L’unité de la foi et le réalisme théologique 3

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THESE IV

 

   La vérité de la foi est liée à son cheminement historique à partir d'Abraham jusqu'au Christ et du Christ jusqu'à la Parousie. Par conséquent, l'orthodoxie n'est pas consentement à un système mais participation au cheminement de la foi et ainsi au Moi de l'Eglise qui subsiste, une, à travers le temps et qui est le vrai sujet du Credo.

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   a) Pour le chrétien, la vérité n'est pas une abstraction. « Je suis la Vérité », dit le Christ, en saint Jean (14,6): la vérité de ce qu'est l'homme, de ce qu'est le monde, de ce qu'est Dieu c'est‑à‑dire la vérité tout court est réelle dans la personne de Jesus‑Christ. Jésus‑Christ lui‑même vient d'une histoire, mais celle‑ci a une Personne. Histoire et Personne s'expliquent l'une par l'autre. --------- cela signifie -------- que la vérité se rend accessible aux hommes dans un mouvement qui progresse historiquement et qu'elle s'y déploie. La vérité réclame de l'homme, s'il veut entrer en elle, qu'il s'engage dans ce movement---------- Cela veut

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dire que son expression est liée à la croissance de cette histoire et qu'elle progresse avec l'histoire jusqu'à la victoire définitive du Ressuscité. -------------Quand Jean unit dans un seul mot la Croix et la Gloire, il ne s'agit pas là seulement d'une interprétation de la Croix, mais aussi d'une interprétation de la Gloire qui reste à jamais fruit de la Croix. En ce sens l'histoire pascale est «assumée » dans l'éternité: elle est à la fois achevée et perpétuée.

 

   Qu'est‑ce à dire encore ? Maintenant la plénitude de la vérité n'est donnée que dans le Ressuscité. --------- En dernière analyse, le point unificateur de sa foi n'est pas une époque déterminée (ou un système déterminé) mais l'unique sujet vivant «Eglise», qui traverse les temps et les embrasse en elle‑même (cf. Thèse VI). --------- Si le chrétien

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exerce sa foi dans la sujet transtemporel «Eglise”, cela signifie la relativisation de chaque aujourd'hui, qui doit se reconnaître comme une partie de la grande histoire commune de la foi. L'aujourd'hui doit se mesurer à ce qui est déjà reçu et rester ouvert pour demain à la conduite de l'Esprit qui enseigne à comprendre ce qui ne pouvait pas encore être compris et porté (cf. Jo. 16, 12 s.).

 

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   Pour éclairer le problème du pluralisme, il faut attribuer une grande importance à ce renvoi à l'unité du sujet «Eglise» comme au lieu herméneutique où pour la foi se situe la tension entre autrefois et aujourd'hui, ainsi que l'unité de la vérité qui se développe historiquement. Cette référence signifie d'abord qu'on trouve l'unité des temps dans la memoria vivante de l'Eglise, car l'histoire n'avance point par bonds discontinus qui ne permettent aucune intelligence du passé, ou du moins interdisent toute identification avec lui et n'offrent plus d'objet qu'à une curiosité archéologique. -------

 

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