Arius 3

Darras tome 9 p. 226


17. Comme sentiments et comme expression de piété, cette lettre de Constantin est admirable. On avait dit à l'empereur qu'il ne s'agissait entre Arius et le patriarche d'Alexandrie que d'une question d'amour-propre froissé. La politique chrétienne de Constantin s'alarme de ces discussions intestines. L'empereur les redoute comme un obstacle à ses plans d'unité religieuse; il les déplore comme un fidèle serviteur de Jésus-Christ qui voit ravager le bercail du Seigneur. Mais on avait, par d'insidieux rapports, trompé la bonne foi du prince. La question n'était point, ainsi qu'on le lui avait dit, une de ces controverses spéculatives qu'on peut laisser à la libre discussion des écoles. Il s'agissait de savoir si Jésus-Christ est Dieu. Un doute pareil ne pouvait s'élever sans que l'Eglise catholique, par tous ses évêques, tous ses prêtres, tous ses fidèles, élevât le concert indigné de ses protestations. Ce fut Osius, évêque de Cordoue, qui fut chargé de porter à Alexandrie le message impérial2. Il devait personnellement user de tout

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1.Euseb., Vita Constantin!, lib. Il, cap. lxiv-lxxii. — 2. Socrat., Hist. écoles., ib. I, cap. vu; Patrol. grœc, totu. LXV1I, col. 55.

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son crédit et de toute son inlluence pour travailler à une réconciliation impossible. Les ariens ne s'étaient pas trompés sur la portée de la lettre impériale. Pour eux c'était un triomphe d'avoir réussi à faire mettre sur la même ligne, dans une lettre officielle de Constantin, le patriarche catholique saint Alexandre et l'hérétique apostat Arius. Afin de mieux constater le succès de leurs intrigues, et en même temps pour se donner toutes les apparences d'une entière bonne foi, ils rédigèrent une formule nouvelle, où ils exposaient leur doctrine en termes calculés de manière à tromper les consciences peu éclairées. Ils la répandirent par milliers dans le public, et en adressèrent une copie au patriarche. Elle était ainsi conçue : « Au bienheureux pape Alexandre, notre évêque, ses prêtres et ses diacres, salut dans le Seigneur. La foi que nous avons reçue de nos ancêtres et que nous tenons de vous-même, bienheureux père, peut se formuler ainsi. Nous reconnaissons un seul Dieu, seul inengendré, seul éternel, seul sans principe, seul immortel, seul sage, bon, puissant, seul juge souverain, seul roi, seul immuable, inaltérable, le Dieu de l'Ancien et du Nouveau Testament, le Dieu de Moïse et des prophètes. Il a engendré avant les temps éternels son Fils unique, par qui il a créé les siècles et l'univers. Il l'a engendré non point seulement en figure, mais il l'a réellement, et par un acte de sa volonté, appelé à la vie. Le Fils est inaltérable, immuable; en un mot créature parfaite de Dieu, mais non point comme les autres créatures; engendré de Dieu, mais non point à la manière des autres générations. Il n'est pas, comme le disait Valentin, une émission du Père ; ni, comme le dit Manès, une partie consubstantielle du Père ; ni, comme le prétendait Sabellius, une identité complète avec le Père; ni enfin, comme le soutient Hiéracas, une lumière allumée à une autre lumière, une lampe partagée en deux. Il ne faut point entendre non plus que, préexistant, il ait été engendré et formé comme Fils. Vous-même, bienheureux pape, vous avez plus d'une fois, en pleine assemblée, combattu cette erreur. Nous disons que, par la volonté de Dieu, il fut créé avant les temps et les siècles ; il reçut du Père l'être et la vie, au point que le Père lui communiqua sa puissance glorieuse

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pour la création de l'univers. En lui conférant ce privilège souverain, ce domaine universel, le Père ne s'en est pas dépouillé lui-même, car il le possède par essence, lui qui renferme tout dans son immensité et qui est la source de tous les êtres. Il y a donc trois substances distinctes. Dieu, cause primordiale et unique, seul complètement indépendant et sans principe. Le Fils, engendré du Père en dehors du temps, créé et constitué avant les siècles, lequel n'existait pas avant d'avoir été engendré. Il existe par le Père, mais il n'est ni éternel, ni coéternel, ni inengendré. Il n'a pas l'être en commun avec le Père, puisque Dieu, unité indivisible et principe de tout, existait avant toutes choses. Le Père existait donc avant le Fils, ainsi que nous vous l'avons entendu professer plus d'une fois dans l'église, bienheureux pape. C'est donc de Dieu que le Fils tient son essence, sa gloire, sa vie et tous ses privilèges. Il en est de même du Saint-Esprit 1. » Osius de Cordoue, en lisant cette profession de foi, dut comprendre enfin toute la perversité des ariens. Ils ne craignaient pas d'imputer à saint Alexandre lui-même des assertions contre lesquelles ce grand patriarche avait si énergiquement protesté. Nul espoir de rétablir la paix, sur les bases de concessions mutuelles, ne pouvait donc plus rester. Osius et Alexandre conseillèrent à Constantin d'assembler un concile œcuménique (oixouménès gès), c'est-à-dire composé des représentants de toutes les églises de l'univers. L'empereur comprit que c'était l'unique moyen de terminer une querelle qui s'envenimait chaque jour davantage. De concert avec le pape saint Sylvestre, il convoqua en assemblée générale tous les évêques du monde, à Nicée, en Bithynie, pour le mois de juin 325.

 

§ III. Concile de Nicée.

 

18. Les évêques vinrent donc, des extrémités de la terre, au nombre de trois cent dix-huit, sans compter les prêtres, les diacres et les autres clercs. On leur fournit, à eux et à leur suite, toutes les

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1.S. Athands., de Synodis, cap. xvi; Patrol. grœc.t tora. XXVl, coi. 708*

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choses nécessaires à ce voyage, aux frais de l'État. Jamais spectacle plus imposant n'avait été donné au monde. L'élite de l'humanité se réunissait, non point pour traiter des questions frivoles et passagères de la politique, de divisions de territoires, de constitutions d'empire. Il s'agissait des intérêts immortels, des principes mêmes de la foi et de la vie religieuse. Tous ces hommes vénérables, échappés aux prisons et aux supplices des persécuteurs, ces vieillards couronnés de vertus plus encore que d'années, qui portaient les glorieuses marques des tourments endurés pour le Christ, venaient appuyer de leur témoignage la divinité de Celui qu'ils avaient confessé en présence des bourreaux. Echo vivant de la tradition catholique, ils apportaient à cette auguste assemblée les enseignements des siècles passés; ils renouaient le temps présent aux âges apostoliques, et léguaient aux générations futures la vérité qu'ils avaient puisée presque à sa source. Parmi ces grandes lumières de l'Église, on remarquait principalement Osius de Cordoue, qui remplissait les fonctions de légat du pape saint Sylvestre, et dont le nom était célèbre par tout l'univers, pour sa science, sa piété et sa prudence consommée ; les saints vieillards Paphnuce, évêque de la haute Thébaïde, et Potamon, évêque d'Héraclée, auxquels la cruauté des persécuteurs avait arraché l'œil droit ; saint Paul, évêque de Néocésarée, sur l'Euphrate, à qui on avait brûlé les nerfs avec un fer chaud, durant la persécution de Licinius; saint Jacques de Nisibe, dans la Mésopotamie, et saint Nicolas, évêque de Myre, tous deux illustres par de nombreux miracles ; saint Amphion, évêque d'Epiphanie, qui avait souffert la torture pour le nom de Jésus-Christ, sous Dioclétien; saint Mélèce de Sébastopolis ; saint Hypace de Gangres, en Paphlagonie ; saint Macaire de Jérusalem; saint Eustathe d'Antioche, et cet illustre patriarche d'Alexandrie, saint Alexandre, qui avait le premier signalé aux anathèmes de l'Église l'erreur d'Arius. Il s'était fait accompagner de son diacre Athanase, qui devait être à son tour l'âme de tant de conciles. A côté de ces prélats, glorieux défenseurs de la foi catholique, l'arianisme avait réuni à Nicée tous ses adhérents, dont les principaux étaient : les deux Eusèbe

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de Nicomédie et de Césarée, Théognis de Nicée, Patrophile de Sycthopolis, Maris de Chalcédoine et Narcisse de Néroniade. Outre Osius de Cordoue, son légat, saint Sylvestre avait envoyé pour le représenter les prêtres romains Viton et Vincent, qui souscrivirent avant tous les évêques les actes du concile. La Gaule, où les erreurs d'Arius étaient à peine connues de nom en 325, ne fut représentée à cette auguste réunion que par un seul évêque, Nicasius de Die, alias Digne. Les listes de souscription du concile nous montrent un évêque des Goths, Théophile; un évoque arménien, Arisdargès, fils et coadjuteur de saint Grégoire l'Illuminateur, apôtre de l'Arménie. Marié avant son ordination, saint Grégoire avait eu ce fils, qu'il éleva dans l'amour de Jésus-Christ et l'étude des saintes lettres. Il lui conféra, en 318, l'ordination épiscopale, et lui confia le gouvernement de l'église d'Arménie, pendant qu'il allait lui-même évangéliser les nations barbares du Caucase et des rives de la mer Caspienne. Ce fut sans doute Arisdargès qui rapporta dans sa patrie les actes du concile de Nicée dont une version copte a été naguère publiée par le cardinal Pitra 1. La Perse, cette terre biblique déjà convertie à la foi, eut deux de ses évêques au premier concile œcuménique : Jean dont le siège nous est inconnu, et saint Milles, évêque de Suse.


19. L'attention publique se concentra de tous les points du monde sur cette pacifique arène de Nicée, où tant de confesseurs échappés au glaive de la persécution allaient défendre par la parole la divinité de Celui pour lequel ils eussent voulu mourir. « Les philosophes païens, les disciples de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, accoururent en foule, dit le P. Prat, soit pour fomenter la division parmi les chrétiens, soit pour jouir du spectacle de ces controverses et peut-être en faire le sujet de leurs railleries; soit pour ce donner le plaisir d'argumenter contre des vieillards qu'ils croyaient étrangers à l'art du syllogisme et aux spéculations de la métaphysique. Arius lui-même avait appelé à Nicée une tourbe de ces sophistes, pour soutenir son parti, au moins par

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1. D. Pitra, Spicileg. Soletm., u>in.  I, pag. 510.

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leurs clameurs. La cause de l'éclectisme alexandrin était en effet intimement liée à celle de l'hérésie arienne ; l'un tendait à christianiser l'hellénisme en réformant l'idolâtrie d'après les idées de l'Évangile, pour l'arracher à la ruine dont elle était menacée ; l'autre tendait à helléniser le christianisme en soumettant ses mystères à l'examen de la raison, en réformant les principaux dogmes de la foi d'après les idées de la philosophie. Au fond, ce double but était le même, et les moyens employés par les ariens et les éclectiques tendaient également à saper les bases du christianisme, puisqu'en niant la divinité de Jésus-Christ, ils renversaient en même temps toutes les vérités de la foi, tous les mystères que suppose cette vérité fondamentale. Il n'est donc pas surprenant que les néoplatoniciens fussent accourus à Nicée à l'occasion du concile qui devait juger l'arianisme1. » Le diacre Athanase rompit plus d'une lance avec ces redoutables adversaires. « On distinguait entre tous, dit Socrate, le jeune secrétaire du patriarche d'Alexandrie. Les ariens redoutaient son talent au même degré qu'ils détestaient sa personne. Ils ne pouvaient lui pardonner la faveur dont il jouissait près du saint évêque. Leur fureur ne prenait déjà plus la peine de se dissimuler. Cependant des conférences particulières s'établissaient de toutes parts avant les premières sessions du concile. Un sophiste païen se vantait un jour, en présence d'un nombreux auditoire, de réduire au silence quiconque voudrait soutenir devant lui la divinité du Christ. En ce moment un vieillard, simple laïque, jadis confesseur de la foi, releva le défi de l'orgueilleux rhéteur. Le Christ et les apôtres, dit-il, ne nous ont point enseigné la dialectique ni les vaines arguties de la parole. Ils nous ont appris la vérité, celle qui se maintient par la foi et les bonnes œuvres. — Ce début du vieillard chrétien rassura ceux de ses amis qui le connaissaient plus propre à mourir pour la foi qu'à parler pour elle. Le sophiste étonné gardait le silence. Philosophe, au nom de Jésus-Christ, écoute-

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1. Pr.it, Iliitnirf d? l'édectivne alexandrin, considère riani sa lutte avec te christuiiiKnie, loin.   I, p:t^. :$G3.

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moi ! reprit le saint vieillard du ton inspiré d'un apôtre on d'un prophète. Il n'y a qu'un Dieu ; c'est lui qui a créé les cieux, la terre, les choses visibles et invisibles. Il a tout fait par la puissance de son Verbe ; il a tout affermi par la vertu de son Esprit-Saint. Or le Verbe, celui que nous appelons le Fils de Dieu, eut pitié de la misère, de l'ignorance et de la barbarie des hommes. Il voulut naître d'une Vierge, converser avec les mortels et mourir pour eux. Il viendra de nouveau, à la consommation des siècles, pour juger tous les hommes. Voilà en toute simplicité ce que nous croyons. Cesse de chercher d'inutiles explications ; on ne scrute pas les mystères, on les croit. Et maintenant, philosophe, au nom de Jésus-Christ, mon Dieu, je t'adjure de me répondre. Crois-tu ce que je viens d'annoncer? — Le rhéteur demeura un instant comme foudroyé par une vision divine. Revenu de sa stupeur, il s'écria : Je crois ! et pendant quelques minutes ses lèvres ne purent que répéter cette unique exclamation : Je crois ! Je crois ! — Enfin quand il put expliquer la transformation subite qui venait de s'opérer en lui, il déclara qu'une impulsion divine, une grâce irrésistible autant qu'inexplicable, avait dominé sa volonté, illuminé son intelligence et révélé aux yeux de son âme les vérités énoncées par le vieillard1. »

 

20. Il avait été convenu que les discussions préliminaires auxquelles la doctrine d'Arius devait donner lieu seraient d'abord vidées en présence des pères, avant de procéder à une séance publique. Les évêques s'assemblèrent donc dans une église assez vaste pour les contenir tous. Ce sont les expressions d'Eusèbe de Césarée. Ils y tinrent plusieurs conférences particulières auxquelles Arius fut appelé. L'hérésiarque développa toute la série de ses erreurs. Il soutint que Dieu n'avait pas toujours été Père ; qu'il y eut un temps où le Fils n'était pas; que le Verbe a été tiré du néant, créature et ouvrage de Dieu, mais plus parfait que les autres. En conséquence Jésus-Christ n'était point Dieu par nature,

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1. Socrat., lib. I, cap. vmj Sozomen., lib. I, cap. xvni; Purol. yrœc, tom. LXV1I.

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mais seulement par une sorte de participation. Il ajoutait qu'il n'était pas le Verbe substantiel du Père, ni sa propre sagesse, par qui tout a été fait ; mais qu'il a été créé lui-même par la sagesse éternelle ; qu'il est étranger en tout à la substance du Père ; qu'il n'est point la production propre et naturelle du Père, la vertu naturelle de Dieu, comme parle l'Écriture, mais un effet de sa libre volonté. Enfin il prétendait que le Fils ne peut connaître parfaitement le Père, et qu'il n'a cette connaissance que dans les limites de sa nature finie et bornée. A l'exposé de ces odieux blasphèmes, les pères du concile se bouchaient les oreilles d'horreur, et protestaient par leur indignation contre une doctrine aussi opposée à la foi de l'Église. La plupart voulaient condamner sans examen ces nouveautés impies et proclamer la foi qu'ils avaient reçue par la tradition des apôtres. Mais les évêques ariens soutinrent qu'il ne fallait point suivre une opinion par le seul fait qu'elle était ancienne; ils réclamèrent un examen plus approfondi. La discussion s'engagea donc sur chacune des propositions avancées par Arius. Les évêques orthodoxes pressèrent d'abord les ariens de définir nettement ce qu'ils entendaient par le nom de Fils, que l'Écriture donne au Verbe. Car si le Christ n'est pas le Fils de Dieu par nature, disaient-ils, mais seulement par une sorte de participation aux perfections divines, qu'aura-t-il de plus que les anges et les saints, et pourquoi est-il appelé le Fils unique de Dieu?— Il est appelé le Fils unique de Dieu, répondaient les ariens, parce que seul il a été fait par Dieu seul ; tandis que toutes les autres créatures, Dieu les a faites par son Fils. — Nouveauté insensée et impie! répliquaient les orthodoxes, puisqu'elle suppose deux choses absurdes et sacrilèges : ou que, par impuissance, Dieu n'a pu faire seul les autres créatures ; ou que, par orgueil, le pouvant, il ne l'a pas voulu. Nouveauté d'ailleurs contraire au texte même de l'Écriture. C'est Dieu lui-même qui nous a faits : Ipse fecit nos. Il n'y a qu'un Dieu de qui sont toutes choses, et un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses. — Les ariens recouraient à cet autre subterfuge : Comme les créatures n'auraient pu soutenir l'action immédiate de l'Être infini, Dieu a fait d'abord le Fils seul, et ensuite,

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tout le reste par le Fils. — Distinction futile, reprenaient les catholiques, car si les créatures n'ont pu soutenir l'action immédiate de Dieu, comment le Fils, qui dans votre système est une créature, a-t-il pu soutenir cette action? Si les créatures ont eu besoin d'un intermédiaire entre Dieu et elles, le Fils, qui est une créature, avait donc besoin lui aussi d'un intermédiaire, cet intermédiaire d'un autre, et ainsi de suite jusqu'à l'infini. Que si, pour échapper à l'absurdité de cette conséquence, vous convenez que le Fils, quoique créature, a pu être fait immédiatement par l'Être incréé, vous êtes forcé de convenir que l'Être incréé a pu faire de même toutes les autres et votre production du Verbe devient inutile. »

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon