La célébration de la foi 16

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-------- on retrouve dans toute l'humanité un besoin qui a poussé toutes les religions à pratiquer la procession. ---------la marche solennelle en commun, dans la communauté des croyants, dans la communauté avec le Dieu en qui l'on croit. ---------

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------- Au XIe siècle, dans certaines régions de France, on promenait solennellement le Saint Sacrement à la procession des Rameaux : on ne voulait pas seulement commémorer un événement historique, mais entrer triomphalement avec le Christ vainqueur dans sa demeure, pour la lui remettre à nouveau.

 

--------- Ce qui, le dimanche des Rameaux, restait ambigu, assombri par les ténèbres de la croix, il faut qu'à la Fête‑Dieu cela se déroule en public et de façon grandiose, dans la joie de la Résurrection: cortège triomphal du Seigneur, que nous reconnaissons, publiquement aussi, comme Seigneur et à qui nous remettons nos rues et nos places.

 

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-----------Dans la procession de la Fête‑Dieu ce rapport de la foi à la terre et à la totalité du créé est traduit pour ainsi dire physiquement par la marche autour de nos champs et à travers nos campagnes. --------- c'est le Créateur que nous transportons, lui qui a voulu s'offrir dans le fruit du blé et de la vigne. ------------

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------- Quand je repense à la Fête‑Dieu, je ne pense pas seulement à ce qui est liturgique, mais au fait que c'est un jour où le ciel et la terre ont eux aussi leur rôle à jouer.

 

Je vois paraître devant mes yeux le moment où le printemps incline vers l'été ; le soleil est haut dans le ciel, dans les prairies et dans les champs la moisson mûrit.

 

Les fêtes de l'Église font revivre le mystère du Christ, mais parce que Jésus‑Christ était plongé dans la foi d'Israël, ces fêtes tiennent d'Israël de s'accorder aussi au rythme de l'année, le rythme des semailles et de la moisson.

 

Comment pourrait‑il en être autrement avec une liturgie dont le coeur est constitué par le signe du pain, ce fruit de la terre et du ciel. Ce fruit, le pain, peut désormais porter Celui en qui le ciel et la terre, Dieu et l'homme sont devenus un. Ainsi, l'accord des fêtes de l'Église avec les saisons n'a rien d'extérieur. -------

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---------- Parce que la Fête‑Dieu est confession de l'amour, le mystère de la transsubstantiation se trouve à bon droit placé au centre de ce jour. L'amour est transformant.

 

La Fête‑Dieu nous dit oui, l'amour existe, et parce qu'il existe, la transformation est possible, et voilà pourquoi nous pouvons espérer. Et l'espérance nous donne la force de vivre, de supporter le monde. ---------------

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon