Voici quel est notre Dieu 10

p178 JÉSUS‑CHRIST

 

LE DÉSERT

 

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   Jésus, durant ces quarante jours passés au désert, reprend les quarante ans d'Israël au désert. Il refait pour ainsi dire ce chemin, voulant signifier que, sans ce temps du renoncement, du silence, du départ, du recueillement, ne peut mûrir aucune grande mission. Par le jeûne et la prière, Jésus s'expose à l'abîme de profondeur où conduit le désert. Celui‑ci signifie d'une part la rencontre particulière avec Dieu, mais aussi le danger du monde. Il est le lieu où il n'y a ni vie ni nourriture, un lieu de solitude. Jésus traverse ainsi tout l'espace des dangers, de l'affaiblissement de la vie, l'espace du renoncement, de la faim et de la soif. Il éprouve en même temps les tentations de l'humanité et les traverse douloureusement avec succès pour proclamer à partir de là son grand message.

 

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p179 Le chemin


Après son expérience au désert, les premiers disciples commencent à se rassembler autour de lui. Ils l'interrogent: «Maître, où habites‑tu ?» Et Jésus leur répond laconiquement: « Venez et voyez!»


   L'accompagner est une expérience qu'il est nécessaire de faire. Jésus n'est pas lié à un seul lieu ni localisable en un seul endroit. Il habite en chemin, plus loin. Ce n'est qu'en le suivant, qu'en prenant le même chemin que lui, que nous apprenons où il habite. C'est alors seulement que nous le verrons. Si nous essayons de le comprendre, lui‑même et sa doctrine, qu'à partir d'une théorie, que par la réflexion, nous ne le connaîtrons pas.

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p180 JÉSUS‑CHRIST

 

Les premiers disciples -----

 

------- ce n'étaient pas des gens capables d'accomplir une mission mondiale. Comme dit saint Jean Chrysostome, «S'ils ont joué gros », c'est par une autre force. Voilà pourquoi le choix de ces gens simples, qui n'étaient ni des politiciens, ni des savants, me semble riche en enseignements. Il est évident qu'ils n'auraient pas fait tout ce qu'ils ont fait par eux‑mêmes. Quelqu'un de plus grand les a touchés, les a portés et guidés.

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p184 p185

 

Chapitre 4

 

LA VÉRITÉ

 

En tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, vous êtes le gardien suprême de la vérité ---

 

------- Peu à peu naît l'impression que personne ne sait exactement ce que nous croyons et que par conséquent chacun peut faire son choix. S'il arrivait que nous n'ayions plus d'identité commune et reconnaissable, si la foi avait perdu tout contour précis, alors le christianisme aurait réellement perdu toute justification. Il devrait reconnaître qu'il a fait faillite et ne sait plus ce qu'il veut.

 

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p186 JÉSUS‑CHRIST

 

------- lorsque tout dégénère en une sorte de nébuleuse faite d'un ensemble d'habitudes, cela ne sert à rien ni à personne.

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   Je dois dire que pendant la dizaine d'années de mon activité de professeur, j'ai ressenti moi‑même très fortement la crise de l'exigence de vérité. Je craignais que la façon dont le christianisme parle de la vérité ne confine à l'arrogance, au manque de respect envers les autres. La question se posait jusqu'à quel point avons‑nous encore le droit d'utiliser ce langage


   J'ai beaucoup approfondi cette question. Finalement, je me suis aperçu que si nous nous écartons du concept de vérité, nous nous écartons des fondements. Car, dès les origines, il est caractéristique pour le christianisme que la foi chrétienne ne consiste pas d'abord en des exercices ou des observances, comme c'est le cas dans bien des religions qui consistent à se soumettre à un ordre rituel.


   Le christianisme prétend nous dire quelque chose sur Dieu, sur le monde et sur nous‑mêmes. Quelque chose qui est vrai et qui nous éclaire la route. J'ai acquis par là la conviction que dans la crise actuelle, où nous disposons d'une masse d'informations scientifiques, nous avons de nouveau besoin de chercher la vérité et d'avoir le courage de la vérité, car les vraies questions de l'homme sont repoussées dans le subjectif. -----

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p187 La vérité

 

------ « Aux dires des gens, qui est le Fils de l'homme ? » ----

 

------ aujourd'hui encore. On veut le classer dans l'une des catégories connues. Il serait l'un des hommes très influents, comme dit par exemple le philosophe Karl Jaspers. D'autres voient en lui simplement l'un des grands prophètes ou un fondateur de religion. Jésus dit qu'il s'agit là d'une connaissance indirecte, comme de seconde main. « Mais vous, que dites‑vous de moi ? » cela signifie « qu'en disent ceux qui le connaissent de l'intérieur?»

 

   Chez Luc, cette scène est en rapport avec la prière de Jésus. Ce qui est signifié par là c'est que seuls ceux qui le connaissent dans son échange avec le Père, dans cette profonde relation qui lui est propre, savent vraiment qui il est. Ils sortent ainsi des schémas traditionnels et découvrent le caractère unique et exceptionnel de cet homme qui est le messie de Dieu et le Fils du Dieu vivant.

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon