soeur Faustine 134

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le livre?

 

   (14) 25.III. 1937. Jeudi Saint. Durant la sainte messe j'ai vu le Seigneur qui m'a dit: Mets ta tête sur ma poitrine et repose-toi. Le Seigneur m'a étreinte sur Son Cœur et m'a dit: Je vais te donner une parcelle de ma passion, mais n'aie pas peur, sois vaillante, ne cherche pas de soulagement, mais accepte tout en t'abandonnant à ma volonté.

   Lorsque Jésus prit congé de moi, une si grande douleur m'étreignit l'âme, qu'il m'est impossible de l'exprimer. Les forces physiques m'abandonnèrent, je suis vite sortie de la chapelle et me suis mise au lit. Je perdis la notion de ce qui se passait autour de moi, mon âme soupirait après le Seigneur, et toute l'amertume de Son Cœur divin se transmit à moi. Cela dura trois heures environ. J'ai prié le Seigneur qu'il m'abrite des regards de l'entourage. Malgré mon désir, je n'ai pu m'alimenter de toute la journée jusqu'à ce que le soir soit venu.

   Je désirais ardemment passer toute la nuit dans le reposoir335 avec le Seigneur Jésus. J'ai prié jusqu'à onze heures, à onze heures le Seigneur m'a dit: Va t'allonger et prendre du repos, je t'ai fait vivre en trois heures ce que j'ai souffert toute une nuit. Et je me suis immédiatement mise au lit.

   Je n'avais plus aucune force physique, le supplice me les a complètement enlevées. Pendant tout ce temps, je fus comme évanouie, chaque frémissement du Cœur de Jésus se répercutait dans mon cœur et transperçait mon âme. Même si ces tortures m'avaient concernée seule, j'aurais moins souffert, mais quand je regarde Celui que mon cœur a aimé de toutes ses forces, qu'il souffre et que je ne peux en rien Le soulager, mon cœur se dissout dans l'amour et l'amertume. J'agonisais avec Lui, mais je ne pouvais trépasser; mais je n'échangerais pas ce martyre pour toutes les jouissances du monde entier. Dans cette souffrance, mon amour s'accrut de façon inconcevable. Je sais que le Seigneur m'a soutenue de Sa toute-puissance, car autrement je

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 P379                       Troisième Cahier

 

n'aurais pu tenir un seul instant. J'ai subi toutes sortes de supplices en même temps que Lui de façon particulière. Le monde ne connaît pas encore tout ce que Jésus a souffert. (15) Je L'ai accompagné au Jardin et au cachot, devant les juges, j'étais avec Lui dans chacun de Ses supplices; pas un de Ses mouvements, pas un de Ses regards ne m'échappa, j'ai connu la toute-puissance de Son amour et de Sa miséricorde envers les âmes.

   26.111.1937. Vendredi. Dès le matin, j'ai ressenti dans mon corps le supplice de Ses cinq plaies. Cette souffrance dura jusqu'à trois heures. Quoiqu'extérieurement il n'y ait aucune trace, ces supplices n'en sont pas moins douloureux. Je me réjouis de ce que Jésus me tienne à l'abri des regards humains.

   A onze heures, Jésus me dit: Mon hostie, tu es un doux soulagement pour mon cœur torturé. J'ai cru qu'après ces paroles mon cœur allait brûler. Il me fit entrer dans une si étroite union avec Lui, et mon cœur épousa Son Cœur avec amour et je ressentais Ses plus légers frémissements et Lui les miens. Le feu de mon amour, une fois créé, fut uni au feu de Son amour éternel. Cette grâce, par son immensité, dépasse toutes les autres. Sa qualité Trine m'envahit toute et je suis entièrement plongée en Lui, c'est comme si ma petitesse luttait avec ce Puissant immortel. Je suis plongée en un inconcevable amour et en un inconcevable supplice à cause de Sa passion. Tout ce qui touche à Son Essence se transmet également à moi.

   Jésus m'avait fait connaître et pressentir cette grâce, mais aujourd'hui Il me l'a accordée. Je n'aurais même pas osé rêver de cette grâce. Mon cœur est comme en une perpétuelle extase, quoiqu'extérieurement rien ne m'empêche de fréquenter mon prochain ni de vaquer à mes occupations. Rien n'a le pouvoir d'interrompre mon extase, ni personne n'est en état de la soupçonner, car je L'ai prié de bien vouloir m'abriter des regards humains. Et avec cette grâce, une mer de lumière de connaissance de Dieu et de moi-même pénétra dans mon âme; et l'étonnement m'envahit toute et m'amène comme à une nouvelle extase, suscitée par le fait que Dieu ait daigné s'abaisser jusqu'à moi, si petite.

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P380          PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

   (16)  + A trois heures, j'ai prié les bras en croix pour le monde entier. Jésus terminait déjà Sa vie mortelle, j'ai entendu Ses sept paroles, puis Il me regarda et dit: Bien-aimée fille de mon cœur, tu m'es un soulagement parmi de terribles supplices.

   Jésus m'ordonne de faire une neuvaine avant la fête de la Miséricorde et je dois la commencer aujourd'hui pour la conversion du monde entier et la connaissance de la miséricorde divine. - Pour que chaque âme glorifie ma bonté. Je désire la confiance de mes créatures, exhorte les âmes à une grande confiance en mon insondable miséricorde. Que l'âme faible et pécheresse ne craigne pas de s'approcher de moi, car même si elle compte plus de péchés qu'il n'y a de grains de sable sur terre, tout sombrera dans l'abîme de ma miséricorde.

   Lorsque Jésus rendit le dernier soupir, mon âme fut broyée par la douleur, et durant un long moment je ne pus revenir à moi. Je trouvai dans les larmes une sorte de soulagement. Celui que chérissait mon cœur agonise. Quelqu'un peut-il concevoir ma douleur?

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon