Le Pape à Gaete 3

Darras tome 41 p. 202

 

61. Il était environ une heure après midi, lorsque le roi et les personnes de sa suite abordèrent à Gaète. A peine descendu sur le quai, le roi aperçut le commandant de la place et lui dit: «Général ! où est le Pape ? — Sire ! je pense que le Pape est à Rome mais qu'il arrivera. — Comment, répliqua le roi, le Pape est à Gaète depuis vingt-quatre heures, et vous l'ignorez ? » Alors le chevalier Arnao qui se trouvait là avec le cardinal Antonelli s'avança au-devant du roi pour lui donner une explication conve­nable et nette. Il lui dit que le Pape se trouvait encore incognito et caché à la taverne du Jardinet.

 

Le roi chargea le cardinal et M. Arnao de conduire secrètement le Pape au pavillon royal, tandis que lui, de son côté, s'y rendrait à pied, par un autre chemin pour détourner les curieux et les empêcher de se presser sur le passage du Saint-Père.

 

Il fut fait selon ses ordres, et le Pape, aperçu de peu de monde, arriva au palais comme un simple ecclésiastique. Mais, dès l'esca­lier, il trouva à genoux le roi, ses trois frères, son beau-frère don Sébastien d'Espagne, la reine, la famille royale, toute la cour, pleurant de joie et d'attendrissement, et bénissant Dieu qui avait

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enfin daigné mettre un terme aux tribulations de son vicaire. C'est ici, conclut la comtesse de Spaur, témoin oculaire, c'est ici que commence le noble récit des actes vraiment pieux par les­quels le roi Ferdinand de Naples rendit honneur au Saint-Père pendant dix-sept mois que dura l'exil volontaire du pontife ; dans ces actes on ne saurait dire ce qu'il y eut de plus digne d'admira­tion et d'éloges, soit la piété de l'homme compatissant au mal­heur d'un autre homme, et le consolant de tout son pouvoir, soit la magnificence du prince, qui, sans égard à aucun sacrifice, n'é­pargna rien pour rendre à peu près nulles les peines de l'exil à un autre prince, soit enfin le respect du chrétien fervant qui, dans les tribulations du pontife, ne voyant que les injures faites à la religion en la personue du vicaire de Dieu, s'humilie en expiation de tant d'énormités commises par les ennemis du ciel, et se pros­terne pour eux aux pieds de Notre-Seigneur. On dirait que dans le coenr de ce roi chrétien les vertus du prince catholique et celles de l’homme  privé luttent à l'envi ; car il s'est prononcé et il a agi en souverain le plus sensible, le plus pieux de tous ceux dont les noms se conservent dans la mémoire des hommes.

 

62. Cependant le Pape s'était réfugié à Gaëte, et, comme il convient pour un Pape, confiait d'abord sa cause à Dieu. Le 29 novem­bre, dans l'église de la Trinité, devant le Saint-Sacrement, il pro­nonçait, à haute voix, la prière suivante : « Dieu tout-puissant, mon auguste Père et Seigneur, voici à vos pieds votre Vicaire très-indigne, qui vous supplie du fond de son cœur de répandra sur lui votre bénédiction. Dirigez ses pas, ô mon Dieu, sanctifiez ses intentions, régissez son esprit, gouvernez ses actes, soit sur ce rivage où, dans vos voies adorables, vous l'avez conduit, soit dans quelques autres parties de votre bercail qu'il doive chercher un asile, puisse-t-il être toujours le digne instrument de votre gloire et de la gloire de votre Église, trop en butte, hélas ! aux coups de vos ennemis !

 

«  Si pour apaiser votre colère, justement irritée par tant d'in­dignités qui se commettent en paroles, en écrits et en actions, sa vie même peut être un holocauste agréable à votre cœur, de ce

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moment il vous l'offre et la dévoue ! Cette vie, vous la lui avez donnée ; et vous, vous seul êtes en droit de la lui enlever, quand il vous plaira. Mais, ô mon Dieu, faites triompher votre gloire, faites triompher votre Église ! Confirmez les bons, soutenez les faibles, réveillez du bras de votre toute-puissance tous ceux qui dorment dans les ténèbres et les ombres de la mort !

 

« Bénissez, Seigneur, le Souverain qui est ici prosterné devant vous, bénissez sa compagne, bénissez sa famille. Bénissez tous ses sujets et sa fidèle armée. Bénissez, avec les cardinaux, tout l'Épis-copat et le Clergé, afin que tous accomplissent dans les douces voies de votre loi sainte l'œuvre salutaire de la sanctification des peuples. Avec cet espoir, nous pourrons échapper, non seulement ici-bas, dans ce pèlerinage terrestre, aux embûches des impies et aux pièges des pécheurs ; mais nous espérons aussi pouvoir met­tre le pied au rivage de l'éternelle sécurité : Ut hic et in aeternum, te auxiliante, salvi et liberi esse mereamur. »

 

Le devoir du Pontife rempli, le Souverain avait à venger son droit. C'est un honneur que Pie IX mérite entre tous; persécuté, réfugié, proscrit, prisonnier, il n'a jamais manqué à cette ven­geance du droit et à la proclamation énergique de la vérité. A rencontre de tant de souverains, qui, de nos jours ont gouverné comme s'ils ne croyaient pas à leur propre puissance, ont pactisé avec les passions comme s'ils n'avaient pas le devoir de les com­battre, ont connivé même avec les ennemis de leur trône, soi-disant pour les désarmer, en réalité pour se trahir, le chef de l'Église a pu être précipité du pouvoir, il n'a pu être empêché de parler. Le Pape n'a plus que sa parole, mais elle vient d'en haut, mais elle est l'interprète de la justice et le véhicule de la lumière; c'est pourquoi il parle à son siècle, comme ne parlera aucun autre souverain.

 

Voici la protestation de Pie IX contre la révolution romaine : «Les violences exercées contre nous ces jours derniers, et la volonté manifestée de se précipiter dans d'autres excès (que Dieu veuille éloigner ces malheurs, en inspirant des sentiments d'humanité et de modération dans les âmes !), nous ont contraint à nous séparer

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momentanément de nos sujets et de nos enfants, que nous avons toujours aimés et que nous aimons toujours.

 

   Parmi les motifs qui nous ont déterminé à cette séparation (et Dieu sait combien elle est douloureuse à notre cœur !), celui dont l'importance est la plus grande, c'est d'avoir la pleine liberté dans le l’exercice  de la puissance suprême du Saint-Siège, exercice que l'univers catholique pourrait supposer à bon droit, dans les circonstances actuelles, n'être plus libre entre nos mains. Que si une telle violence est pour nous le sujet d'une grande amertume, cette amertume s'accroît outre mesure, quand nous pensons à la tache d'ingratitude dont s'est couverte, à la face de l'Europe et du monde, une classe d'hommes pervers, et bien plus encore à la tache qu'a imprimée sur leurs âmes la colère de Dieu qui, tôt ou tard, exécute les châtiments prononcés par son Église.

 

  Dans l'ingratitude de nos enfants, nous reconnaissons la main du Seigneur qui nous frappe, et qui veut que nous expiions nos péchés et ceux des peuples. Mais nous ne pouvons, sans trahir nos devoirs, nous abstenir de protester solennellement en présence de tous (comme dans la funeste soirée du 16 novembre et dans la matinée du 17, nous avons protesté verbalement devant le corps diplomatique, qui nous avait honorablement entouré et qui a tant contribué à fortifier notre cœur) que nous avons souffert une vio­lence inouïe et sacrilège. Laquelle protestation nous entendons renouveler solennellement en la circonstance présente, à savoir, que nous avons été opprimé par la violence ; et, en conséquence, nous déclarons tous les actes qui en ont été la suite nuls et de nulle valeur ni force légale.

 

« Les dures vérités et les protestations que nous venons d'expo­ser ont été arrachées à nos lèvres par la méchanceté des hommes et par notre conscience, laquelle, dans les circonstances présentes, nous a excité avec force à l'accomplissement de nos devoirs. Tou­tefois, en présence même de Dieu, et tandis que nous le prions et supplions d'apaiser sa colère, nous avons la confiance qu'il ne nous sera pas défendu de commencer notre prière par ces paroles d'un

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saint roi et prophète : Seigneur, souvenez-vous de David et de toute sa mansuétude.

 

« Et cependant, ayant à cœur de ne pas laisser-sans chef, à Rome, le gouvernement de notre État, nous nommons une Com-missiou de gouvernement, composée des personnes suivantes:

« Le cardinal Castracane,

« Mgr Roberto-Roberti,

« Le prince de Roviano,

« Le prince de Barberini,

« Le marquis Bevilacqua de Bologne

« Le marquis Ricci de Macerata,

« Le lieutenant-général Zucchi.

 

« En confiant à ladite commission de gouvernement la direction temporaire des affaires publiques, nous recommandons à tous nos sujets et fils le calme et la conservation de l'ordre.

 

« Enfin, nous voulons et ordonnons que de ferventes prières s'élèvent chaque jour vers Dieu pour notre humble personne et pour le rétablissement de la paix dans le monde, et spécialement dans notre État et à Rome, où sera toujours notre cœur, quelle que soit la partie du bercail du Christ qui nous abrite. Et nous, comme c'est le devoir du suprême sacerdoce et avant tout nous invoquons dévotement la souveraine Mère de miséricorde, la Vierge im­maculée, et les saints apôtres Pierre et Paul, afin que, comme nous le désirons ardemment, l'indignation du Dieu tout-puissant soit éloignée de la ville et de tous nos Étals. » (1).

 

 63. Le 7 décembre, une ordonnance souveraine de Pie IX proroge les séances des deux chambres de la Consulte. Quelques jours après, le Conseil des députés nomme une junte de régence, et dé­cide bientôt la convocation d'une Assemblée constituante. Quel­ques jours auparavant, on envoyait des députations à Pie IX, pour le supplier de rentrer dans la ville Éternelle ; aujourd'hui, l'annon-

 

(1) Atti del sommo pontefi.ee, Pio nono, parte seconda, T. I, p. 232. Nous ci­tons une fois pour toutes, ce recueil de documents officiels ; c'est là qu'on trouve, en original et au complet, tous les actjs publics de Pie IX, chef de l'État pontifical.

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ce q’une constituante marque une détermination à la révolte. Un homme de peu, comme il y en a tant même sur les trônes, eut vu là une belle occasion pour faire montre de magnanimité et reculer en paraissant combattre. Le Vicaire de Jésus-Christ ne connaît pas ces habiletés-là : Est, Est ; Non, Non ; J'ai fait des réformes, mais je maintiens le droit avec son caractère absolu; et je ne ré­clame, en présence du droit, que la soumission. C'est ainsi que le Pape s'élève contre la nomination d'une junte de régence : on sent, en lisant cette protestation, que Pie IX parle en homme ceint du glaive apostolique.

 

Quelques jours après, en la fête de la Nativité du Sauveur des hommes, le Pontife recevant les hommages qui ne se présentent, parmi nous, qu'au jour de l'an, indique très explicitement où il prend les conseils de sa politique. Aux représentants des Cours étrangères, il répond: « Vicaire bien qu'indigne de l'Homme-Dieu dont nous célébrons aujourd'hui la naissance, toute la force que nous avons déployée dans les jours de l'affliction nous est venue de lui, et c'est aussi de lui que nous vient la grâce d'aimer nos sujets et fils dans le lieu où nous nous trouvons temporaire­ment, de cet amour que nous avions pour eux, lorsque nous rési­dions dans notre ville de Rome.

 

«  La sainteté et la justice de notre cause fera que Dieu inspi­rera, nous en sommes certain, de salutaires conseils aux gouver-nements que vous représentez, afin qu'elle obtienne le triomphe de l'ordre, de l'Église catholique, intéressée au plus haut degré a la liberté et à l'indépendance de son chef.»

 

   En répondant au Sacré-Collège, il s'élève plus haut encore :

« Si nous avons toujours accueilli avec satisfaction les senti­ments que vous, Seigneur Cardinal, nous avez exprimés au nom de tous vos collègues, en ce moment nous les recevrons avec émo­tion et reconnaissance, parce qu'il nous sont donnés dans ces jours d'adversité où le désir d'être soutenu et conforté est toujours plus grand. Cette assistance nous en sommes sûr, sera accordée à notre constante prière par Celui qui répand les plus douces consola­tions de cette main qui soutient les balances de la justice.  Nous

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désirons vivement, Seigneur Cardinal, que vous soyez l'interprète de nos sentiments près du Sacré-Collège tout entier, en lui témoi­gnant que nous plaçons absolument notre confiance en Dieu, afin que la tempête présente, préparée par l'esprit d'insubordina­tion et envenimée par le souffle de toutes les passions, soit calmée par le Seigneur quand les limites posées par sa souveraine sagesse seront atteintes. Ce qui peut concourir admirablemeut à hâter ce moment, c'est sans contredit les dispositions de générosité chré­tienne et de dévoument exemplaire envers notre personne et envers le Saint-Siège dont sont animés tous vos collègues. Nous prions le Seigneur dans l'humilité de notre esprit, pour qu'il dai­gne les regarder avec bonté, et leur donner les lumières nécessai­res pour préparer les triomphes de son Église. »

 

Lorsque les démagogues de Rome se voient aux prises avec cet homme de Dieu, ils perdent le sens du grand duel qu'ils entament et se précipitent vers leurs résolutions avec l'empressement d'hommes assurés d'en finir. Mais ce Pape, mystique comme un Grégoire VII, un Innocent III, et un Boniface VIII, est aussi un homme calme dans ses idées, précis dans ses actes et qui sait opposer, aux crimes de la démagogie, les revendications authen­tiques du droit.

 

A la convocation d'une constituante, Pie XI oppose les réclama­tions de droit. La révolution poursuit son cours, Pie IX continue d'élever, contre ses attentats, d'énergiques protestations. Au décret qui prononce la déchéance de la Papauté, le Pape répond, le 14 février, par un acte souverain :

 

« La série non interrompue des attentats commis contre le domaine temporel des États de l'Église, attentats préparés par l'aveuglement de plusieurs, et exécutés par ceux dont la malice et la ruse avaient de longue date, prédisposé la docilité des aveu­gles, ayant atteint le dernier degré de félonie par un décret de la soi-disant assemblée constituante romaine, en date du 9 février courant, ou l'on déclare la Papauté déchue de droit et de fait du gouvernement temporel de l'État pontifical, pour ériger un pré­tendu gouvernement de démocratie pure, sous le nom de Républi-

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p209    6. — LE PAPE SE BBTIRB A GAETB     

 

que romaine, nous met dans la nécessité d'élever de nouveau la voix contre un acte qui se présente avec les caractères multiples de l'injustice, de l'ingratitude, de la folie et de l'impiété. Entouré du Sacré Collège et en votre présence, dignes représentants des puissances et  de gouvernements amis du Saint-Siège,  nous protestons de la manière la plus solennelle contre cet acte et nous en dénonçons la nullité, comme nous l'avons fait pour les actes précédente. Vous fûtes, Messieurs, témoins des événements à jamais déplorable des journées du 15 et du 16 novembre dernier et avec nous vous les avez déplorés et condamnés. Vous avez forti­fié notre esprit dans ces jours funestes, vous nous avez suivi sur cette terre où nous a guidé la main de Dieu, qui élève et abaisse, mais n'abandonne jamais l'homme qui se confie en lui ; à ce moment encore vous nous entourez d'une noble assistance; c'est pourquoi nous nous tournons vers vous, afin que vous vouliez bien redire nos sentiments et nos protestations à vos cours et à vos gouvernements.

 

« Les sujets pontificaux étant précipités par les manœuvres toujours plus audacieuses de cette faction, ennemie funeste de la société humaine, dans l'abime le plus profond de toutes les misè­res, nous, comme Prince temporel et plus encore comme Chef et Pontife de la Religion catholique, nous exprimons les plaintes et les supplications de la plus grande partie d'entre eux, qui demande de voir briser les chaînes dont il sont écrasés. Nous demandons en même temps que l'on maintienne au Saint-Siège le droit sacré du domaine temporel dont il est depuis tant de siècles le légitime possesseur, universellement reconnu, droit qui dans l'ordre présent de la Providence, est rendu nécessaire et indispensable pour le libre exercice de l'apostolat catholique de ce Saint-Siège. L'inté­rêt si vif qui s'est manifesté dans l'univers entier, en faveur de notre cause, est une preuve éclatante qu'elle est la cause de la justice ; c'est pourquoi nous n'oserions même pas douter qu'elle ne soit accueillie avec  toute sympathie et  une bienveillance entière par les respectables nations dont vous êtes les représen­tants ».

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L'histoire s'associe à toutes les protestations du Pape et ne peut que flétrir les attentats de ceux, rois ou démagogues, qui obligent le Pape à réprouver leurs crimes. Ce qu'ils veulent, disent-ils, c'est la résurrection de l'Italie, il n'y a pas d'exemple de renais­sance d'aucun empire, depuis ceux des Assyriens, des Mèdes et des Perses jusqu'à nos jours. Lorsque le terme de la grandeur, marqué dans le livre de la Providence, est venu, ils tombent, et leur chute est irrémédiable. Une seule terre a été privilégiée et mit exception au système que Dieu paraît avoir décrété pour le gouvernement temporel du monde. Cette terre, c'est l'Italie ; elle est vraiment ressuscitée, et la renaissance date du jour ou la puis­sance de l'Église s'éleva au milieu des ruines de l'empire romain et de la décadence de l'empire d'Orient. La gloire qu'apporte à l'Italie le siège du souverain pontife surpasse infiniment tout l'éclat de l'ancienne république de Rome et toutes les splendeurs de son empire.

 

Les sciences, les arts, la civilisation fleurirent sous la protec­tion de cette autorité bienfaisante, pour se répandre, de l'Italie, sur le monde. En Italie est placée par Dieu la capitale de cette auguste puissance ; en Italie tous les peuples viennent vénérer une si haute majesté ; et ceux qui ne partagent pas nos croyances y viennent au moins pour lui offrir le tribut de leur admiration. Ce n'est pas assez pour assouvir les désirs et les passions de ceux qui rêvent d'autres gloires ; ils portent envie aux consuls romains triomphant au capitole et plus encore peut-être aux tribuns qui déliraient sur le forum. Ils sont eux-mêmes dès à présent dans le délire, car ils ne votent pas que l'Italie ne pourra jamais renaîtra ni plus belle, ni plus heureuse, ni plus grande, ni plus glorifiée que ne l'est l'Italie des Papes, sous le rapport, au moins, de l'in­térêt le plus cher, de la gloire la plus sublime à laquelle il soit donné aux hommes de parvenir.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon