La foi chrétienne hier et aujourd’hui 47

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   Dans son célèbre argument du pari, Pascal a exprimé cette vérité avec une clarté presque troublante et avec une acuité qui touche à la limite du supportable.

 

La discussion avec le partenaire incroyant en est arrivée à un point, où celui‑ci reconnaît qu'il

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doit prendre une position devant le problème de Dieu.

 

Mais il voudrait éviter le saut inévitable, il voudrait avoir une clarté mathématique : «Mais encore, n'y a‑t‑il pas moyen de voir le dessous du jeu? ‑ Oui, l'Écriture et le reste... –

Mais j'ai les mains liées et la bouche muette.., je suis fait d'une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez‑vous donc que je fasse? –

 

Apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos passions.

Puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, travaillez donc non pas à vous convaincre par l'augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions.

 

Vous voulez aller à la foi et vous n'en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l'infidélité et vous en demandez les remèdes, apprenez de ceux qui ont été liés comme vous.., suivez la manière par où ils ont commencé.

 

C'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira 25.”

 

   Ce texte singulier contient au moins cette vérité: la simple curiosité neutre de l'esprit, qui ne veut pas entrer lui‑même dans le jeu, est incapable de nous ouvrir les yeux et de nous éclairer, même sur un homme, et encore moins sur Dieu. L'expérience sur Dieu ne peut se faire sans l'homme.

 

   Ici aussi s'applique, et à plus forte raison encore, le principe qui vaut en physique: celui qui s'engage dans l'expérience, reçoit une réponse qui ne reflète pas seulement Dieu, mais aussi notre propre question; elle nous apprend quelque chose sur Dieu à travers la réfraction par notre être propre.

 

Les formules dogmatiques elles‑mêmes ‑ par exemple « une nature en trois personnes» ‑ incluent cette réfraction par l'humain; elles reflètent dans notre cas, l'homme de la fin de l'antiquité, l'homme qui questionne et expérimente dans les catégories philosophiques de la fin de l'antiquité, ces catégories déterminent le point de vue à partir duquel il pose sa question.

 

Il faut encore aller plus loin: si nous avons ici

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la possibilité même de questionner et d'expérimenter, c'est que Dieu de son côté s'est prêté à l'expérience et s'y est engagé lui‑même comme homme.

 

Par la réfraction humaine qui s'est faite dans cet homme unique, nous pouvons expérimenter plus que simplement l'homme; en Lui qui est à la fois homme et Dieu, Dieu s'est montré sous un visage humain; dans l'homme, il s'est fait connaître lui‑même.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon