L’Esprit de la liturgie 7

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DEUXIÈME PARTIE

 

LE TEMPS ET L'ESPACE DANS LA LITURGIE

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p46 L'ESPRIT DE LA LITURGIE

 

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--------- Ce sont les paroles et les actes de Jésus pendant la Cène, qui constituent le noyau de la célébration liturgique; ils sont au coeur de la prière eucharistique, --------

 

Si le Seigneur nous donne son corps, c'est qu'il l'a réellement «livré»; s'il nous offre son sang dans la nouvelle

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coupe, ce sang versé pour la multitude, c'est qu'il l'a réellement versé.

 

Ce corps n'a rien de la dépouille inerte d'un trépassé, et ce sang n'est pas une substance dont la vie se serait retirée. Si le sacrifice est devenu don, c'est que ce corps livré par amour, ce sang versé par amour sont entrés, grâce à la résurrection, dans l'éternité de l'amour, plus fort que la mort. Sans la croix et la résurrection, le culte chrétien est nul et sans effet. --------

 

--------- dans le cas de la croix et de la résurrection, « une fois pour toutes » ne signifie pas « passé». -------

 

-------- «Personne ne peut m'enlever la vie, je la donne de moi‑même», dit en substance le Seigneur, dans l'évangile de saint Jean (10, 18).

 

Par le fait de son obéissance, pour reprendre la formule magistrale de saint Maxime le Confesseur, la volonté humaine de Jésus est plongée dans le « oui » éternel du Fils au Père.

 

Le don de soi, à travers la passivité de l'état de crucifié, absorbe dans l'agir de l'amour la passion de la condition humaine dans toutes ses dimensions : corps, âme, esprit, logos.

 

Et de même que la douleur corporelle se trouve entraînée dans le «pathos» de l'esprit et devient le oui de l'obéissance, de même le temps est absorbé dans ce qui dépasse le temps. ------

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p48 l'ESPRIT DE LA LITURGIE

 

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   Pour Bernard de Clairvaux, «semel» (une fois pour toutes) équivaut à «semper» (toujours). -------- C'est dans cet «aujourd'hui» que la liturgie chrétienne nous rend contemporains les événements qui forment son fondement; et c'est là le véritable centre et la grandeur de la célébration de l'Eucharistie, -----------

 

------- si cet « une fois pour toutes» du mystère du Christ n'est pas un événement passé mais la force qui anime les “présents» successifs, l'avenir, lui aussi, doit nous être rendu présent dans la célébration liturgique de ce mystère qui, à ce titre, doit être également considéré comme une anticipation du monde à venir. ---------

 

Dans le culte chrétien, le sacrifice ------- actualise, il rend présent le sacrifice du Christ sur la croix. ---------

 

Le sacrifice du Christ ------- posé à un moment donné du temps,

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englobe en réalité toute la durée du temps ‑ passé, présent et avenir; de même, le sujet de cet acte, le Christ, englobe tous ceux pour qui Il donne sa vie.

 

--------La célébration n'est pas qu'un rite extérieur, un jeu liturgique; en tant que logike latreia, elle a pour but de conformer mon existence à celle du Logos et fait se rejoindre mon offrande intérieure avec celle du Christ.

 

Cette offrande est dès lors mon offrande; je suis présent à la Pâque du Christ, et cette contemporanéité a pour fin de me conduire de l'image à la parfaite ressemblance avec Dieu.1

 

-- la liturgie ------ vise, pour citer saint Paul encore une fois, à faire de « nos corps » -------- des « hosties vivantes », en union avec le «sacrifice du Christ» (Rm 12, 1). -------- Le semel (une fois pour toutes) doit atteindre son semper (toujours).

 

Le sacrifice ne sera achevé qu'au moment où le monde sera devenu ce lieu d'amour, décrit par saint Augustin dans La Cité de Dieu. Alors seulement, comme nous l'évoquions au début de ce livre, le culte sera l'accomplissement parfait de ce qui s'est déroulé au Golgotha. --------

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon