LETTRE XII (1)

LETTRE XII (1)

 

Saint Augustin reprend la question qu'il avait commencé de traiter dans la lettre précédente.

 

AUGUSTIN A NÉBRIDE.

 

   1. Vous prétendez m'avoir envoyé plus de lettres que je n'en ai reçu effectivement. Mais je dois vous croire, comme je ne doute pas que vous me croyiez vous‑même dans mes affirmations. Bien que le nombre de mes réponses ne soit pas égal à celui de vos lettres, je mets autant de soin à conserver les vôtres que vous à les multiplier. Vous n'avez reçu de moi que deux grandes lettres et non trois : c'est un point sur lequel nous sommes d'accord. En repassant

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(1) Ecrite l'an 389. ‑ Cette lettre était la 269e dans les éditions antérienres à l'édition des Bénédictins, et celle qui était la 12e se trouve maintenant la 672.

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p268

 

votre correspondarce, je vois que j'ai presque répondu à cinq de vos questions; il en est une cependant que je n'ai fait qu'effleurer; j'avais bien là‑dessus le droit de compter sur la pénétration de votre esprit, pourtant j'avouerai que, peut‑être, je n'ai pas satisfait entièrement à votre avidité. Il faut la refréner un peu et vous contenter parfois de mes courtes réponses. Si cependant, en épargnant trop mes paroles, je ne parviens pas à me faire comprendre, ne m'épargnez pas : c'est le droit de l'amitié, il est pour moi le plus sacré de tous; rien ne m'est plus agréable que d'y faire honneur, vous pourrez exiger que je paie tout ce que je vous dois. Vous compterez cette lettre parmi mes plus petites ; elle diminuera néanmoins le nombre des réponses que j'ai encore à vous faire et que vos moindres lettres augmentent sans cesse. Quant à ce que vous demandez touchant le Fils de Dieu, c'est‑à‑dire pourquoi il a revêtu la nature humaine plutôt que le Père, puisqu'ils sont inséparables l'un de l'autre; vous répondrez vous‑même facilement à cette question, si vous vous rappelez nos entretiens dans lesquels, autant que je l'ai pu (car c'est un mystère ineffable), je vous ai expliqué ce qu'est le Fils de Dieu qui s'est uni à nous, Pour y revenir ici en quelques mots, je vous dirai que le Fils est cette forme de Dieu, cette raison suprême par laquelle toutes choses ont été faites. Or, tout ce qui a été fait par cet homme uni à la nature divine, l'a été pour nous instruire et nous former (1) …………………………………………………………………………………………….

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