ÉTATS-UNIS : LE CARDINAL ROBERT McELROY ÉCARTE L'EXORCISTE STEPHEN ROSSETTI APRÈS SES PROPOS SUR LES OVNIS ET LES DÉMONS
UNE AFFAIRE QUI INTERROGE L'ÉGLISE SUR LA PRUDENCE, LE DISCERNEMENT ET L'USAGE DES RÉSEAUX SOCIAUX
Par Duchess Audrey | 05/06/2026
L'information a fait le tour du monde catholique en quelques heures.
Aux États-Unis, le cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a retiré à Mgr Stephen Rossetti sa mission officielle d'exorciste diocésain après une vive controverse suscitée par ses déclarations sur les OVNIS.
Dans une vidéo publiée le 29 mai dernier, Mgr Rossetti a affirmé qu'à son avis personnel, « beaucoup, sinon la plupart » des phénomènes OVNIS pourraient être liés à une activité démoniaque. Ces propos ont été jugés incompatibles avec la prudence doctrinale exigée par l'Église dans un domaine aussi sensible que celui de l'exorcisme.
Face à la polémique, le prêtre a déclaré être attristé par la décision de l'archidiocèse et a demandé pardon pour toute éventuelle infidélité à l'enseignement du Magistère.
Mais au-delà de la polémique médiatique, cette affaire soulève des questions beaucoup plus profondes.
CE QUE MGR ROSSETTI A RÉELLEMENT DIT
Contrairement à certaines interprétations relayées sur les réseaux sociaux, Mgr Rossetti n'a jamais déclaré officiellement que tous les OVNIS étaient des démons.
Il a exprimé une opinion personnelle fondée sur son expérience d'exorciste.
Selon lui, certains phénomènes présentés comme extraterrestres pourraient parfois être d'origine préternaturelle ou démoniaque.
Une nuance importante qui s'est malheureusement perdue dans les débats passionnés qui ont suivi.
La question n'était donc pas seulement ce qu'il a dit.
La question était également : comment cela a été compris par le grand public ?
POURQUOI L'ÉGLISE A-T-ELLE RÉAGI ?
L'Église catholique a toujours insisté sur la nécessité du discernement.
Même lorsqu'un prêtre possède une grande expérience pastorale, ses opinions personnelles ne constituent pas automatiquement un enseignement officiel de l'Église.
L'histoire montre que de nombreuses confusions doctrinales naissent précisément lorsque des opinions privées sont perçues comme des vérités de foi.
C'est pourquoi les évêques ont la responsabilité de protéger la clarté de l'enseignement catholique.
La décision du cardinal McElroy doit donc être comprise avant tout sous cet angle : préserver la distinction entre une réflexion personnelle et l'enseignement officiel de l'Église.
PEUT-ON COMPRENDRE LA POSITION DE MGR ROSSETTI ?
Oui.
Et c'est là que cette affaire mérite davantage de nuance que ce que proposent les réseaux sociaux.
Mgr Rossetti n'est ni un amateur ni un aventurier spirituel. Depuis de nombreuses années, il accompagne des personnes confrontées à des situations extrêmement complexes.
Son expérience dans le domaine de l'exorcisme est reconnue. Il est donc possible que certaines observations répétées au cours de son ministère l'aient conduit à établir des liens ou à formuler certaines hypothèses.
Il est également possible qu'il ait voulu mettre en garde les fidèles contre une fascination excessive pour les phénomènes mystérieux ou les théories qui circulent abondamment sur Internet.
Autrement dit, son intention n'était probablement pas de créer la peur, mais de prévenir certains dangers spirituels qu'il estimait réels.
Cependant, lorsqu'on exerce une fonction aussi particulière que celle d'exorciste, la manière de communiquer est parfois aussi importante que le message lui-même.
L'HUMILITÉ D'UN PRÊTRE QUI DEMANDE PARDON
Un détail mérite d'être souligné. Après la décision de l'archidiocèse, Mgr Rossetti n'a pas attaqué son évêque. Il n'a pas lancé de campagne médiatique. Il n'a pas cherché à mobiliser l'opinion publique contre l'autorité ecclésiastique.
Au contraire. Il a exprimé sa tristesse, reconnu la décision prise et demandé pardon si ses paroles ont pu s'éloigner de l'enseignement de l'Église.
Cette attitude est loin d'être anodine. Dans une époque où beaucoup préfèrent se justifier à tout prix, reconnaître la possibilité d'une erreur constitue déjà un témoignage d'humilité chrétienne.
L'EXORCISME : UN DOMAINE OÙ LA PRUDENCE EST INDISPENSABLE
L'exorcisme n'est pas un sujet ordinaire. C'est l'une des missions les plus délicates confiées à certains prêtres spécialement désignés par leur évêque.
L'Église ne choisit jamais un exorciste au hasard. Elle recherche des hommes équilibrés, expérimentés, profondément enracinés dans la foi et capables d'un discernement exceptionnel.
Pourquoi une telle prudence ?
Parce que durant certaines séances d'exorcisme, des phénomènes troublants peuvent se produire.
Des paroles inattendues peuvent être prononcées. Des accusations peuvent surgir. Des révélations peuvent sembler crédibles.
Pourtant, l'Église enseigne depuis toujours qu'il ne faut jamais considérer automatiquement comme vraies les paroles provenant d'un esprit mauvais. Le démon est le père du mensonge. Sa stratégie consiste souvent à semer la confusion, la peur, la division et la méfiance.
Combien de familles ont été brisées parce qu'un prétendu esprit aurait désigné un responsable ?
Combien de couples se sont séparés parce qu'une parole entendue dans un contexte spirituel a été prise pour une vérité absolue ?
Combien de communautés ont connu des tensions parce que certains ont préféré croire une révélation spectaculaire plutôt que le discernement prudent de l'Église ?
Le chrétien est appelé à exercer son intelligence autant que sa foi.
LES RÉSEAUX SOCIAUX : UN DÉFI POUR LE CLERGÉ D'AUJOURD'HUI
Cette affaire devrait également interpeller tous ceux qui exercent un ministère public dans l'Église.
Les réseaux sociaux sont devenus un formidable outil d'évangélisation. Mais ils peuvent aussi devenir un piège.
Une phrase sortie de son contexte peut être partagée des milliers de fois.
Une hypothèse personnelle peut rapidement être présentée comme une certitude.
Une réflexion nuancée peut devenir un titre sensationnaliste.
Et lorsque les sujets abordés concernent le démon, les possessions ou l'exorcisme, les conséquences peuvent être encore plus importantes.
Les fidèles ont besoin d'être éclairés. Pas d'être effrayés. Ils ont besoin d'être guidés. Pas d'être plongés dans la confusion.
Voilà pourquoi la prudence demeure une vertu essentielle pour toute personne appelée à enseigner publiquement la foi.
CE QUE CETTE AFFAIRE DEVRAIT NOUS APPRENDRE
Cette affaire ne devrait pas nous pousser à choisir un camp contre un autre.
Elle devrait plutôt nous rappeler l'importance de deux réalités complémentaires : l'obéissance à l'Église et l'humilité humaine.
Même les prêtres les plus expérimentés peuvent commettre des erreurs d'appréciation ou de communication.
Même les responsables de l'Église sont parfois amenés à prendre des décisions difficiles pour préserver la clarté de la doctrine.
Ce qui importe avant tout, c'est de rester attaché à la vérité de l'Évangile et à l'enseignement de l'Église.
L'expérience personnelle, aussi riche soit-elle, ne remplace jamais le discernement ecclésial.
Et le discernement ecclésial ne devrait jamais nous faire oublier la charité envers ceux qui se trompent ou s'expriment maladroitement.
Dans cette affaire, la réaction du cardinal McElroy rappelle l'importance de la fidélité au Magistère.
L'attitude de Mgr Rossetti rappelle quant à elle l'importance de l'humilité.
Et ces deux leçons valent bien davantage que toutes les polémiques qui agitent actuellement la presse.
Et dans votre diocèse, savez-vous qui est le prêtre officiellement chargé du ministère d'exorciste ?
Partagez son nom en commentaire si vous le connaissez.
Ce sera peut-être l'occasion pour beaucoup de découvrir que l'Église continue discrètement mais réellement ce ministère souvent méconnu du grand public.
Duchess Audrey
Cette affaire montre surtout à quel point l'Église actuelle traverse une crise d'autorité et de discernement.
Qu'un exorciste puisse se tromper dans l'interprétation de certains phénomènes est une chose. L'Église a toujours demandé prudence et discernement. Mais il est tout de même surprenant de voir qu'on réagit avec une telle rapidité lorsqu'un prêtre évoque l'éventuelle dimension préternaturelle de certains phénomènes, alors que tant de confusions doctrinales, liturgiques et morales sont tolérées depuis des décennies sans véritable sanction.
L'existence du démon, de son action extraordinaire et de ses tromperies n'est pas une invention de Mgr Rossetti ; c'est un enseignement constant de l'Église. L'histoire chrétienne regorge de phénomènes où les saints ont reconnu l'action des esprits mauvais derrière certaines manifestations extraordinaires.
Cela ne signifie pas que les OVNIS soient nécessairement démoniaques. Sur ce point, la prudence s'impose. Mais il est permis de s'interroger lorsqu'un exorciste expérimenté partage une réflexion issue de son ministère, tandis que des théologiens ou des prélats qui sèment publiquement le doute sur des points bien plus graves de la foi semblent bénéficier d'une bien plus grande indulgence.
Prions pour Mgr Rossetti, pour le cardinal McElroy et surtout pour l'Église, afin qu'elle retrouve partout le même zèle pour défendre l'intégrité de la foi, combattre les erreurs doctrinales et protéger les âmes.