ALLEMAGNE Un évêque impose le « gender » dans les écoles catholiques : les familles se révoltent, le Vatican garde le silence

ALLEMAGNE

Un évêque impose le « gender » dans les écoles catholiques : les familles se révoltent, le Vatican garde le silence

Nico Spuntoni

Cela se passe à Hambourg : l’archevêque ultraprogressiste Stefan Heße, figure de proue de la synodalité allemande, impose dans les écoles catholiques des cours d’éducation sexuelle inspirés de la théorie du genre, contre la volonté des parents. Ceux-ci ont fait appel au pape et au Dicastère pour les évêques. Mais voilà six mois qu’ils attendent une réponse qui ne vient pas. Et les cours commenceront le 20 août.

Des parents contre un évêque, dans le silence du Vatican. L’affaire qui nous vient d’Allemagne — cela va sans dire — suscite l’indignation, mais donne en même temps quelques raisons d’être optimiste quant à la capacité de réaction d’une partie importante des laïcs.

Nous sommes à Hambourg, dans un archidiocèse qui avait déjà fait parler de lui après la démission présentée en 2021 par Mgr Stefan Heße, en raison des « erreurs personnelles de procédure » commises dans le traitement des dossiers d’abus sexuels durant les années où il était vicaire général à Cologne. Le pape François avait rapidement refusé cette démission.

Ainsi, l’ultraprogressiste Heße est resté à la tête de l’archidiocèse de Hambourg et, selon l’auteur, a continué à y faire des dégâts. C’est lui qui a donné son approbation définitive au nouveau cadre de référence pour l’éducation sexuelle dans les écoles catholiques, inspiré de ce que l’on appelle la « pédagogie de la diversité ».

Cette nouveauté, placée sous le slogan « Männlich, weiblich, divers » (« Masculin, féminin, divers »), a reçu les éloges de médias anticléricaux, mais a provoqué la protestation de centaines de familles qui envoient précisément leurs enfants dans ces écoles.

Selon ces parents, un tel « cadre conceptuel encourage la sexualisation délibérée des enfants et des adolescents, dévalorise, déforme ou rejette la conception catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement des contenus idéologiques relatifs à la sexualité et à l’identité sexuelle ».

Malgré la synodalité dont Heße est un fervent défenseur en Allemagne, les parents n’ont appris l’existence d’un document d’une telle importance qu’une fois les décisions prises, et pas même directement par les écoles. Aucun échange, aucune consultation préalable.

La porte est également restée fermée par la suite, lorsque les familles se sont organisées au sein d’un « Réseau pour la protection et la prévention de l’enfance ». Après plusieurs demandes de rencontre, le groupe représentant des centaines de parents n’a été reçu qu’une seule fois par l’archevêque, en décembre 2025.

La voix combative de ces parents inquiets est celle de Varinia Arauco Vera, une mère d’origine péruvienne. Heße, qui a longtemps présidé la commission pour les migrants et les réfugiés au sein de la Conférence épiscopale allemande, n’aurait pas donné suite à ses demandes et aurait refusé les appels à l’ouverture d’un véritable dialogue.

L’archidiocèse de Hambourg a décidé de poursuivre son projet sans dévier de sa ligne, en s’appuyant sur un document élaboré dans le cadre du controversé Chemin synodal allemand.

Si la position idéologique d’un diocèse allemand et l’attitude de Heße face à une mobilisation aussi importante de parents ne surprennent guère l’auteur, c’est surtout le silence désormais manifeste du Saint-Siège qui l’inquiète.

Car il ne fait aucun doute que Rome a été informée de la situation.

En février dernier, le réseau de familles a adressé directement au pape une lettre de supplication, remise au nonce apostolique en Allemagne. Dans cette lettre, les parents signataires ont clairement énuméré les points qu’ils jugent problématiques : la promotion de formes de sexualisation précoce, notamment au moyen de méthodes pédagogiques interactives dès l’école primaire ; la collaboration avec des organisations et des militants spécialisés dans l’éducation sexuelle ; ainsi que l’absence de clarté concernant le droit des parents de soustraire leurs enfants aux séquences pédagogiques consacrées aux questions LGBT dans les écoles catholiques.

Les familles ont expliqué à Léon XIV avoir cherché le dialogue avec Heße, mais s’être heurtées à son refus de modifier les éléments centraux du document. Elles ont donc demandé explicitement au pape de « mettre fin à cette initiative », en les aidant à « protéger la foi et la pureté de nos enfants ».

Dans un passage de leur lettre adressée au pape Prevost, le réseau affirme que, face à ces programmes adoptés par l’archidiocèse de Hambourg au nom du Chemin synodal, « les migrants, en particulier, ne considèrent plus l’Église catholique de ce pays comme leur propre maison ». Selon l’auteur de l’article, une telle affirmation suffirait à démontrer l’échec du travail de Heße, y compris dans son rôle passé concernant les questions migratoires au sein de la Conférence épiscopale allemande.

Près de six mois plus tard, la lettre serait toujours restée sans réponse, et aucune intervention de Rome n’aurait eu lieu pour interrompre le programme de Hambourg.

Malgré leur déception, les parents n’ont pas baissé les bras et ont poursuivi leur combat. Il y a deux mois, ils ont ainsi déposé une plainte canonique contre Mgr Heße auprès du Dicastère pour les évêques, aujourd’hui dirigé par Mgr Filippo Iannone.

Mais le temps presse : le 20 août prochain, le document entrera officiellement en vigueur et sera appliqué dans quinze écoles catholiques.

Reste-t-il encore l’espoir que Rome intervienne contre ceux qui veulent centrer l’éducation des enfants sur la « diversité sexuelle », sur l’acceptation de toutes les identités de genre, qui présentent la contraception comme l’unique méthode de contrôle des naissances et placent sur un même plan le modèle chrétien de la famille et la « diversité des formes de vie » ?

— Source :

La Nuova Bussola Quotidiana, article de Nico Spuntoni.

 

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