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Les autres affirmations de la troisième partie du Symbole ne veulent être que des explicitations de la confession de foi fondamentale : « Je crois à l'Esprit‑Saint. »
Ce développement se fait dans deux directions : il y a d'abord la mention de la «communion des saints », qui ne se trouve pas dans le texte ancien du Symbole de la ville de Rome, mais qui traduit bien une donnée de l'Église ancienne; vient ensuite la mention de la « rémission des péchés ».
Les deux affirmations sont à comprendre comme des traductions concrètes de l'article sur le Saint‑Esprit, comme des présentations de la manière dont cet Esprit agit dans l'histoire.
Toutes deux ont aussi
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une signification directement sacramentelle, dont nous n'avons plus guère conscience aujourd'hui.
En effet, le mot de « communion des saints » renvoie en premier lieu à la communauté eucharistique, qui unit les églises répandues à travers le monde en une seule Église, en vertu du corps du Seigneur.
Le mot « sanctorum” ( “des saints ») ne se rapporte donc pas primitivement à des personnes, mais signifie les dons sacrés, la réalité sainte qui est donnée à l'Église par Dieu dans la célébration eucharistique, pour être le véritable lien de l'unité.
L'Église n'est donc pas définie par ses fonctions et son organisation, mais par son culte: comme communauté de table autour du Ressuscité qui en tous lieux la rassemble et l'unit.
Très vite, il est vrai, l'expression «communion des saints» vint à évoquer aussi les personnes qui par le don un et saint de Dieu sont elles‑mêmes unies entre elles et sanctifiées. On commença à comprendre l'Église, non plus seulement comme unité autour de la table eucharistique, mais comme communauté de tous ceux qui, grâce à cette table, sont unis également entre eux.
Et à partir de là, le concept d'Église prit bientôt une ampleur cosmique: la communion des saints dont il est question ici déborde les frontières de la mort; elle relie tous ceux qui ont reçu l'unique Esprit, son unique force vivifiante.
Quant à la « rémission des péchés », elle vise l'autre sacrement qui fonde l'Église, le baptême; ensuite, à partir de là, le regard se porta très vite aussi sur le sacrement de pénitence. Mais d'abord, c'est le baptême qui apparaît comme le grand sacrement du pardon, comme le moment de la conversion.
C'est seulement peu à peu que l'on fut amené, par une douloureuse expérience, à constater que le chrétien, même baptisé, avait encore besoin de pardon; et ainsi la rémission renouvelée du péché, dans le sacrement de pénitence, passa de plus en plus au premier plan, surtout après que le baptême eut été avancé au début de la vie, cessant ainsi d'être l'expression d'une conversion active.
Il restait cependant toujours vrai que l'on ne peut devenir chrétien par naissance, mais uniquement par re‑naissance : pour être chrétien, il faut nécessairement que l'homme «retourne » son existence, se détourne de l'attitude satisfaite consistant à se laisser simplement vivre, et se « convertisse ».
En ce sens le baptême, point de départ d'une conversion de toute la vie, reste le signe fondamental de l'existence chrétienne, que veut nous rappeler la mention de la «rémission des péchés ».
Or,
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en nous présentant ainsi la vie chrétienne, non pas comme appartenance à un groupe formé au hasard, mais comme retournement, engagement dans l'existence humaine authentique, cet article du symbole signifie, par‑delà le cercle des baptisés, que l'homme ne saurait arriver à la réalisation de lui‑même s'il s'abandonne simplement à la pesanteur naturelle.
Pour devenir réellement homme, il doit s'opposer à cette pesanteur, il doit se retourner: les eaux de sa nature, elles non plus, ne coulent pas d'elles‑mêmes vers en haut.
En résumé, nous pouvons constater que notre Credo conçoit l'Église à partir du Saint‑Esprit, comme le champ d'action du Saint‑Esprit dans le monde. Concrètement, il la considère à partir des deux pôles du baptême (pénitence) et de l'eucharistie.
Ce point de vue sacramentel entraîne une conception pleinement théocentrique de l'Église : ce qui est au premier plan, ce n'est pas le groupement d'hommes que constitue l'Église, mais le don de Dieu qui retourne l'homme pour le faire accéder à un nouvel être qu'il ne peut se donner à lui‑même, à une communauté qu'il ne peut que recevoir comme un don gratuit.
Et cependant cette image théocentrique de l'Église est pleinement humaine, pleinement réelle : du fait qu'elle gravite autour de la conversion et du rassemblement dans la communion et que, d'après elle, ce double processus ne peut trouver son achèvement à l'intérieur du mouvement de l'histoire, elle révèle le sens humain du lien entre sacrement et Église.
Le mode d'approche « objectif » (à partir du don de Dieu) introduit ainsi de lui‑même l'élément personnel : l'être nouveau du pardon reçu conduit à la communion avec ceux qui vivent du pardon; le pardon crée la comunion, et la communion avec le Seigneur dans l'eucharistie conduit nécessairement à la communion des convertis qui mangent l'unique et même pain, pour devenir « un seul corps » (1 Co 10, 17), « un seul homme nouveau (cf. Ep 2, 15).
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----- la mort est franchie et une nouvelle situation est créée : le biologique
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est placé sous la domination de l'esprit, de l'amour qui est plus fort que la mort. Dès lors la barrière de la mort est fondamentalement brisée et un avenir définitif s'ouvre pour l'homme et le monde.
Cette conviction, dans laquelle se rejoignent la foi au Christ et la foi à la puissance de l'Esprit, est appliquée explicitement dans les derniers articles du Symbole, à notre avenir à nous tous.
Le regard vers l'Oméga de l'histoire du monde, dans lequel tout sera accompli, découle nécessairement de la foi au Dieu qui voulut devenir lui-même sur la croix l'Oméga du monde, sa dernière lettre.
Dieu a fait ainsi de l'Oméga son point, de sorte qu'un jour l'amour sera définitivement plus fort que la mort et que, de la «complexification » du bios grâce à l'amour, naîtra la complexité définitive, la réalisation définitive de la personne et de l'unité, fruit de l'amour.
Parce que Dieu lui‑même est devenu ver de terre, parce qu'il est devenu la dernière lettre dans l'alphabet de la création, cette dernière lettre est devenue sa lettre, et ainsi l'histoire est ordonnée à la victoire définitive de l'amour: la croix est vraiment la rédemption du monde.