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----------- Ecoutons en conclusion de ces réflexions la réponse du Seigneur lui‑même : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits.
Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m'a été remis par mon Père et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui a qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 25‑27). --------
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---------- Celui qui est dans la volonté du Fils, c'est celui qui, par la miséricorde de Dieu, vit dans l'état d'esprit du Fils ‑ celui qui ne s'est pas dépouillé du mystère de l'enfance ‑ celui qui n'est pas devenu tellement émancipé, tellement installé, qu'il lui soit impossible de dire Père, de remercier et de se donner en retour.
--------la connaissance de Dieu ne peut s'épanouir qu'en conformant sa volonté à celle du Fils. L'homme qui se veut majeur, se fait Dieu, perd Dieu et se perd lui‑même du même coup. Mais si l'on continue à dire Père, la filiation s'épanouit et avec elle la connaissance et la liberté ‑ l'appartenance à Dieu qui est notre salut.
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RESSUSCITE SELON LES ECRITURES(18)
Le débat sur la résurrection de Jésus d’entre les morts s'est rallumé avec une force accrue et pénètre jusqu'au centre de l'Eglise.
----------- Cette impression se renforce lorsqu'on compare entre eux les différents récits de la résurrection. Alors leurs différences sautent aux yeux et l'on s'aperçoit que, bien qu'en balbutiant, ils tentent de transposer en mots un événement pour lequel la langue habituelle, de toute évidence, n'offre
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pas de moyens d'expression suffisants. --------
--------- Qui lit le Nouveau Testament pourra constater sans trop de peines qu'il y a deux types essentiellement différents de récits de la Résurrection il y a ce que j'aimerais appeler la tradition confessante et ce que l'on pourrait désigner par le terme de tradition narrative. -----------
------- la tradition narrative. ------- rapporte que les pèlerins d'Emmaüs ont été accueillis à leur retour par les Onze qui les saluèrent en disant: le Seigneur est vraiment ressuscité, il est apparu à Pierre. Il est possible que cette phrase soit le plus
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ancien texte que nous possédions sur la Résurrection (19).
--------- La profession de foi chrétienne est en train de naître. Dans ce processus de transmission, c'est très tôt, probablement dès les années 30, en Palestine, qu'est née cette profession de foi que Paul nous a conservée en Corinthiens 15, 3‑8 comme une tradition qu'il reçut en main propre et qu'il transmet de même. ---------
La tradition narrative est née d'une autre impulsion. On veut savoir comment cela s'est passé. Le besoin de proximité et de détails se fait jour. Très vite s'y joint un besoin d'auto-défense chrétienne, contre les suspicions, contre toutes sortes d'attaques que nous pouvons deviner en lisant l'Evangile et aussi contre les perversions de son sens telles qu'elles commençaient à fleurir à Corinthe. Ce qui exige des récits ayant un contenu plus détaillé.
C'est à partir de tels besoins que la tradition plus poussée des Evangiles a pris
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forme. En conséquence, chacune des deux traditions est irremplaçable, mais en même temps il est clair qu'il y a une hiérarchie : la tradition confessante est au‑dessus de la tradition narrative. Elle est la véritable «foi», la mesure de toute interprétation.