autres princes, en consi­dération. » Sincères ou non, ces paroles prouvent au moins que l'empereur ne manifestait guère l'intention de persécuter l'Église catholique.

 

 La définition de l'infaillibilité pontificale, portée la veille de la déclaration de guerre, avait éveillé, en Allemagne, de singuliers ombrages. Nul, hormis les catholiques restés fidèles, ne s'in­quiétait de la définition exacte de cette vérité, et tous, consul­tés ou non, instruits ou ignorants, juifs ou protestants, soit dans les feuilles publiques, soit dans les parlements, soit dans les sociétés particulières, criaient de toutes leurs forces à la déifi­cation de l'homme, à l'affront fait à la raison humaine, au dan­ger qui menaçait l'indépendance des États, la liberté des peu­ples, etc., etc. Cette définition forçait-elle donc les incrédules à se soumettre aussi bien que les catholiques aux vérités procla­mées par l'Eglise? Mettait-elle le Pape à la tête d'un million de soldats invincibles, pour contraindre chacun à croire à la vérité révélée? L'esprit le plus borné s'apercevait aisément que ce décret ne touchait pas à un cheveu de sa tête. Pourquoi donc ce tu-
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limite, ces cris surtout dans le camp des incrédules? En quoi cela pouvait-il les inquiéter? Il est évident qu'il n'y avait pas la moindre raison valable pour tout ce mouvement et qu'il ne pou­vait être qu'artificieusement provoqué. Ce fut  « l'intelligence allemande » unie à la diplomatie prussienne qui ourdirent ce complot, et bientôt l'on vit se joindre à eux d'autres puissances. Les conséquences que le gouvernement prussien en déduisait se montrent clairement dans une dépêche de Bismarck du 14 Mai 1872. Ce profond théologien dit entre autres : « Ces décisions du concile du Vatican, ont mis entre les mains du Pape la faculté de s'arroger les droits épiscopaux de chaque diocèse et de sub­stituer l'autorité papale à celle des évêques nationaux. » .... « La juridiction épiscopale a été absorbée par la juridiction pa­pale. » .... « Le Pape n'est plus aujourd'hui l'exécuteur de cer­tains cas réservés, mais les droits épiscopaux reposent entière­ment entre ses mains. » .... «En principe il occupe la place de chaque évêque particulier, et il ne dépend que de lui de se substi­tuer pratiquement à la place des évêques vis-à-vis des gouver­nements. »  .... « Les évêques ne sont que ses instruments, des employés sans aucune responsabilité individuelle, vis-à-vis des gouvernements ils sont devenus les employés d'un monarque étranger,» .... « qui plus est, d'un monarque qui, par son infail­libilité, est entièrement absolu, et plus absolu qu'aucun monar­que du monde. »

 

Pour répondre à ces frivoles allégations, un mot suffit. On distingue, dans l'autorité souveraine du Chef de l'Église, trois choses : Le Magisterium, le Pontificium et le Gubernium. Le Magisterium, comme le nom l'indique, a trait uniquement à la doctrine, aux dogmes, à la connaissance spéculative et à l'en­seignement orthodoxe de la vérité révélée; le Pontificium se rapporte aux Sacrements, au saint sacrifice, à toutes les insti­tutions de grâce et œuvres mystiques de la Sainte Église ; le Gubernium, en dehors des parties qui relèvent du Pontificium et du Magisterium, est relatif à l'administration générale, aux rapports extérieurs et forme comme le lien disciplinaire de la

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hiérarchie. Au concile du Vatican, il a été reconnu, défini, pro­clamé que, dans son magistère, parlant ex cathedra, comme chef de l'Église universelle, le pape était infaillible en matière de foi et de mœurs, c'est-à-dire pour définir la règle des mœurs et de la croyance. Cette définition ne changeait donc rien, abso­lument rien, aux attributions gouvernementales du Vicaire de Jésus-Christ, étant relative aux actes du magisterium et du pon-tificium, elle ne touchait même pas à la sphère des relations extérieures : Pie IX devait continuer à gouverner l'Église, comme la gouvernaient de leurs temps les papes Sirice et Horsmidas; il ne pouvait, en vertu de l'infaillibilité, rien modifier dans ses rapports avec les gouvernements civils que cette définition ne regarde pas ; et il devait d'autant moins y songer que ces rapports étaient réglés d'avance, en dehors des dispositions du droit ca­nonique, par des contrats synallagmatiques, connus sous le nom de Concordats. Les erreurs de Bismarck s'expliquent par l'ignorance d'un protestant ou par les ombrages intéressés d'un politique; mais ce sont des erreurs tellement grossières qu'il est impossible de les qualifier.

 

Mais encore, en admettant le doute de bonne foi, on pouvait, pour le bien de la paix, en référer au Saint-Siège; on pouvait soumettre ses doutes au Pape et se tenir noblement à sa loyale parole. On eut su bien vite à quoi s'en tenir ; mais à Berlin, si l'on s'enveloppait de ténèbres artificielles, ce n'était pas avec l'intention de chercher la lumière et on n'eut garde d'employer un moyen si simple de se faire éclairer.

 

Il n'était même pas nécessaire de recourir au Pape; car déjà, sur les plaintes du comte Daru, le Cardinal Antonelli, dans une longue dépêche, avait expliqué comme quoi l'infaillibilité ne touchait ni à la science, ni à la philosophie, ni à la politique. Cette question appartenait, depuis le commencement de l'Église, à la pratique et à l'enseignement; elle s'était développée et appliquée sans causer de troubles ni éveiller aucune suscepti­bilité. Par son fond, elle touchait à la mission même de l'Église, qui a le pouvoir et le devoir de   juger la moralité des actes et

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leur degré de conformité à la justice; mais d'après l'ordre de Dieu et l'enseignement de l'Église, il ne s'ensuit pas que l'Église veuille s'immiscer dans les affaires temporelles. Si donc l'infaillibilité implique tout ce qui est nécessaire à la conserva­tion de l'intégrité de la foi, l'Église ne s'ingère pas pour cela, d'une manière directe et absolue, dans les principes constitu­tifs des gouvernements civils, dans les formes des divers ré­gimes et dans les droits politiques des citoyens, dans leurs de­voirs à l'égard de l'État et dans les autres matières indiquées dans la note de M. le ministre. Mais nulle société ne peut sub­sister sans un principe suprême, régulateur de la moralité de ses actes et de ses lois. Telle est la sublime mission que Dieu a confiée à l'Eglise en vue de la félicité des peuples et sans que l'accomplissement de ce ministère entrave la libre et prompte action des gouvernements. C'est l'Église, en effet, qui lorsqu'elle leur inculque ce principe de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, et à César ce qui appartient à César, impose en même temps à ses fils l'obligation d'obéir en conscience à l'autorité des princes. Mais ceux-ci doivent bien aussi reconnaître que s'il s'édicte quelque part des lois opposées aux principes de l'éter­nelle justice, obéir, ce ne serait plus rendre ce qui appartient à César, mais dérober à Dieu ce qui appartient à Dieu.

 

Quant à la formation d'une fraction dite du Centre, il n'y a rien à dire, sinon que c'est le résultat nécessaire des principes de gouvernement et des vérités de la foi. Du moment que le pouvoir gouverne avec le concours des chambres, il doit s'at­tendre à ce que la diversité des esprits, les divers aspects des questions et l'opposition des intérêts créent, parmi les manda­taires de la nation, des partis de droite, de gauche et du centre; et s'il y a un parti du centre, c'est parce qu'il existe préalable­ment d'autres partis de gauche et de droite; et lorsqu'on appar­tient soi-même à un parti, a-t-on bien le droit, je ne dis pas de se plaindre, mais de s'étonner qu'il en existe d'autres? Vou­drait-on, pour toutes ses idées et fantaisies, formulées en pro­positions, obtenir  'unanimité   des suffrages, sans discussion

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précédente, sans opposition possible? En ce cas, il ne faut pas ouvrir de parlement et dire sans vergogne : « Moi, Bismarck, possédant toute vérité, toute vertu, toute justice et toute puis­sance, je déclare que tout ce que je veux à force de loi et que s'opposer à mes volontés, c'est un crime. » Mais comme une telle infatuation tomberait sous l'avalanche du mépris public, on veut, du moins, s'en couvrir sans la proclamer.

 

Au fait, Bismarck avait affiché l'idée d'extirper le catholi­cisme et même le christianisme; il avait posé le principe des­tructeur de toute l'ancienne civilisation et affirmé l'omnipotence de l'État, personnifié dans l'Empereur. Une attaque si impu­dente et si criminelle provoquait une vive résistance. Un parti se forma donc, parti composé de catholiques et de protestants, non pas pour combattre les prérogatives de l'Empire, mais pour défendre les principes de la civilisation, menacée par un nouvel Attila. Ce qui étonne, en pareil cas, c'est l'élonnement de ce grand Sauvage civilisé, qui pensait, sans résistance, inaugurer dans le monde le règne du despotisme fondé sur l'athéisme. Il y a pire que son infatuation, c'est sa naïveté, je ne veux pas dire sa sottise.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon