Darras tome 13 p. 168
38. A l'époque où paraissait le Commonitorium, une famille gallo-romaine de Lugdunum-Clavatum (Laon) 4 avait un fils, qui reçut au baptême le nom de Remigius (437). AEmilius et Cœlinia, père et mère de cet enfant, étaient avancés en âge. Un saint ermite, nommé Montanus, qui habitait les vallées de Luciliburgum (Luxembourg), renouvela près d'eux le message des anges à Abraham et Sara. Il les avertit, de la part du Seigneur,
-------------
1 S. Vincent. Lirin., Commonit.; pat. lat., tom. L, col. 637. — 2. Gorini, Défense de l'Église, tom. I, pag. 86. — 3 Vincent. Lirin.. cap. xxxii; Pair, lat., tom. L, col. 683. — 4. Au moyen âge, l'ancienne Lugdunum Clavatum prit le nom de Laudunum, d'où s'est formé le vocable actuel.
=========================================
p169 CHAP. II.— l'église d'occibent.
qu'un fils leur naîtrait dans leur vieillesse, pour la gloire de l'Église et de la Gaule. L'ermite était aveugle. « L'enfant qui naîtra de vous, dit-il à AEmilius et Cœlinia, sera grand devant Dieu et les hommes. Son premier miracle sera de me rendre la vue. » En effet, le jour où naquit Remigius, le pieux ermite recouvra subitement la lumière. Le fils des promesses fut confié à une nourrice, sainte Balsamina, qui lui fit sucer la vertu avec le lait. La grâce de Dieu se manifesta de bonne heure dans l'âme du futur apôtre des Francs. Parvenu à l'âge de l'adolescence, Remigius embrassa la vie monastique et s'enferma dans une solitude voisine de sa ville natale, avec son frère de lait Celsinus (saint Soussin), qui voulut partager sa retraite.