Foi vérité tolérance 41

p264 FOI, VÉRITÉ, TOLERANCE

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    Fondamentalement, c'est clair: derrière cette aspiration radicale de la modernité à la liberté, on retrouve la promesse: vous serez comme des dieux. --------- Le but implicite de tous les mouvements de libération est finalement d'être comme lui, ne dépendant de rien ni de personne, dégagé de toute limitation que lui vaudrait une liberté extérieure. ---------

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--------- De fait, être totalement libre, sans la concurrence d'aucune autre liberté ‑sans De et sans Pour‑c'est se faire semblable, non pas à Dieu, mais à une idole. L'image originelle sous‑jacente à cette volonté est celle d'une divinité conçue de façon purement égoïste.

 

Le dieu ainsi pensé n'est pas Dieu, mais une idole, ce que la tradition chrétienne n'a cessé de nommer le démon, l'anti‑dieu, car c'est vraiment là l'antithèse absolue du Dieu véritable: celui‑ci est par nature un véritable être‑pour (père), être‑de (Fils) et être‑avec (Esprit).

 

Et l'homme est justement image de Dieu du fait que ce De, cet Avec et ce Pour constituent sa structure fondamentale. S'il entend s'en libérer, il ne se modèle plus sur la divinité, mais sur la déshumanisation, sur la destruction de sa nature même par destruction de la vérité.

 

La variante jacobine de l'idée de libération (appelons ainsi le radicalisme moderne), c'est la rébellion contre l'humain lui‑même, la rébellion contre la vérité, et cela conduit l'homme ‑ ainsi que l'a fort bien vu Sartre ‑ à une vie de contradiction avec soi‑même, à ce que nous nommons l'enfer.

 

    La liberté est donc liée à une mesure, celle de la réalité. La liberté en vue de se détruire soi‑même ou de détruire l'autre n'est pas liberté, mais sa parodie démoniaque.

 

La liberté de l'homme est une liberté partagée, une liberté dans le être‑avec d'autres libertés qui se limitent mutuellement en se portant ainsi mutuellement. Elle doit se mesurer à ce que je suis, à ce que nous sommes, sinon elle se supprime d'elle-même.

 

 Nous en arrivons donc à une correction de

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son image superficielle, celle qui domine aujourd'hui: si la liberté humaine ne peut consister que dans l'ordonnancement d'un être‑avec de libertés, cela veut dire que cet ordre, le juste, n'est pas son antithèse mais sa condition, un de ses éléments constitutifs: l'absence du juste est l'absence de liberté.

 

Liberté et responsabilité

 

-------- Comment établir le droit pour qu'il soit le droit de la liberté? ---------

 

   -------- comment le trouver? --------

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---------- A l'époque des États nationaux, on partait de l'idée que la nation était l'unité déterminant la mesure de la liberté, que son bien, la raison d'État, était la mesure de la liberté commune. ---------

 

Augustin a montré qu'un État qui ne se mesure qu'à son propre bien commun, mais non sur la justice elle‑même, ne diffère structurellement en rien d'une bande de brigands. Il a pour caractéristique de n'inclure dans sa mesure que le bien de la bande, indépendamment de celui du prochain.

 

Si nous réfléchissons à la colonisation et à tous les dégâts qu'elle a laissés derrière elle, nous découvrons que même les États civilisés et bien ordonnés étaient de nature assez proche de celle d'une bande de brigands, car ils ne pensaient qu'à leur bien, mais pas tellement au bien.

 

La liberté garantie comportait donc d'elle-même une liberté de voler. Rien à voir, donc, avec la liberté véritable, une liberté vraiment humaine. Pour en trouver l'authentique mesure, il faut tenir compte de toute l'humanité, et, comme nous le verrons de mieux en mieux, pas seulement de l'humanité actuelle, mais aussi de celle de demain.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon