L’Église en chemin 24

CONSEQUENCES ET MISE EN ORDRE: LES DEUX NIVEAUX DE LA CONSCIENCE

 

ANAMNESIS

 

----------- La tradition médiévale avait fort justement identifié deux niveaux du concept de conscience, ------------ La scolastique dans son courant de pensée principal a exprimé les deux niveaux de la conscience par les concepts de syndérèse et de conscience. -------

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--------- Par le terme d'« anamnèse », il faut entendre ici précisément ce que dit Paul au second chapitre de l'épître aux Romains : «En effet, quand des païens privés de la Loi accomplissent naturellement les prescriptions de la Loi, ces hommes, sans posséder de Loi, se tiennent à eux‑mêmes lieu de loi; ils montrent la réalité de cette Loi inscrite en leur coeur, à preuve le témoignage de leur conscience... » (Rm 2,14 sq.).

 

On trouve la même idée, développée de manière impressionnante, dans la grande règle monastique de saint Basile. On peut y lire : «L'amour de Dieu ne s'enseigne pas. Personne ne nous a appris à jouir de la lumière ni à tenir à la vie par‑dessus tout.

 

De la même façon, ce n'est pas un enseignement extérieur qui nous apprend à aimer Dieu. Dans la nature même de l'être vivant ‑ je veux dire l'homme ‑ se trouve inséré comme un germe qui contient en lui cette aptitude à aimer. »

 

Basile, formulant une expression devenue par la suite importante dans la mystique médiévale, parle de « l'étincelle de l'amour divin cachée au plus profond de nous‑mêmes99 ».

 

Dans l'esprit de la théologie johannique, il sait que l'amour consiste dans l'observance des commandements, et que par consé-­

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p170 L'ÉGLISE) UNE COMMUNAUTÉ TOUJOURS EN CHEMIN

 

quent l'étincelle de l'amour, infuse en nous par le Créateur, signifie ceci: «Nous avons reçu intérieurement une capacité originelle et une aptitude à accomplir tous les commandements divins... Ils ne sont pas quelque chose qui nous est imposé de l'extérieur. »

 

Augustin soutient la même idée et la ramène à son noyau essentiel: « Parmi tous ces biens, nous ne pourrions pas dire que l'un est meilleur que l'autre, lorsque nous pensons juste, si n'était imprimée en nous la notion fondamentale du bien même,100.

 

---------- a été insufflé en nous quelque chose de semblable à une mémoire originelle du bien et du vrai (les deux réalités coïncident) ; qu'il y a une tendance intime de l'être de l'homme, fait à l'image de Dieu, vers ce qui est conforme à Dieu.

 

Dans sa racine même, l'être de l'homme ressent une harmonie avec certaines choses, et une contradiction avec d'autres. Cette anamnèse de l'origine, qui dérive du fait que notre être est constitué à la ressemblance de Dieu, n'est pas un savoir déjà conceptuel avec ses articulations, une sorte d'écrin de concepts qui attendrait uniquement d'être ramené à la lumière.

 

Elle est, pour ainsi dire, un sens intérieur, une capacité de reconnaître : de sorte que celui qu'elle interpelle, s'il n'est pas intérieurement replié sur lui-même, est capable d'en reconnaître en lui l'écho.

 

Il s'en

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aperçoit: «Voilà ce à quoi ma nature incline et ce qu'elle cherche »

 

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