soeur Faustine 94

   Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   21.XII.1935. A un certain moment mon confesseur235 me dit de venir voir une maison pour savoir si c’est celle que j’ai vue dans ma vision. Quand je suis allée avec lui voir cette maison236, ou plutôt ces ruines, au premier coup d’œil je reconnus celles que j’avais vues dans ma vision. Quand j’ai touché les planches qui étaient clouées à la

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place des portes, au même moment une force pénétra mon âme tel un éclair me donnant (42) une ferme assurance. Je m’éloignai vite de ce lieu, l’âme remplie de joie; il me semble que c’est comme si une force me clouait à cet endroit. Je me réjouis énormément de voir une entière concordance avec ce que j’ai vu en vision. Quand le confesseur me parla de l’arrangement des cellules et d’autres choses, je reconnus tout pareil à ce que m’a dit Jésus; je me réjouis profondément que Dieu agisse par lui, mais je ne m’étonne guère que Dieu lui donne tant de lumière, car c’est dans un cœur pur et humble que Dieu habite, Lui qui est la lumière même, et toutes les souffrances et les contrariétés servent à montrer la sainteté de l’âme. A mon retour à la maison, je suis entrée tout de suite dans notre chapelle pour me reposer un instant, tout à coup j’ai entendu ces paroles dans mon âme: N’aie peur de rien, je suis avec toi, ces affaires sont entre mes mains et je les réaliserai selon ma miséricorde, et à ma volonté rien ne peut s’opposer.

 

    (43)                                     Année 1935. Vigile de la Nativité.

 

   Dès le matin, mon esprit fut plongé en Dieu. Sa présence me pénétrait. Le soir, avant le dîner, j’entrai un instant dans la chapelle, voulant partager aux pieds du Seigneur Jésus l’oplatek avec ceux qui sont au loin, que Jésus aime beaucoup et à qui je dois tant. Au moment où je partageais l’oplatek avec une certaine personne, j’entendis ces paroles dans mon âme: Son cœur est pour moi un ciel sur terre. - Quand je sortais de la chapelle, la toute-puissance de Dieu m’enveloppa d’un seul coup. Je reconnus alors à quel point Dieu nous aime; oh, si les âmes pouvaient le concevoir et le comprendre, ne serait-ce qu’en partie.

            

Le  jour de la Nativité

 

   Messe de Minuit. Pendant la sainte messe, je vis à nouveau le Petit Enfant Jésus extrêmement beau, qui tendait, avec joie. Ses petites

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mains vers moi. (44) Après la sainte Communion, j’entendis ces paroles: Je suis toujours dans ton cœur, non seulement au moment où tu me reçois dans la sainte Communion, mais toujours. - Je passais ces fêtes dans une grande allégresse.

   O Sainte Trinité, Dieu éternel, mon esprit sombre dans Ta beauté, les siècles ne sont rien devant Toi, Tu es toujours le même. Oh! comme Ta majesté est grande. Jésus, pourquoi caches-Tu Ta majesté, pourquoi as-Tu quitté le trône du ciel et demeures-Tu avec nous? Le Seigneur me répondit: - Ma fille, l’amour m’a fait venir et l’amour me retient. Si tu savais, ma fille, comme sont grands le mérite et la récompense pour un acte de pur amour envers moi, tu mourrais de joie. Je te le dis pour que perpétuellement tu t’unisses à moi par l’amour, car tel est le but de la vie de ton âme; cet acte consiste en un acte de volonté; sache que l’âme pure est humble; (45) quand tu t’humilies et t’abîmes devant ma majesté, alors je te poursuis de mes grâces, j’emploie ma toute-puissance à t’élever.

   A un certain moment, quand mon confesseur me demandait de réciter comme pénitence le Gloire au Père, cela me prenait beaucoup de temps et parfois je commençais et ne finissais pas, car mon esprit s’unissait à Dieu et je ne pouvais m’y tenir, mais je suis parfois envahie malgré moi par la toute-puissance de Dieu, et je suis entièrement plongée en Lui par amour et alors, je ne sais plus ce qui se passe autour de moi. Quand j’ai dit au confesseur que cette courte prière me prenait souvent beaucoup de temps et que parfois je ne pouvais la terminer, le confesseur m’ordonna de la dire tout de suite dans le confessionnal. Cependant mon esprit sombre en Dieu et je ne peux penser ce que je veux malgré mes efforts; mais mon confesseur me dit - «Veuillez répéter avec moi.» (46) J’ai répété chaque mot, mais en prononçant chaque mot, mon esprit se plongeait en la Personne que je nommais.

   A un certain moment Jésus me dit d’un certain prêtre, que ces années seraient l’ornement de son sacerdoce; les jours de souffrances semblent toujours plus longs, mais ils passent aussi, quoiqu’ils s’écoulent si lentement que souvent il nous semble qu’ils reculent plutôt, et cependant leur fin est proche, et après, la joie éternelle et inconce-

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vable. L’éternité - qui concevra et comprendra au moins ce seul mot qui provient de Toi, ô Dieu inconcevable, c’est-à-dire l’éternité.

   Je sais que les grâces que Dieu m’accorde, sont parfois exclusivement pour certaines âmes, en avoir conscience me remplit d’une grande joie; je me réjouis toujours du bien d’autres âmes, comme si je le possédais moi-même.

   (47) A un certain moment le Seigneur me dit: Je suis plus profondément blessé par les petites imperfections des âmes choisies que par les péchés des âmes vivant dans le monde. - J’ai eu beaucoup de peine que Jésus éprouve des souffrances de la part des âmes choisies et Jésus me dit: - Ces petites imperfections ne sont pas tout, je vais te dévoiler le secret de mon cœur, ce que je souffre de la part des âmes choisies - l’ingratitude d’une âme choisie pour tant de grâces est la continuelle nourriture de mon cœur. Leur amour est tiède, mon cœur ne peut pas le supporter, ces âmes me forcent à les rejeter loin de moi. D’autres ne se fient pas à ma bonté et ne veulent pas en ressentir la douce intimité dans leur propre cœur, mais elles me cherchent quelque part dans le lointain et ne me trouvent pas. Ce manque de foi en ma bonté me blesse le plus. Si ma mort ne vous a pas convaincus de mon amour, qu’est-ce qui vous convaincra? Souvent une âme me blesse mortellement et ici personne ne me consolera. (48) Elles emploient mes grâces pour m’offenser. Il y a des âmes qui méprisent ma grâce, ainsi que toutes les preuves de mon amour; elles ne veulent pas entendre mon appel, mais vont dans le gouffre infernal. Cette perte des âmes me plonge dans une tristesse mortelle. Ici je ne puis porter aucun secours à l’âme quoique je sois Dieu, car elle me méprise; ayant le libre arbitre, elle peut me mépriser ou m’aimer. Toi, dispensatrice de ma miséricorde, parle au monde entier de ma bonté et ainsi tu consoleras mon cœur.

   Je te dirai le plus quand tu me parleras dans les profondeurs de ton cœur; là personne ne peut empêcher mon action, là je me repose comme dans un jardin fermé.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon