Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le livre?
1.II.1938. Je me sens aujourd'hui un peu moins bien, cependant je participe encore à la vie commune de toute la Congrégation. Je m'impose là de grands efforts, Toi seul le sais, Jésus. Aujourd'hui j'ai pensé ne pas pouvoir tenir au réfectoire pendant tout le déjeuner. Chaque bouchée de nourriture me causait des douleurs énormes.
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Lorsque j'entrai un moment à la chapelle, le Seigneur m'a fait connaître que parmi les âmes choisies il y en a qui le sont particulièrement et qu'il appelle à une plus haute sainteté, à une exceptionnelle union avec Lui. Ce sont là des âmes séraphiques, Dieu exige d'être plus aimé par elles que par les autres âmes; et quoique toutes vivent dans des couvents, cependant Il exige parfois d'une âme en particulier ce surplus d'amour. Une telle âme comprend cet appel, car son Dieu le lui fait connaître intérieurement, mais elle peut cependant le suivre ou non; il dépend d'elle d'être fidèle aux inspirations du Saint-Esprit ou bien d'y résister. Cependant j'ai appris qu'il existe un endroit au purgatoire où les âmes rendent compte à Dieu de ce genre de fautes: c'est le plus dur de tous les supplices. L'âme particulièrement marquée par Dieu (134) se distinguera partout, aussi bien au ciel qu'au purgatoire ou en enfer. Au ciel elle se distinguera des autres âmes par une gloire et une clarté plus grandes et une plus profonde connaissance de Dieu; au purgatoire - par une plus profonde douleur, car elle connaît plus profondément et désire plus vivement Dieu; en enfer - elle souffrira plus que les autres âmes car elle sait Qui elle a perdu; cette empreinte de l'amour exclusif de Dieu restera toujours gravée en elle.
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P521 Cinquième Cahier
2.II.1938. Obscurité de l'âme. C'est aujourd'hui la fête de la Mère de Dieu, et en mon âme, il fait si sombre. Le Seigneur s'est caché, et moi je suis seule, toute seule. Mon esprit est si obscurci, que je ne vois alentour que des spectres; aucun rayon de lumière ne pénètre mon âme, je ne me comprends pas moi-même, ni ne comprends ceux qui me parlent. De terribles tentations (135) m'assaillent quant à la sainte foi. Ô mon Jésus, sauve-moi. Je ne peux rien dire de plus. Je ne peux les décrire en détail, car je crains que quelqu'un ne soit scandalisé en les lisant. Je me suis étonnée que de tels tourments puissent atteindre l'âme. Ô ouragan, que fais-tu de la barque de mon cœur? Cette tempête a duré tout un jour et une nuit. Lorsque la mère supérieure est venue me voir et m'a demandé: «Ne voudriez-vous pas profiter, ma sœur, de la présence du Père Andrasz, car il va confesser?» - J'ai répondu que non. Il me semblait que le père ne serait pas en état de me comprendre, et que moi je ne serais pas en état de me confesser. J'ai passé toute la nuit avec Jésus à Gethsémani. De ma poitrine, ne sortait qu'un gémissement de douleur. Une agonie naturelle serait plus légère, car là on agonise et on finit par mourir, mais ici on agonise et on ne peut mourir. Ô Jésus, je ne pouvais imaginer que cette sorte de souffrance puisse exister. Le néant - c'est la réalité. Ô Jésus, sauve-moi, je crois en Toi de tout mon cœur, j'ai vu tant de fois la clarté de Ta face, mais maintenant - où es-Tu, Seigneur? Je crois, je crois et encore une fois, je crois (136) en Toi, Dieu unique, en la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, ainsi qu'en toutes les vérités que Ta Sainte Église me donne à croire. Cependant, l'obscurité ne se dissipe pas et mon âme se trouve plongée dans une agonie encore plus grande. Et à ce moment-là, un si terrible supplice m'avait envahie que je m'étonne maintenant moi-même de n'avoir pas rendu l'âme - mais ce ne fut qu'un court instant.
A ce moment-là j'ai vu Jésus, de Son Cœur sortaient ces deux mêmes rayons et ils m'enveloppèrent tout entière. Au même moment, mes tourments disparurent. Ma fille - dit le Seigneur - sache que de toi-même tu es ce que tu as vécu maintenant; ce n'est que par ma grâce que tu participes à la vie éternelle, et à tous les dons que je t'accorde généreusement. Et avec ces paroles du Seigneur je reçus
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P522 PETIT JOURNAL de Sœur Faustine
une véritable connaissance de moi-même. Jésus me donne une leçon de profonde humilité et en même temps de confiance totale en Lui. Mon cœur est réduit en cendres, en poussière, et même si tous les gens devaient me fouler aux pieds, je considérerais encore cela comme une (137) grâce.