L’Esprit de la liturgie 19

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------ le second concile de Nicée-------- canonisa la victoire de l'orthodoxie sur l'iconoclasme en établissant clairement que la théologie de l'icône trouvait sa légitimité et son fondement dans l'incarnation. ------- ------------ L'art est toujours fondé sur le mystère de la foi que

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rend présent la liturgie, elle‑même toujours orientée vers la liturgie céleste. Les anges romans, comme les anges byzantins, indiquent que tous nous prenons part, avec les chérubins, les séraphins et toutes les puissances célestes, à l'adoration de l'Agneau. ----------

 

    Avec l'apparition du gothique commence un lent processus de transformation de l'art sacré en occident. -------- L'art occidental reste eschatologique, il désigne ce qui doit advenir, mais son sujet central se modifie. On ne représente plus le Pantocrator, le Christ souverain du huitième jour, mais le Christ crucifié et souffrant. La Passion constitue l'élément central d'une iconographie qui a perdu son ouverture vers la résurrection. Le récit, l'événement historique, occupent maintenant l'avant‑scène. L'image mystérique a fait place à l'image dévotionnelle.

 

-------- La vision traditionnelle, qui permettait de discerner le suprasensible dans le sensible par participation, est remplacée par l'abstraction. ------- Pour Platon, la catégorie du beau était décisive. La beauté cause une blessure au plus profond de l'être, et cette blessure, dans un élan de nostalgie, nous arrache et nous emporte au‑delà de nous‑mêmes, à la rencontre du beau véritable, du

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Bien lui‑même. Dans cette perspective, le beau et le bien ‑ finalement Dieu ‑ coïncident. -----------

 

---------- La Croix, symbolisant la souffrance vécue par le Christ en un certain moment de l'histoire, remplace l'Orient, le Ressuscité qui nous précède, dans la direction de la prière des fidèles. --------La piété populaire, à son tour, s’"historicise" et se tourne vers la contemplation des mystères de la vie de l'homme Jésus, continués dans la vie des saints, où l'art trouve son principal motif d'inspiration. Ici se séparent les chemins de l'iconographie chrétienne en Occident et en Orient. ----------

 

-------- La représentation du Christ en agonie sur la Croix est certes nouvelle, mais elle ne le figure pas impuissant-------- Malgré l'extrême de la douleur, c'est la force de l'amour rédempteur de Dieu que nous voyons exprimée. -------- ==================================

 

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------- Quelle force d'intériorisation ne découvrons‑nous pas dans les images de la Mère de Dieu! Toutes pénétrées de prière, ces images ne peuvent qu'inviter à la prière. En exprimant l'humanité nouvelle issue de la foi, elles nous donnent à voir la véritable image de l'homme, l'homme conçu par le Créateur et renouvelé dans le Christ. ----------

 

   La Renaissance fait un nouveau pas: elle “émancipe» l'homme. Nous assistons alors au développement d'une esthétique au sens moderne du terme, d'une beauté qui ne renvoie plus à une réalité au‑delà d'elle‑même, ------ Dans ce miroir, l'homme découvre sa dimension promé­-

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théenne, il se découvre autonome. L'art lui renvoie l'image de sa grandeur, et l'homme semble comme suspendu, dans un étonnement comblé qui le coupe du besoin d'une beauté autre. --------Certes, l'art de la Renaissance est encore d'inspiration chrétienne, mais cet «art sacré » n'a de sacré que le nom. Il n'est plus le signe visible d'une réalité invisible, il ne participe plus de la réalité du sacrement ni de sa dynamique propre, qui transcende le temps. Cet art prône, ici‑bas déjà, la béatitude et la rédemption par le biais de la seule beauté. ----------

 

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