soeur Faustine 112

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le livre?

 

P297                   Deuxième Cahier

   Dieu fait clairement connaître à l’âme, combien Il l’aime, comme si elle seule était l’objet de Ses prédilections. L’âme le perçoit de façon nette et comme sans voile, elle s’élance de tout son élan vers Dieu, mais elle se sent enfant; elle sait que c’est au-delà de ses forces, c’est pourquoi Dieu s’abaisse vers elle et s’unit à elle d’une manière... ici je dois me taire, car ce que l’âme éprouve - je ne sais le décrire.

   C’est une chose étrange, que bien qu’éprouvant cette union avec Dieu, l’âme ne sait ni la décrire exactement, ni la définir, et cependant quand elle rencontre une âme semblable, elles se comprennent étrangement l’une l’autre dans ces choses, sans beaucoup se parler. L’âme unie de cette manière à Dieu reconnaît facilement une âme semblable à elle, quoique (182) celle-ci ne lui ait pas découvert son état intérieur, mais ait parlé tout simplement avec elle; c’est comme une parenté spirituelle. Les âmes unies de telle façon à Dieu ne sont pas nombreuses, moins qu’on ne le pense.

   J’ai remarqué que Dieu accorde cette grâce aux âmes dans deux buts: le premier, c’est quand l’âme doit accomplir une grande œuvre qui humainement parlant dépasse absolument ses forces. Dans le second cas, j’ai remarqué que Dieu l’accorde pour conduire et tranquilliser ces âmes, quoique le Seigneur puisse accorder cette grâce, comme il Lui plaît et à qui il Lui plaît. Cependant j’ai remarqué cette grâce chez trois prêtres. L’un d’eux est un prêtre séculier, les deux autres des prêtres réguliers; et deux religieuses, mais pas au même degré.

   Quant à moi, j’ai reçu cette grâce pour la première fois et pendant un moment très court à l’âge de dix-huit ans288, durant l’octave de la Fête-Dieu, pendant les vêpres, quand je fis au Seigneur Jésus le vœu (183) de chasteté perpétuelle. Je vivais encore dans le monde, mais je devais bientôt entrer au couvent. Cette grâce dura un moment très court, mais la force de cette grâce est grande. Après cela, il y eut un long intervalle. Je recevais, il est vrai, durant cet intervalle beaucoup de grâces, mais elles étaient d’un autre ordre. C’était une période d’épreuves et de purification. Ces épreuves étaient si douloureuses que mon âme ressentit un complet délaissement de la part de Dieu et fut plongée dans de grandes ténèbres. Je remarquai et je compris que

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P298           PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

personne ne saurait me conduire hors de cette tourmente, ni me comprendre. Il y eut deux moments, où mon âme fut plongée dans le désespoir, une fois durant une demi-heure, l’autre, trois quarts d’heure. Quant aux grâces, je ne puis en décrire exactement la grandeur, de même en ce qui concerne les épreuves divines, même si j’utilisais je ne sais quelles paroles, tout n’en est qu’un pâle reflet. Cependant, de même que le Seigneur m’a plongée dans les tourments, ainsi m’en a-t-il fait sortir. Cela a cependant duré plusieurs années, et à nouveau j’ai reçu cette exceptionnelle grâce d’union (184) qui dure jusqu’à présent. Cependant dans cette seconde union, il y eut aussi quelques courtes interruptions. Mais maintenant, depuis un certain temps, je n’éprouve plus aucune interruption, mais je me plonge de plus en plus profondément en Dieu. La grande lumière, dont est illuminée la raison permet de connaître la grandeur de Dieu, non que je puisse reconnaître un par un Ses attributs comme autrefois, non - ici c’est différent: en un moment je reconnais toute l’Essence de Dieu.

   L’âme, au même moment, sombre tout entière en Lui et éprouve un bonheur aussi grand que celui des élus dans le ciel. Quoique les élus dans le ciel voient Dieu face à face et soient complètement heureux, complètement - cependant leur connaissance de Dieu n’est pas égale, Dieu me l’a fait connaître. Cette plus profonde connaissance commence ici sur terre par la grâce, mais dépend aussi en grande partie de notre fidélité à cette grâce. Cependant l’âme qui éprouve cette grâce inconcevable de l’union, ne peut pas dire qu’elle voit Dieu face à face, ici aussi il reste le voile ténu de la foi, mais tellement ténu (185) que l’âme peut dire - elle voit Dieu et elle parle avec Lui. Elle est divinisée. Dieu laisse voir à l’âme à quel point Il l’aime, et l’âme voit que des âmes meilleures et plus saintes qu’elle n’ont pas reçu cette grâce, et à cause de cela un saint étonnement s’empare d’elle et l’entretient dans une profonde humilité, la plongeant dans son néant et dans une sainte stupéfaction, et plus elle s’abaisse et plus étroitement Dieu S’unit à elle, et s’abaisse vers elle. L’âme à ce moment-là est pour ainsi dire cachée, ses sens sont inertes, à un moment donné, elle reconnaît Dieu et sombre en Lui. Elle reconnaît toute la profondeur de

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l’inconcevable, et plus cette connaissance est profonde plus ardemment l’âme Le désire.

   La réciprocité de l’âme avec Dieu est grande. Quand l’âme sort de sa retraite, ses sens goûtent quelque peu aux délices qu’elle a éprouvées, cependant ceci aussi est une grande grâce de Dieu, mais elle n’est pas purement spirituelle; au début les sens n’y participent pas. Chaque grâce donne à l’âme force et vigueur pour l’action, courage pour la souffrance. L’âme sait bien ce que Dieu veut d’elle et elle remplit (186) Sa sainte volonté, malgré les contrariétés. Cependant, l’âme ne peut pas agir seule en ces choses, elle doit suivre le conseil d’un confesseur éclairé, car autrement elle peut errer ou bien n’en retirer aucun profit.

   + Je comprends bien, ô mon Jésus, que comme la maladie se mesure à l’aide d’un thermomètre et qu’une forte fièvre nous indique la gravité de la maladie, ainsi dans la vie spirituelle, la souffrance est le thermomètre qui mesure l’amour de Dieu dans l’âme.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon