Voici quel et notre Dieu. 5

p148 JESUS‑CHRIST

 

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   On peut donc, pour de bonnes raisons, refuser au Christ l'Ancien Testament et dire : non, ce n'est pas cela qu'il disait. Mais on peut, pour d'aussi bonnes raisons, le lui attribuer. C'est tout le débat entre les juifs et les chrétiens. Et pas seulement ici. Une grande partie de l'exégèse purement historico‑critique, elle aussi, ne lit pas l'Ancien Testament dans ce sens d'une indication de chemin et de direction. Elle considère l'interprétation chrétienne comme ne correspondant pas au sens historique d'origine ni, en tout cas, comme allant bien au‑delà.

 

-------- Il est certain que l'Ancien Testament précède le Christ: la foi des juifs et leurs Écritures le montrent avec une absolue évidence. Les Pères de l'Église considéraient comme une mission historique des juifs de prouver à tout un chacun l'authenticité et l'ancienneté de leurs livres saints justement par leur oui à l'Ancien Testament et leur non à Jésus. C'est pourquoi, pensaient les Pères, ils devaient rester juifs et ne sont pas devenus chrétiens. Les textes sont ce qu'ils sont, mais ils dégagent un sens nouveau et une vision d'unité si nous les lisons avec le Christ.

 

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  Ici encore je parlerais d'un chemin historique. «OEil pour oeil, dent pour dent» a une tonalité effroyable, mais ce fut d'abord un principe pour canaliser et rationaliser la vengeance. La revanche doit correspondre au tort infligé et ne pas être exagérée : elle doit être à la mesure de l'acte. Le principe représente donc un progrès qui, d'ailleurs, est toujours valable dans la jurisprudence. ----------

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p149 La révélation

 

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   Nous avons déjà débattu, dans notre conversation, de la parole «Je ne suis pas venu abolir la loi mais l'accomplir » (Mt 5, 17). La question du rite sacrificiel du Temple en est une illustration. Les offrandes du sacrifice n'ont jamais été que des succédanés. Ce n'est que lorsque vient celui qui peut faire la vraie offrande et ainsi amener l'homme à pouvoir se donner à Dieu que les rites sacrificiels sont accomplis. C'est alors que ce que le Temple était et voulait être est présent comme Temple vivant. On n'a pas aboli quelque chose, mais on l'a mené à son terme.

 

   Dans ce sens aussi l'eucharistie rend présent ce qui était la raison d'être du Temple. ----------

 

----- les chrétiens---

 

------- Ils sont, pour ainsi dire, l'Israël agrandi. Paul dit explicitement que les enfants d'Abraham sont ceux qui descendent de lui non seulement selon le sang, mais aussi selon la foi. C'est pourquoi la communauté avec le Christ est un Israel plus large que celui basé uniquement sur le lien du sang. Cette communauté est bâtie sur une option fondamentale (qui est don) pour un peuple qui porte désormais une promesse d'universalité.

 

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   Dans ce sens, les termes « élection » et « Israel » désignent désormais ceux qui, par le Christ, sont fils d'Abraham et enfants du vrai Dieu. Ils ne sont pas appelés à une vie pour les autres, dans le but de recevoir une billet spécial pour le ciel, mais pour participer au service du Christ, au service d'Israël pour l'histoire.

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p150 p151

 

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   Dieu donne toute sa mesure, à savoir l'amour, contre l'orgueil de l'homme. Cet orgueil est le noyau, le contenu originel de tout péché: vouloir se faire Dieu soi‑même. L'amour, en revanche, est ce qui ne s'élève pas mais s'abaisse. L'amour montre que c'est cet abaissement qui constitue la vraie promotion. Nous nous élevons quand nous nous abaissons, quand nous devenons simples, quand nous nous penchons vers les pauvres, les petites gens. Dieu s'abaisse pour dégonfler l'homme et le remettre à sa place. Ainsi vue, la loi de l'abaissement est le modèle fondamental de l'agir divin. -------

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p152 JÉSUS‑CHRIST

 

----- « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » (Lc 2, 10‑14).

 

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   Une fois encore, ce sont les gens les plus simples qui sont les premiers convoqués à la crèche. Hérode ne le saura pas. Même les mages ne l'apprennent pas tout de suite. La nouvelle atteint les bergers qui attendent, eux qui savent qu'ils ont besoin de la proximité rédemptrice de Dieu. Ils sont prêts et acceptent d'y aller. Ces hommes incarnent avec Marie et Joseph, avec Siméon et Anne, avec Elisabeth et Zacharie, les pauvres d'Israël et tout le peuple de Dieu. Nous voyons que, déjà dans les Psaumes, les doux et les pauvres désignent directement le commun des croyants d'Israël. Jésus loue ceux qui sont comme des enfants: il importe de préserver cette simplicité du coeur qui permet de devenir voyant et d'entendre la voix de l'ange.

 

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