Démocratisation dans l’Église 6

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RÉFLEXION SUR LA DÉMOCRATIE ACTUELLE

 

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------- Justement à la façon des libertés concrètes de l'individu, la démocratie n'est rien d'auto‑évident. Il faut la construire, l'organiser, la préserver de la décadence, la défendre contre

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ses ennemis. --------

 

   Egalement selon une autre présentation très chère à l'enseignement dominant, la démocratie trouverait son origine dans l'émancipation individuelle, dans le désir individuel d'autonomie. ---------

 

   ---------- l'émancipation individuelle a précisément déclenché la grande crise sociale qui a conduit la démocratie au bord de l'échec. Le mouvement social moderne et la législation sociale n'ont‑ils pas été l'unique correctif apporté à cette émancipation ? Cette émancipation tirait son origine d'une disposition du droit naturel : l'homme n'a pas d'obligation personnelle à l'égard de son prochain. La faillite historique de la liberté émancipatrice s'offre partout, au regard de tous. ----

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-------- l'aspiration à la liberté de l'homme moderne ne s'exprime plus guère dans le sens d'un accroissement des charges de l'Etat, ce qui implique de nouveaux devoirs, mais beaucoup plus dans celui d'un abandon par l'Etat de telles de ses prérogatives en faveur de l'entreprise privée.

 

   Certes, on a trouvé une formule pour exprimer ce changement d'orientation de la liberté: la “participation ». Car par la même occasion, avec entrain et sans logique, les défenseurs de l'espace libre qu'il faudrait mettre à la disposition des individus ont exalté l'exigence de “participation». La participation des citoyens aux décisions politiques est certainement une marque distinctive de la démocratie actuelle. Mais n'aurait‑on pas dû y réfléchir ?

 

   Cultiver la théorie des espaces libres (apolitiques) d'un côté, et de l'autre préconiser la participation politique la plus grande sont deux choses qui s'infirment tout de même l'une l'autre quand elles ne

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vont pas jusqu'à s'exclure. Au fond, qui voit dans la liberté une émancipation ne peut vouloir qu'une liberté apolitique. Il s'agirait alors d'une liberté qui serait ‑ selon le mot de Lessing, “dans le coin de l'âme verte » ; d'une liberté marquée par le “sans-moi » des anarchistes ; ----

 

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-------- Alors que l'Etat est né des nécessités de l'homme, cette façon de voir voudrait imposer à l'Etat la sauvegarde et la protection d'un homme sans nécessité en raison de son autarcie, et libre comme la nature. ---

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   La démocratie à la Jean‑Jacques n'a jamais existé.

 

------ la démocratie politique inclut nécessairement des priorités dominantes. « Les autres possibilités ne signifient jamais moins mais toujours plus de domination. Par exemple, lorsque la manière de décider est dictée par une partie de la communauté, quand bien même il s'agirait de la majorité ; ou lorsque la persévérance dans l'unité est obtenue par le recours à la force, contre la volonté des individus pris séparément les uns des autres... ----

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------- la représentation de la volonté d'unité du peuple par plébiscite est une fiction. -------- Il est donc manifeste que les formes et les manières de procéder sont importantes. Ce sont elles qui garantissent la relation de confiance, et non seulement de façon idéale, mais aussi de manière réelle et institutionnelle. ------

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   La démocratie constitutionnelle limite directement le domaine du pouvoir, donc la compétence en matière de décision politique, d'une manière plus étroite que les autres domaines ‑ pour le rendre effectivement contrôlable. Elle n'est aucunement un régime politique en lequel « tous » gouvernent. Elle est plutôt caractérisée par le fait que le peuple y contrôle les gouvernants --

 

   Il en découle que le processus politique démocratique consiste en un double élément: d'un côté, l'élaboration nécessaire d'un processus de décision typique d'un état constitutionnel. À la vérité, cette élaboration est d'autant plus nécessaire que la manière de prendre les décisions se rapproche davan-

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rage de la façon dont les centres destinés à l'éducation politique accomplissent leur mission. Mais de l'autre côté, on doit établir ce processus de décision dans le dialogue avec les forces sociales, sinon, ce serait entraîner l'isolement des institutions politiques. C'est ici que les groupes sociaux réellement libres, que l'opinion publique, que les associations prennent toute leur signification à l'intérieur d'une démocratie. C'est à ce plan aussi que l'Eglise peut exercer son rôle.

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon