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16. L'attachement des Germains à leur culte idolâtrique ne tenait pas seulement à la force des habitudes païennes, il s'y joignait un pressentiment politique, vague et mal défini, mais profond et tenace. Le christianisme était devenu, depuis Clovis, la religion des Francs. Malgré ses luttes intestines, cette nation disciplinée sous l'étendard de la croix avait vu grandir son influence extérieure. Les Germains redoutaient d'autant plus le baptême qu'ils le considéraient comme le précurseur de la domination franque dans leur pays. Ce point de vue, parfaitement mis en lumière par le récent historien de saint Willibrord 2, explique leur défiance contre tous les missionnaires en général, et en particulier contre ceux qui venaient de la Gaule. L'Évangile prêché par les hommes de Dieu apparaissait aux adorateurs d'Odin comme un code de servitude rédigé au profit de Pépin d'Héristal. Pour comprendre la prépondérance qu'exerçait alors ce duc d'Austrasie, petit-fils de Pépin de Landen, il est nécessaire de remonter un peu la chaîne des événements. On se rappelle qu'à la mort d'Ébroïn la couronne mérovingienne était portée par Thierry III3, prince faible, jouet des révolutions politiques qui usurpaient toutes son nom sans qu'il en dominât aucune. Il ne pouvait se passer d'un maire du palais. Waratto succéda à Ébroïn dans cette dignité, et gouverna la Neustrie. Les leudes austrasiens, sans roi depuis la mort de Dagobert II, obéissaient à leur duc Pépin d'Héristal. Celui-ci, après sa défaite à Leucofao 4, ne songeait qu'à réparer les forces épuisées de
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1 Bed., loc. citât. Cf. Bolland., 3 octob.
2. M. Alberdingk Thym., H, Willibrordus, apostel der Nederlanden, Brussel, Goemaère, 1861.
3.Cf. chap. iv de ce présent volume, pag. 241. —4. Cf. même chapitre, pag. 240.
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l'Austrasie. Il négocia avec le nouveau maire du palais, Waratto, et en obtint la continuation de la trêve. Mais cette attitude pacifique blessa l'orgueil patriotique des Neustriens. Ils s'indignèrent de voir une partie du royaume franc soustraite au pouvoir de la couronne mérovingienne. Le fils de Waratto, Ghislemar, à la tête des mécontents, chassa son père du palais, s'empara de l'autorité, entra brusquement avec une armée en Austrasie, surprit Pépin par cette invasion inopinée et tailla en pièces la poignée de braves réunis à la hâte sous les étendards de ce duc. Quelques efforts de plus, et l'Austrasie était domptée sans retour. Mais Ghislemar, obligé de rentrer précipitamment en Neustrie pour y consolider son pouvoir, ne jugea point à propos de continuer la lutte. Au retour, il succomba sous le poignard d'un assassin payé, dit-on, par Waratto, qui se vengeait ainsi d'un fils dénaturé (084). Waratto reprit le gouvernement, et durant les deux années qu'il vécut encore, maintint des rapports pacifiques avec l'Austrasie (686). Sa veuve, Ansflède, eut assez d'influence pour faire passer le titre et la charge fort enviés de maire du palais à son gendre Bertaire, « homme vain et léger, disent les chroniqueurs, petit de taille et d'esprit, » dont la domination ne tarda pas à déplaire aux leudes neustriens. Ils émigrèrent en grand nombre et vinrent offrir leurs services au duc d'Austrasie, le priant de les aider dans leurs projets de vengeance. Pépin ne demandait pas mieux. Cependant, afin de ne rien brusquer, il députa vers Thierry III pour l'inviter à rappeler les proscrits dont l'Austrasie était pleine, et à les réintégrer dans leurs biens. Le roi, comme il était facile de le prévoir, refusa. Sa réponse, inspirée par Bertaire, fut une véritable provocation. «Le duc d'Autrasie voudrait, dit-il, nous renvoyer des hôtes qui l'embarrassent. Dites-lui de prendre patience; nous irons bientôt les chercher nous-mêmes. » Cette menaçante réponse fut l'objet d'une délibération nationale au mail ou champ de mai austrasien. L'assemblée vota unanimement la guerre. Pépin d'Héristal, à la tête d'une formidable armée, entra en Neustrie. Une bataille décisive fut livrée près du village de Testri, situé sur la petite rivière de Daumignon, entre Saint-Quentin et Péronne (687). Les Neustriens,
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mal commandés, luttèrent avec acharnement.
Le roi Thierry et Bertaire s'enfuirent les premiers, «laissant tous les chefs de leur armée abandonnés au tranchant du glaive.» Maïs la courageuse Ansflède, indignée de cette lâcheté, fit égorger son gendre par les compagnons mêmes de sa fuite. Thierry III arriva sain et sauf à Paris, où
il attendit le vainqueur pour se remettre à sa discrétion. Pépin d'IIéristal
lui conserva respectueusement le titre de roi, mais il prit, comme son propre bien, le gouvernement de la monarchie, les
trésors royaux, le commandement suprême de l'armée des Francs. » A dater de ce
jour, la dynastie mérovingienne était déchue de fait. Relégué dans sa villa de Maumaques, entre Compiègne et Noyon,
Thierry III fut
confié à la garde d'un leude austrasien, Norbert, qui prit le titre de
vice-maire du palais, pendant que Pépin tenait sa cour à Héristal, ou à Landen, dans ses domaines paternels. Une
fois seulement chaque année, au champ de mai national, le roi et le duc
d'Austrasie paraissaient ensemble au milieu des leudes et présidaient les délibérations. Le reste du temps, Pépin administrait seul et sans contrôle. La mort de Thierry, en 693, ne changea rien
au nouvel état de choses. Clovis III, fils aîné de ce prince, hérita de
sa royauté nominale, la conserva quatre ans, et mourut sans postérité. Son frère Childebert III fut porté sur le pavois ; il
vécut quatorze ans sous la tutelle du duc d'Autrasie, et la passa en mourant à
son fils encore au berceau, Dagobert III (711).
17. Pépin déploya d'autant plus d'énergie que la race dégénérée d'Héristai des mérovingiens se prêtait plus facilement à une existence subalterne. Il réussit à effacer les derniers vestiges des sanglantes discordes causées par l'administration d' »broïn. Les violences, les exactions, les brigandages à main armée furent réprimés sévèrement et finirent par disparaître. L'attitude des populations germaines voisines du Rhin fixa surtout l'attention de Pépin d'Héristal. A la faveur des guerres civiles de la Gaule, elles s'étaient affranchies du tribut annuel et croyaient avoir brisé pour jamais un joug odieux. La campagne de l'an 690, dirigée contre le roi des Frisons, Radbod, dont l'armée fut taillée en pièces, aboutit à la conquête de la Frise citérieure. La lutte ainsi engagée devait
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durer dix ans, avec des péripéties diverses dont le récit appartient à l'histoire profane. Pour notre sujet, il importait seulement de préciser avec exactitude la situation politique de la Frise au moment où Willibrord, avec les onze moines ses compagnons, venait y reprendre l'œuvre tant de fois interrompue de l'apostolat chrétien. Radbod vaincu n'avait plus la même puissance pour chasser les missionnaires. L'annexion de la Frise citérieure à la monarchie des Francs promettait au zèle évangélique de Willibrord un terrain dont l'accès, loin de lui être interdit, serait au contraire facilité par l'influence de Pépin d'Héristal. Dans ces conditions, il y avait lieu d'espérer un meilleur succès. « Willibrord et ses compagnons, dit le vénérable Bède, reçurent l'accueille plus favorable près de Pépin, duc des Francs. Ce prince mit à leur disposition la Frise citérieure dont il avait expulsé Radbod; il usa de son autorité souveraine pour protéger les prédicateurs de l'Évangile contre la violence et la barbarie des habitants. Ceux d'entre ces derniers qui embrassaient la foi chrétienne étaient l'objet de sa faveur. Les conversions purent donc s'opérer librement, et avec la grâce divine elles ne tardèrent pas à se multiplier1. Ainsi secondé par la bienveillance de Pépin d'Héristal, Willibrord partit pour Rome, dans le dessein de faire confirmer sa mission par le pape Sergius, et d'en obtenir des reliques pour les églises nouvelles qu'il se proposait d'ériger chez les Frisons, à mesure que ce peuple abandonnerait les temples des faux dieux. Il avait de plus à recevoir les instructions du siège apostolique, et à régler tout ce qui concernait le gouvernement des chrétientés naissantes. Le pontife Sergius lui accorda tout ce qu'il sollicitait et le renvoya comblé de bénédictions. Mais dans l'intervalle, ses compagnons avaient entre eux fait choix de Switbert, et l'avaient envoyé dans la Grande-Bretagne pour y recevoir la consécration épiscopale des mains de saint Wilfrid2. » Le sacre eut lieu : Switberl, à son retour en Germanie, se voua à l'apostolat de la Frise ultérieure, passa plus tard chez les Bructères (aujourd'hui le duché de Berg et le comté de la Marck),
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1 Bed., Hist. eccks., lib. V, cap. x; Pair, grœc, tom. XCV, col. 243. Md., lbid., cap. XI; col. 246.
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où il opéra de nombreuses conversions.
Mais ses succès furent arrêtés par une invasion de Saxons qui ravagèrent la
contrée. Switbert, vieilli par l'âge et les fatigues, ne songea plus qu'à se préparer à la mort. Il érigea un monastère dans la petite île de Kaiserswerth, voisine de Dusseldorf, dont le duc Pépin d'Héristal et sa femme
sainte Plectrude lui avaient abandonné la possession: il y mourut saintement le
1er mars 713.
18. Le voyage de saint Switbert en Grande-Bretagne, son sacre par saint Wilfrid à York, pendant que Willibrord était allé à Rome solliciter1 les pleins pouvoirs nécessaires à la nouvelle mission, constituent une irrégularité manifeste, que M. Alberdingk croit pouvoir attribuer à l'influence de Pépin d'Héristal, et à un sentiment de défiance en quelque sorte traditionnel des hommes d'état de l'époque mérovingienne contre la suprématie de Rome. Il est certain que, dans le choix des évêques, les rois francs s'attribuaient des privilèges abusifs contre lesquels nous verrons plus tard l'Église réclamer énergiquement. Toutefois le récit du vénérable Bède ne laisse soupçonner aucun dissentiment de ce genre. Willibrord, revenu de Rome simple prêtre, ne paraît avoir témoigné ni surprise ni mécontentement de la promotion de Switbert. Il s'établit à Utrecht, où il éleva une chapelle à l'usage des néophytes que l'onction de sa parole arrachait au paganisme. Une relique de la vraie croix qui lui avait été donnée par le pape, et que Willibrord y déposa, rendit bientôt cet oratoire célèbre sous le nom de Sainte-Croix. «Quelques années après, reprend le vénérable Bède, le duc Pépin, se conformant aux vœux unanimes du clergé et dn peuple, envoya de nouveau Willibrord à Rome avec des lettres où le pontife Sergius était prié de conférer à l'homme de Dieu l'archiépiscopat des Frisons. » Ce témoignage de l'annaliste anglais nous semble contredire formellement l'hypothèse du récent historien de saint Willibrord. «Le second voyage ad limina du courageux missionnaire eut lieu en 696, ajoute le vénérable Bède. Le pape voulut sacrer lui-même l'apôtre de la Frise. La cérémonie se fit solennellement le jour de sainte Cécile dans la basilique de l'illustre martyre. Sergius changea le nom païen du nouvel évêque en celui de Clément, qu'avait porté le disciple bien
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aimé de saint Pierre, et quatorze jours seulement après son arrivée à Rome, le renvoya à son église 1. » Utrecht devint dès lors la métropole de la Frise. Willibrord, sous son nom épiscopal de Clément, en fit le centre d'un apostolat fécond qui, dans une période de quarante années, s'étendit depuis les bouches du Rhin jusqu'aux bords de l'Eyder. Il fonda dans le voisinage de Trêves le monastère d'Epternach, destiné à recevoir les ouvriers évangéliques qui venaient se dévouer avec lui à la conversion des Germains ; les abbayes d'Egmont dans la Hollande septentrionale ; de Sustereu, près de la Meuse, au pays de Juliers ; de Werden, sur la Roër, non loin du Rhin. Il abattit les arbres sacrés des Frisons, renversa leurs idoles, construisit des basiliques et pénétra non sans de grands périls dans la Frise transrhénane jusqu'à l'île de Fosita (Helgoland), centre religieux et but de pèlerinage des adorateurs d'Odin. Quand Willibrord, après quarante ans d'épiscopat, mourut octogénaire, le 7 novembre 739, dans son monastère d'Epternach, la Germanie était définitivement ouverte au zèle des ouvriers évangéliques. Il laissait son héritage à l'un de ses disciples, anglo-saxon et bénédictin comme lui, Winfrid, si connu sous le nom de Boniface que lui donnèrent les papes comme expression et récompense de son dévouement2.
19. La Grande-Bretagne, qui fournissait au continent cette légion d'apôtres, méritait véritablement alors son surnom glorieux d' «Ile des saints. » Le thaumaturge Cuthbert, évêque de Lindisfarn, recevait l'onction sacrée des mains de saint Théodore de Cantorbéry. Ensemble ils rédigeaient, sous le titre de «Pénitentiel, » un code de sainteté qui résumait toutes les prescriptions canoniques alors en vigueur, et les appliquait avec discernement aux diverses conditions sociales 3. Saint Brithwald, abbé de Glastonbury, succédait à saint
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1 Bed., Hist. eccles., lib. V, cap. xi; Pair, lat., tom. XCV, col. 246-247.
2. Cf. Ozanam, La civilisation chrétienne chez les Francs; Miguet, Mémoires historiques; Alberdingk Thym, JVillibrordus aposlel cler Nederlanden.
3 S. Theodcr. Cantuar., Pamitentiale, Pair, lat., tom. XCIX, col. 927-1108. Saint Cuthbert est honoré le 20 mars; saint Théodore de Cantorbéry le 19 septembre.
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Théodore sur le siège primatial de Durovernum. Ce fut le premier anglo-saxon qui eut cet honneur, depuis la conversion des Angles par les disciples de saint Grégoire le Grand1. Toutes les familles royales de l'Heptarchie fournissaient des noms au livre d'or des élus. Sainte Héreswyde, veuve d'Anna roi des Est-Angles, venait chercher au monastère de Chelles les exemples et les leçons de la pieuse Bathilde. Sa fille Edelburge (sainte Aubierge) succédait à sainte Fare dans le gouvernement de Faremoutiers. Elle donna l'habit religieux à sainte Earcongate, fille d'Ercombert roi de Kent et de sainte Sexburge. Une petite fille de Penda, le farouche roi des Merciens dont nous avons précédemment raconté l'histoire2, sainte Mildrève, élevée au monastère de Chelles, retourna plus tard dans sa patrie pour y succéder à sainte Ermenburge sa tante, abbesse du monastère de Minsfrey. Ses deux sœurs, Milburge abbesse de Wenloch dans le comté de Shrop, Milgitbe religieuse dans la même abbaye, et leur frère Merwald sont inscrits au calendrier des saints d'Angleterre. Une sœur d'Ina roi des West-Angles, le grand législateur anglo-saxon, sainte Cuthburge, d'abord mariée au roi Northumbre AElfrid, obtint de son époux la permission de renoncer au monde et de se retirer dans l'abbaye de Barking au comté d'Essex. Elle fonda depuis le monastère de Winburn dans le comté de Dorset, où elle termina sa bienheureuse vie. Viremouth et Yarrow, à la mort de Benoit Biscop (12 janvier 690), comptaient déjà deux autres saints, enlevés à la fleur de l'âge et transportés des austérités du cloître aux splendeurs du ciel : Easterwine (saint Esufevin) et Sigfrid 3 tour à tour coadjuteurs de Benoit. Ceolfrid (saint Geoffroy alias Ceufroy), succédait à saint Benoit Biscop et avait parmi ses religieux un jeune homme de dix-sept ans qui devait être le vénérable Bède.
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1 Cf. tom. XV de cette Histoire, pag. 217-223.
2 Cf. tom. XV de cette Histoire, pag. 432.
3 Sainte
Héreswyde est honorée le 23 septembre; sainte Edelburge le 7 juillet; sainte Earcongate le même jour; sainte Sexburge le 6 juillet; sainte Mildrève le 20 février; sainte Ermenburge le 19 novembre; sainte Milburge
et saint Merwald le 23 février; sainte Milgitbe ou Milwyde le 17 janvier; sainte Cuthburge le 31 août; saint Easterwine le 7 mars; saint Sigfrid le 22
août.
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20. Les Gaules n'étaient pas moins fécondes en fruits de sainteté. La vieille Lutèce, la cité de Denys l'Aréopagite et de sainte Geneviève, avait définitivement échangé son nom antique pour celui de Paris, qu'elle devait porter à travers les âges avec des fortunes si diverses. Son peuple se pressait alors autour d'un moine thaumaturge, Méderic (saint Merry), qui, après avoir abandonné le gouvernement du monastère de Saint-Martin d'Autun, vécut vingt ans dans la solitude, et vint mourir près du tombeau de saint Ger-main-des-Prés (29 août 700). Saint Ansbert faisait revivre dans la métropole de Rouen les vertus d'Audoenus. Saint Hildevert et saint Ebrégisile, ce dernier, frère de sainte Agilberte seconde abbesse de Jouarre, illustraient tour à tour le siège épiscopal de Meaux. Trêves voyait également un saint, Basinus (saint Basin), recueillir l'héritage de son grand évêque saint Hidulphe. A Besançon saint Claude, à Worms saint Rupert, à Clermont saint Avit II et son frère Bonitus (saint Bonet) renouvelaient les vertus et les merveilles de l'âge apostolique. Les monastères d'hommes et de femmes luttaient d'héroïsme dans la carrière du dévouement et de la sanctification. Saint Amand à Lérins, saint Leufroy dans l'abbaye de Sainte-Croix, fondée par lui près d'Évreux; saint Hildebert et saint Gennade à Fontenelle; les deux époux Jean et Eulalie, fondateurs d'une double communauté de moines et de religieuses à Hasnonium (Hasnon, diocèse d'Arras) ; saint Hadelin dans les Cellœ (Celles) qu'il construisit pour ses disciples sur la rive du Lesch, près de Dinan; Godo (saint Gond), neveu de saint Wandrégisile, dans le monastère dit de l'Ange, qu'il fondait au diocèse de Troyes; le prêtre Trudo (saint Tron) à Sarcing; la sainte abbesse Anstrude, fille de sainte Salaberge, au monastère de Saint-Jean Baptiste de Laon; à Maubeuge, Aldegonde et Aldétrude, celle-là tante, l'autre soeur du saint évêque de Metz Lan dericus; Hunégonde, filleule de saint Éloi, consacrée à Dieu par le pape Vitalien qui lui donna le voile, et plus tard fondatrice de l'abbaye de Homblières, près Saint-Quentin; Landrade qui bâtit le monastère de Belise, entre Tongres et Maestricht 1; toute cette
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1 Saint Ansbert est honoré le 11 mars; saint Hildevert de Meaux le 27
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p480 PONTIFICAT DE SAINT SERGIUS I (087-701).
moisson d'élus mûrissait alors sur la terre des Gaules, et préparait les splendeurs du siècle de Charlemagne.