St Jean Chrysostome 5

Darras tome 11 p. 325

 

32.Voilà ce que M. A. Thierry a pu prendre pour l'expression d'une âme naturellement «chagrine, » d'un caractère « fa­rouche., » ignorant les choses de la vie, se heurtant à un tapis de Perse comme à une œuvre démoniaque, et mesurant les splen­deurs de la civilisation avec la courte jauge du «plus inimitable des moines! » Qu'on nous pardonne de tant insister sur cette diatribe ; mais les hommes sont ainsi faits. Une erreur mise en circulation par une plume accréditée s'incruste dans les esprit; il faut en­suite des années et des volumes pour rétablir la vérité. Or, c'est notre devoir de dire la vérité au point de vue de l'histoire de l'Église, et surtout de la prouver si clairement qu'il ne puisse plus y avoir que des aveugles volontaires. On avait dit « qu'au soitir des bancs de l'école, Chrysostome s'était vu saisi d'une indomp­table passion pour la solitude. » On s'est trompé. Nous avons fourni la démonstration la plus irréfragable du contraire. Ou ajou­tait que « réfugié dans une grotte du mont Casius, à peu de dis­tance d'Antioche, il y avait mené l'existence la plus isolée et la plus sauvage. » Or, nous sommes arrivés, dans l'examen rétrospec­tif de la biographie du grand docteur, à l'année 378, trente-qua­trième de l'âge de Chrysostome né en 344, et Chrysostome n'a pas encore mis le pied dans cette grotte du mont Casius, où une passion prétendue indomptable le poussait depuis si longtemps. Est-il possible? Cela est-il vrai? Abuse-t-on ainsi de la crédulité publique?

 

33. Nous ne répondrons point à ces questions. La chronologie s'en chargera pour nous. Palladius, l'ami, le contemporain, le collègue, le compagnon d'exil de Chrysostome nous apprend d'une part que Chrysostome vécut à Antioche dans la familiarité de saint Mélèce qui l’avait ordonné lecteur, et resta près de lui jusqu'à l'exil de ce dernier. Or, il est avéré que saint Mélèce ne fut exilé par l'empe­reur Valens qu'en l'an 372, époque où Chrysostome avait vingt-huit ans accomplis. D'autre part, saint Chrysostome lui-même nous

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apprend qu'il demeura à Antioche après l'exil du bienheureux évêque, son protecteur et son ami, et ne quitta définitivement cette ville que pour se soustraire aux poursuites des électeurs dont le suffrage l'avait choisi pour l'épiscopat. Or, nous savons, par tous les textes et témoignages de l'antiquité ecclésiastique précédem­ment cités, que nul ne pouvait être promu à l'épiscopat avant l'âge de trente ans. Cette loi, insérée dans les canons dits Apostoliques, est encore aujourd'hui même en vigueur dans l'Eglise. Tout ré­cemment, nous avons vu que Jean de Jérusalem avait été sacré à trente ans. Cette limite d'âge était absolue. Donc, saint Chrysostome ne quitta Antioche que deux ans après l'exil de saint Mélèce, c'est-à-dire en 374, quand il était lui-même âgé de trente ans. Nous avons vu combien cette détermination lui causait d'angoisses. Il nous a raconté ses préoccupations pour le pain blanc de chaque jour et l'huile d'olives pour ses aliments. Mais, en 374, quand à trente ans, c'est-à-dire à un âge où le souvenir « des bancs de l’école » est déjà bien loin, Jean Chrysostome s'enfuit pour éviter le fardeau de l'épiscopat, il ne se réfugia point « dans une grotte du mont Casius, » et ne mena point «l'existence la plus isolée et la plus sauvage. » J'admirerai, tant qu'on voudra, les couleurs romanesques du récit de la critique moderne. Mais il faudrait, même dans le plus beau roman, se préoccuper davantage de la vraisemblance et de la logique des faits. Chrysostome fuyait l'épiscopat, c'est un point désormais incon­testable. Or s'il fût allé s'installer seul dans une grotte du mont Ca­sius, à quelque distance d'Antioche, les électeurs qui le poursui­vaient et qui venaient d'enlever moitié par ruse moitié par violence Basile son ami, n'auraient pas eu de peine à faire de même à son égard. Il se fût renouvelé pour Chrysostome en Syrie, ce qui venait d'avoir lieu pour saint Martin dans les plaines de Poitiers et de Tours. Il est vrai que cela déconcerte un peu la théorie du « vent de prodigieuse fortune «jetant un prêtre de province sur un siège épiscopal. Mais saint Chrysostome n'avait point à se préoccuper de couvrir les contradictions de la critique moderne; il songeait uni­quement à fuir l'épiscopat. Il prit donc le moyen le plus sûr pour arriver à son but et courut s'enfermer dans un monastère. Là, il

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était inviolable. C'est chose singulière de voir à Antioche le fugitif des dignités et des honneurs ecclésiastiques agir exactement de même que saint Martin dans les Gaules, saint Ambroise en Ita­lie, ou saint Augustin en Afrique. Martin apprend que le siège de Tours est vacant, et qu'on songe à lui pour le remplir. Dès lors Martin, qui avait jusque-là parcouru les campagnes environ­nantes pour y prêcher le nom de Jésus-Christ, cesse de se mon­trer en public et se tient confiné dans son monastère de Ligugiacum. Nous avons raconté le stratagème dont il fallut user pour l'en faire sortir. Augustin s'était aussi enfermé dans son monas­tère de Tagaste, et il fallut une ruse du même genre pour le décider à répondre à l'appel d'un ami qui le mandait à Hippone. Ambroise, gouverneur de Milan, arraché lui-même de son siège présidial par l'élection populaire, déclarait,  pour échapper à l'épiscopat, qu'il allait se réfugier dans un  monastère.  C'est qu'en effet le monastère, comme l'Église elle-même, était invio­lable. L'Église était l'asile des malheureux trahis par la fortune. Le monastère était le refuge de ceux qui fuyaient la fortune. Ce fut donc dans un monastère du mont Casius que saint Chry-sostome se retira au sortir d'Antioche.   « Or, dit Palladius, il y passa quatre ans 1, » c'est-à-dire la période de 374 à 378, période remplie par la composition des ouvrages que nous venons de citer, période où il communiquait avec les hommes, ainsi que nous venons de le voir; où il prenait une part active à leurs préoccupations, à leurs angoisses, à leurs espérances et à leurs efforts; période enfin où il ne menait pas une existence plus isolée que celle de tous les reclus de nos lycées ou de nos séminaires. Voilà la vérité vraie. Jusqu'ici elle ne ressemble guère au roman de la moderne critique. Car enfin, lorsqu'à trente-quatre ans Chrysostome n'avait pas encore mis le pied dans cette fameuse grotte du mont Casius, théâtre de si « folles et juvéniles austérités, » com­ment serait-il possible de prétendre que «le jeune Chrysostome » s'y était réfugié immédiatement « au sortir des bancs de l'école? »

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1 Xmvïm; îtap' caitiji Sîç g-jo It»j. (Pallad., Dialog. de Vita S. Joann. Chrytott., cap. y; Patr. grœr.., torn. XLYII, col. 18.)

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34. Il faudra pourtant que nous la trouvions enfin quelque part, la grotte du mont Casius qui valut au jeune Chrysostome « une sorte de paralysie des parties inférieures du corps, et l'impossi­bilité de digérer. » Cette « sorte de paralysie des parties inférieures du corps » a produit un étonnement immense dans le monde sa­vant. Quoi! disait-on, Palladius nous raconte que saint Chrysos­tome ne sortait jamais qu'à cheval dans les rues de Constantinople 1. Comment un homme, paralysé des parties inférieures du corps, pouvait-il supporter ainsi l'exercice de l'équitation? Palladius  nous apprend que Chrysostome parcourut à pied les principales cités ressortissant de son siège métropolitain2. Comment un para­lytique pouvait-il se tirer de pareils voyages? Enfin, Chrysostome lui-même nous raconte qu'exilé dans les déserts de la Phrygie et de l'Arménie, conduit par une escouade de soldats, il fit soit à pied soit à cheval cette longue route dont chaque étape le menait au ciel. Comment un homme, «paralysé des parties inférieures du corps, » pouvait-il accomplir de tels prodiges? Evidemment, la critique moderne qui rejette a priori les miracles ne sous-entendait là rien de surnaturel. Reste toujours cette étrange paralysie des parties inférieures du corps. Disons-le tout de suite, pour ne pas faire attendre trop longtemps le mot de l'énigme. Il s'agit ici non point d'un prodige, ni d'un fait surnaturel, ni même d'une découverte ; mais d'une simple inexactitude de traduction. Voici

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1 Voici le textee de Palladius : To iitoÇ-JYiov, èv w £;o>0e -/.aGéÇsirSoct. {Dialog. de Vita ChryinU., cap. X; Pair, grœc, loin. XLV1I, col. 35.) Ce détail, pour le dire en passant, ne s'accorde guère non plus avec la prétendue ostentation de rigorisme que M. A. Thierry reproche au grand docteur. Nous connaissons aujourd'hui en France plus d'un vénérable évêque qui n'a même pas le che­val dont se sérvait habituellement saint Chrysostome.

2 '£-i[iî-'vav—; oïv oûo r.ixiçâ; vr.stei; pE|j.gôu.svoi i-i tû 7t>.oïw, xrj Tpt-nj ilf'i.tav eî;
TV]V 'A-ûâu.sixv, £V fl i\iîiiyyf-.Q ÎJàu).o; y.ai K'jpivoç, y.aï Ila}.).à2LO; oi iTziay.oizoi • tôu-
wj; vio ï'.-'j.Zi o'jvïïôir.iioy; ô 'Ioi'/vï,;. AïKvû'jav-e; Se tv] heÇ'.xvj ïîopsîa tt,v o£6v,
tlaèà'/lvj-.i '.i vry "Exzrjm. (Pallad., De Vita Chrysost., cap. XIV ; Patr, grac , tom. XLVI1, col. oO.) On ne saurait ici récuser le récit de Palladius, qui était l'un des compagnons de route de saint Jean Chrysostome. Or, d'Apamée ou Myrléa en Bithynie, sur la Propontide, jusqu'à Ephèse, on ne compte pas moins de soixante lieues que Chrysostome fit à pied : ^sÇizrj jtostt'ce. Pour un paralytique, la traite eût été longue.

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les faits. Vers l'an 378, quand Valens eut perdu le trône et la vie à la bataille d'Andrinople, la paix fut rendue à l'Église et aux mo­nastères par l'avènement de Théodose. Les cénobites du mont Casius, parmi lesquels Chrysostome vivait depuis quatre ans, le choisirent pour supérieur et lui décernèrent unanimement le titre d'abbas1. Mais l'humble lecteur d'Antioche ne voulait pas plus des honneurs du monastère que de ceux de l'épiscopat. De même qu'il avait refusé les uns, il refusa les autres. Sans hésiter, il alla se con­finer cette fois dans une caverne de la montagne, et il y vécut comme y vivaient Arsène, Macaire, ou Sérapion dans les Thébaïdes. Chaque jour, un frère du couvent voisin lui apportait un pain pour sa nour­riture. Chaque dimanche, le reclus venait avec les autres cénobites s'asseoir à la table eucharistique. C'est là le seul commerce qu'il eût avec les humains. «Il est vrai de dire, ajoute M. Martin d'Agde, que sous le beau ciel de la Syrie, dans ce climat sain et doux, en présence de cette nature privilégiée où Dieu avait accumulé toutes les magnificences de la création, le séjour de l'ascète n'avait rien d'effrayant. Au contraire, une telle solitude devait attirer, captiver par un charme puissant des hommes d'une imagination ardente, d'une foi profonde, agités par les grandes pensées de la religion et mal à l'aise au milieu d'un monde dont leur organisation délicate supportait difficilement les rudes contacts. Pour eux, la solitude était pleine de Dieu ; ils l'y sentaient partout avec une impression ineffable de rafraîchissement et de paix. Ils se sentaient là dans le sanctuaire du recueillement, de l'extase, de l'adoration, où, suivant l'expression d'un prophète, Dieu se plaît à attirer l'âme humaine quand il veut «lui parler au cœur2, » où l'on trouverait peut-être s’il en restait sur la terre, les traces de ce paradis qui fut la pre­mière demeure de l'homme ici-bas, alors que son créateur s'entre­tenait familièrement avec lui3. »

 

35. Incontestables au point de vue géographique, ces appré­ciations ont le tort,   pour les critiques modernes, d'être

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1 Georg, Alexandrin., Vit. S. Chrysost. (Boll., Act. Sanct., die 14 septemb.). — 3 Osée, n, 14. — 3 M. Martin d'Agde, Histoire de saint Jean Chrysostome, page 71.

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empreintes d'un parfum de mysticisme qui leur déplaît. Nous n'y insisterons donc pas. Il nous tarde de rentrer dans le domaine de la chronologie et de rassurer le lecteur sur les dangers que la grotte isolée et sauvage du mont Casius pouvait faire courir à la santé et à la raison de l'illustre docteur. « Il n'y demeura, dit Palladius, que trois fois huit mois »   : xÔxeï SeaTptya; xpiî àv-TÙ |x?jva;. Quoi ! est-il vrai? Trois fois huit mois, c'est-à-dire deux ans, pas davan­tage? En sorte que, de trente-quatre à trente-six ans, Chrysostome, depuis longtemps sorti « des bancs du collège, » aurait accompli ce noviciat de solitude auquel tant d'autres illustres personnages ses contemporains avaient consacré cinquante ou soixante ans de leur vie? Oui, cela est vrai. Nous sommes bien forcé de le dire, au risque de déplaire à la critique moderne. Il est certain, constant, indubitable que saint Jean Chrysostome, entré dans un monastère en l'an 374, resta dans ce monastère jusqu'en 378; quatre ans. Puis il passa « trois fois huit mois, » ou deux ans dans la grotte du mont Casius; en tout six années tant de cénobitisme que d'érémitisme. Six années, dont la première commence alors que Chry­sostome était âgé de trente ans accomplis, et dont la dernière se termine alors que Chrysostome avait trente-six ans d'âge. Est-ce clair? Est-il maintenant assez prouvé que toutes les consciences catholiques eurent le droit et le devoir de protester avec indigna­tion contre l'outrecuidance d'un critique moderne qui, en présence de faits si avérés, si notoires, écrit bravement ces phrases à effet : « Le jeune Chrysostome, au sortir des bancs de l'école, s'était vu saisi d'une indomptable passion pour la vie du désert. Réfugié dans une grotte du mont Casius, il y avait mené l'existence la plus isolée et la plus farouche. Ses folles austérités, dans une caverne humide, avaient détruit sa santé ; il y avait gagné une sorte de para­lysie des parties inférieures du corps et l'impossibilité de digérer. — Le vent d'une fortune prodigieuse, en jetant un simple prêtre de pro­vince sur le siège métropolitain de tout l'Orient, » élevait à un poste pour lequel il n'était pas fait, «le plus intraitable des moines, un ana­chorète qui n'estimait que le désert, un homme qui avait la richesse en effroi et poussait à l'extrême l'ostentation de la simplicité! »

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36. Eh bien ! ce parvenu (qu'on nous pardonne un tel blasphème !) ce parvenu, qui poussait à l'extrême l'ostentation de la simplicité, ne traversait jamais qu'à cheval les rues de Constantinople. Il avait un cortège qui lui servait de garde d'honneur. Nous le verrons bien­tôt figurer dans les processions publiques, ayant à ses côtés l'im­pératrice Eudoxia. Tout cela ne prouve pas une ostentation de simplicité bien farouche. Mais cela prouve surabondamment que Chrysostome n'était point « paralysé des parties inférieures du corps. » Écoutons Palladius1. « Chrysostome, dit-il, passa trois fois huit mois dans cette grotte, où il voulait être caché à tous les regards. C'est là qu'il apprit par cœur le texte entier des Écritures. La plupart du temps, il ne s'accordait même pas une minute de sommeil. Mais, incapable de supporter ce genre de vie et ces veilles ininterrompues, il fut pris d'une maladie d'estomac, et le froid lui causa un rhumatisme sur les reins : ri.vfsi; â™ toû zpOov; t*; t.z-à toO; MêjBovs ô-jv=c;j;:-.;. Ne pouvant pas se soigner convenablement au dé­sert, il prit la résolution de revenir au port de la vie cléricale. C'était un effet de la providence du Sauveur qui, pour le bien de l'Église, ménageait dans son serviteur cette faiblesse organique et cette impuissance à supporter les rudes privations des ascètes.

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1 Les faits, les dates, et les expressions ont ici une telle importance que nous croyons devoir citer intégralement le texte de Palladius (Dialog. de Vitn S. Joann. Chrysost., cap. V; Pairol. grœC, tom. XLV11, col. 1S, 19) :'Qç pâov ttcV.eyéveto toutwv , où ttôvcjï TotTûuTov,. fiaov Àôyw, àva^wssÉ SY o~7]).atW [lôvo;, Y).iy_ô;j.-vo; '}.5r,5.ia; • y.i/M oiaTpi-l/x; Tpi; ày.Tùi (r/jvz;, *'J::yo; Sisté/ ei to tù.v.g-tov, èx;j.avûàvar; Ta; toO Xol^toS S'.xûr(xx; irpo; È;0'7rpaxi71u.civ -rij; àYvota;. Mrç àva-t.isùi Zï zà'i ~7j; Si^TÎa; xpôvov, jjiïj vjy.Twp, |ij) p.e!j' ^tiépav, vExpoOtat xi Owô yauT^pa, TÙ.r,fE\i àzô toû y.p'jou; xi; rapt xoù; vEçppoù; SuvâfiEi;. Os/. è-icpy.Cv êè éauxw ypn-GifisOeiv, i:i).iv y.axoc).a;i»ivEi xôv 2xx).i]ffia?Tixôv ).î[i£va. Kaî xovxo xi;; xov Zwrîipoç npovoîa;, -pô; xi ypvfc'.iiov -rfj; 'E-/.y.).r,<7Îa; Sià xîj; àsOsvEi'a; xwv t?,; â7Xr,7£(i)Ç txÔvwv gtjxov ài:£),atfâCTiî, tv' ê(J.TCo5iw6eX; xîj à3-jvau.î<x, à.r.i<T-/r,ia: x£5v a^r^.aiw). 'Evxsûâsv /Eipoxovîïxcu S'.â/.OTOÇ Sià xoO Ms).êTM>-j, 'jTî/ipEXïi'ja; Tûi 6,j<7'.7.<jTTipî(i) î-jo îipô; xoï; xpitùv êt£<jiv. *H2ï] Bè tt,î 8i5aay.a).iy-7,; «Oxoï àpî-rij; Siaî.ajA-oûcjï;;, xiî xmv ).a<5v Èx Ty,; tgû piô-J â).jjtï!; yrjy.aivojiÉvwv aOxOïj'T GuvxD/ia, TipîGê'JTEpo; x^pSTOverTa: 5ià 4>).a5ia-jGÛ toû È7ti<r/.Ô7ïOU. Kaî ôizïjpé^a; xpi; xÉucrapa éxt] èv xî) xwv 'Avxioyéwv *Exy.).T,<jîa, àîroc£|irjvE: to £X£Î5£ ÎEpaxEfov xî; xo-j pîo-j ày.piêeîa, xoùç |/.èy &).(£&iv ttj fftoçooo-jvri, xoù; Se ço>t£Ço)V t5) Si6ot<ry.a).ia, xo-jç Se ïtoxtÇwv xoï; toû 0v£Û|iaTG; vi» fiaciv. Toûtwv Si oOxco; oùpit>3pO[iouvxœv •qj xo\i XpisxoO y.'jgspvr^Ei, xot[AâTat 4 (ia-xâpio; Ney.xip io;, o èî;i'7y.9TCO; ttj; K<ov<7xavxivo'jTto}.ix<ôv 'Ey.y.Xr,aCa;.

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p332 PONTIFICAT   DE flAISÏ   INNOCENT  I   (iOi-417).

 

Dieu le forçait ainsi à renoncer à la solitude des cellules. De retour à Antiocbe, il fut ordonné diacre par Mélèce, et servit en cette qualité le bienheureux évêque pendant cinq ans (380-383). Son éloquence et ses hautes vertus jetèrent un éclat incomparable, du­rant celte période. Les peuples, charmés de la douceur de sa parole, le voulaient voir élever au sacerdoce. L'évêque Flavien lui imposa donc les mains et l’ordonna prêtre (386). Il passa encore douze ans à Antioche (386-3p8) : il s'y montra la règle vivante du clergé prodiguant aux uns le sel de la sagesse, illuminant les autres par l'éclat de son enseignement, ouvrant à tous les sources sacrées de l'Esprit de Dieu. Ce fut au milieu de ces heureux travaux dans le gouvernement du troupeau de Jésus-Christ que son élection au siège de Constantinople vint le surprendre (26 février 390), après la mort du bienheureux Nectaire. » Tel est ce texte de Palladius. Nous en demandons bien pardon à la critique moderne ; mais elle s'est lourdement méprise quand elle a traduit par « une sorte de paralysie des parties inférieures du corps, » l'expression technique : 7:).7|Y=!; à~b ?o5 v.'/jivz Ta; Ttspt toO; vtçoovi; ôwiiu.z:z. Grâce à ce lapsus d’un illustre traducteur, l'Europe savante aurait pu croire que Chrysostome, le grand Chrysostome, l'orateur infatigable, l'émule à Constantinople de l'immortel Athanase à Alexandrie, le proscrit d'Eudoxia, était un misérable paralytique, une espèce de cul-de-jatte. Eh bien ! l'Europe savante se serait trompée sur ce point. Elle se fût trompée de même, si elle avait cru un seul instant que Chrysostome fut « un simple prêtre de province, poussé par un vent de fortune prodigieuse. » Mais non, elle ne s'est pas trompée! Seulement, on aurait voulu la tromper. Comme si les sources historiques n'étaient pas aujourd'hui ouvertes à tout le monde ! Comme s'il était fort difficile de lire et de comprendre trois mots du chroniqueur Palla­dius! En dernière analyse, il reste du roman dont saint Jean Chrysostome vient d'être le sujet un contre-sens et vingt anachro-nismes. Chrysostome n'était pas fait pour la vie ascétique. Sa santé elle-même y résistait. Son biographe le dit, et, bien qu'il s'exprime en grec, il y a encore, grâce à Dieu, des gens qui savent le grec ! Hz 77;; àcjôsvEÏa; twv  -ïf,  ira/.r,«a; t:ov;.iv   eCi-om  i.T.ù.o.av.cr^, îv' Ejj.7roSitr6£i; Tj}

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p333 CHAP.   III.      CHRYSOSTOME  ET  LA   CRITIQUE  MODERNE.      

 

àSovaui«, àicôuxif" tûv orniXaiùjv. Ainsi, une maladie accidentelle contractée par saint Chrysostome durant deux ans de vie ascétique et promptement guérie par les médecins d'Antioche. s'est tansformée en une paralysie habituelle et persistante. Ainsi Chrysos­tome, qui passa en tout quatre ans de sa vie dans un monastère et deux ans dans une grotte du mont Gasius, c'est-à-dire en totalité six ans de vie monastique, sur cinquante-quatre qu'il avait lors de sa promotion en 398 1 au siège épiscopal de Constantinople, nous est représenté comme un farouche habitant du désert, apportant à Byzance les défauts habituels des moines, c'est-à-dire l'ignorance absolue des usages, des habitudes, des nécessités du monde social et la raideur cassante, implacable, brutale et tyrannique d'un parvenu !

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