Chemins vers Jésus 9

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------ Chez Paul, le terme « Christ » - Messie - qui prête à des malentendus, est remplacé par le mot Kurios - Seigneur - qui, dans l’Ancien Testament grec, prend la place du Nom de Dieu qu’il ne faut plus prononcer et exprime très clairement l’identification de Jésus avec Dieu, sa vraie divinité. --------- On clarifie ce que l’appellation de Jésus comme « Christ » signifie : précisément qu’il est le «Seigneur », qu’il est lui-même Dieu

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de Dieu et pas seulement un homme avec des dons divins.

Images du « Jésus historique » et leur origine

 

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--------- la construction d’un Jésus historique a été poursuivie, même après lui, et a pris la place de la figure vivante que l’on ne saurait reconnaître par les seuls moyens des méthodes critiques, mais uniquement dans la foi - dans une foi qui n’écarte pas l’histoire, mais qui nous ouvre d’abord les yeux pour pouvoir comprendre tout à fait celle-ci. -----------

Au début du XXe siècle, on trouve l’image que la théologie libérale se fait de Jésus, -------------

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-------- Pour Harnack, il est fondamental que Jésus remplace le culte par la morale, et la collectivité par l’individu. -------

 

------- Un demi-siècle plus tard, c’est le Jésus existentialiste de Bultmann qui a commandé la pensée. ------- « En ce sens, chez Jésus, la pensée de Dieu se trouve abstraite de l’histoire[1]. Et l’homme considéré dans le cadre de cette pensée de Dieu se trouve abstrait de l’histoire; c’est-à-dire le rapport entre Dieu et l’homme est délié de ses liens avec l’histoire du monde... -------- Moltmann introduit ensuite encore une

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nouvelle représentation de Jésus, qui est totalement dirigée vers l’avenir et la promesse: « L’intelligence du Christ[2] devient ainsi une intelligence anticipatrice, provisoire et fragmentaire de son avenir, à savoir de ce qu’il sera »10. Ce que Moltmann a encore pensé dans un grand sérieux théologique, dégénérera ensuite rapidement en un Jésus marxiste, en Jésus le révolutionnaire qui meurt en combattant pour la libération politique et sociale : on confond Jésus avec Barabbas ou Bar Kokéba11. Entre-temps, il y a d’autres nouvelles représentations de Jésus, qui l’introduisent dans l’univers des idées du Nouvel Age et qui se proposent de le rendre présent dans ce milieu.

------- cette méthode critique implique une présupposition philosophique qui est d’une grande portée: on suppose que l’histoire se déroule par principe toujours de la même façon et qu’il ne peut donc exister en elle que ce qui nous est possible à partir des causes connues de la nature comme de l’action humaine. Les écarts de ces principes, donc les interventions de la puissance divine, qui dépassent ce réseau permanent des actions, ne peuvent pas être historiques; l’historien doit «expliquer » comment les conceptions sont nées. À partir des

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formes littéraires et de l’ensemble des conceptions d’une époque, il doit élucider comment de telles opinions pouvaient se former et il doit les ramener dans le domaine de la raison. -----------Selon cette prémisse, il n’est pas possible qu’un homme soit vraiment Dieu et accomplisse des actes qui requièrent une puissance divine et qui feraient sauter le système des relations de causalité. --------la conviction selon laquelle, pour « la science », tout ce qui, dans la figure de Jésus, dépasse le purement humain, serait « explicable » historiquement et ne serait pas vraiment historique, cette conviction s’est fortement gravée dans la conscience publique, jusqu’au cœur de la communauté des croyants, dans toutes les Eglises.

Dans les représentations du Jésus historique, un deuxième élément s’ajoute -------. Les analyses des textes relèguent Jésus dans le passé; le Jésus de la critique des sources ne nous parle pas et ne nous dit rien. ------

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