soeur Faustine 81

  Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

    (180) V.1935. Pendant l'office des quarante heures189, j'ai vu la face de Jésus dans la sainte Hostie exposée dans l'ostensoir; Jésus regardait tout le monde avec bienveillance.

   Je vois souvent l'Enfant Jésus pendant la sainte messe. Il est extrêmement beau et paraît avoir à peu près un an. Quand un jour, dans notre chapelle, je vis ce même Enfant pendant la sainte messe, un désir fou et une envie irrésistible me prirent de m'approcher de l'autel et de prendre dans mes bras l'Enfant-Jésus. Or à ce moment, l'Enfant Jésus vint près de moi, près de mon prie-Dieu et de Ses deux petites mains Il s'appuya sur mon épaule - gracieux et joyeux, le regard profond et pénétrant. Cependant quand le prêtre rompit l'Hostie, Jésus revint sur l'autel et II fut rompu et consommé par ce prêtre.

   Après la sainte Communion, j'ai vu ce même Jésus dans mon cœur, et pendant toute la journée je Le sentais physiquement vraiment dans mon cœur. Un très profond recueillement m'enveloppait à mon insu, et je ne parlais à personne, j'évitais, autant que possible, la présence

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des gens, je répondais toujours aux questions concernant mes devoirs, en dehors de cela, pas un mot.

   9.VI.1935. La Pentecôte. Le soir, passant par le jardin, j'ai entendu ces paroles: Tu vas t'efforcer par la prière avec tes compagnes d'obtenir la miséricorde pour toi-même et pour le monde. J’ai compris que je ne resterai pas dans la Congrégation où je suis maintenant190. Je vois clairement qu'il y a pour moi une autre volonté divine; cependant je m'excuse sans cesse devant Dieu, Lui disant que je suis incapable d'accomplir cette œuvre. - Jésus, Tu sais bien ce que je suis - puis j'ai commencé à énumérer mes faiblesses devant le Seigneur, et je me cachais derrière elles pour qu'il reconnaisse que mon refus était fondé, et que je suis incapable d'accomplir (181) Ses desseins. Alors j'entendis ces paroles: N'aie pas peur, je compléterai moi-même tout ce qui te manque. Ces mots me pénétrèrent jusqu'au fond de moi-même et je compris mieux encore ma misère, je compris que la parole du Seigneur est vivante et qu'elle pénètre jusqu'au fond de l'âme. J'ai compris que Dieu exige de moi un genre de vie plus parfait, cependant, je continuai à m'excuser à cause de mon incapacité.

   29.VI. 1935. Lorsque je parlai avec le directeur191 de mon âme des divers points que le Seigneur exigeait de moi, je pensais qu'il me répondrait que j'étais incapable d'accomplir ces choses, que le Seigneur Jésus n'emploie pas des âmes aussi misérables que moi pour aucune des œuvres qu'il veut réaliser. Pourtant j'ai entendu ces mots, que Dieu choisit justement le plus souvent ces âmes-là pour réaliser Ses desseins. Ce prêtre, guidé par l'Esprit de Dieu, a pénétré les secrets de mon âme, les secrets les plus cachés qui existaient entre Dieu et moi dont je ne lui avais encore jamais parlé, et je n'en avais pas parlé, car je ne les comprenais pas bien moi-même, et que le Seigneur ne m'avait pas donné formellement l'ordre d'en parler. Voilà ce secret, Dieu exige qu'il y ait une congrégation qui annoncera Sa miséricorde au monde et qui par ses prières l'obtiendra pour le monde. Quand le prêtre me demanda si je n'avais pas de telles inspirations, j'ai répondu que je n'avais pas d'ordres précis, cependant en un instant, une lumière pénétra mon âme et je compris que le Seigneur par-

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lait par sa bouche; je me défendis en vain disant que je n'avais pas d'ordre formel car, vers la fin de la conversation, j'aperçus le Seigneur Jésus sur le seuil, ainsi qu'il est peint sur l'image, qui me dit: Je désire qu'une telle congrégation192 existe. Cela n'a duré qu'un instant. (182) Pourtant, je n'en ai pas parlé tout de suite, mais j'étais pressée de rentrer à la maison et je répétais constamment au Seigneur: Je ne suis pas capable d'accomplir Tes desseins, ô Dieu. Cependant, chose curieuse, Jésus ne faisait pas attention à mes appels, mais Il m'éclaira et me fit comprendre combien cette œuvre Lui était agréable, Il ne tenait pas compte de ma faiblesse mais Il m'a fait connaître combien j'aurai de difficultés à surmonter. Et moi, Sa pauvre créature, je ne savais rien dire d'autre que: je suis incapable, ô mon Dieu.

   30.VI. 1935. Le lendemain pendant la sainte messe, tout au commencement, j'ai vu Jésus dans une beauté indescriptible. Il me dit qu'il exige qu'une telle congrégation soit fondée au plus tôt - et tu vas y vivre avec tes compagnes. Mon esprit sera la règle de votre vie. Votre vie doit me prendre pour modèle, depuis la crèche jusqu'à la mort sur la croix. Pénètre mes mystères et tu découvriras l'abîme de ma miséricorde envers les créatures et mon insondable bonté - et tu la feras connaître au monde. Par tes prières, tu vas être l'intermédiaire entre la terre et le ciel.

   Alors vint le moment de communier, Jésus disparut et j'ai vu une grande clarté. Soudain j'ai entendu ces paroles: Nous te donnons notre bénédiction - à cet instant, un rayon lumineux sortit de cette clarté et transperça mon cœur, un feu étrange s'alluma dans mon âme -je pensais que j'allais mourir de joie et de bonheur; je sentais que mon âme se détachait de mon corps, je sentais que j'étais complètement plongée en Dieu, je sentais que le Tout-Puissant m'emportait comme un grain de poussière dans des espaces inconnus.

   Frémissante de bonheur dans les bras du Créateur, je sentais qu'il me soutenait Lui-même pour que je puisse supporter l'immensité de ce bonheur et contempler Sa majesté. Je sais maintenant que s'il ne m'avait pas (183) fortifiée d'avance par Sa grâce, mon âme n'aurait pu supporter ce bonheur et que la mort aurait suivi un instant après. La sainte messe finit je ne sais quand, car il n'était pas en mon pouvoir de

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faire attention à ce qui se passait dans la chapelle. Cependant, quand je repris mes sens, je sentis que j'avais la force et le courage d'accomplir la volonté divine, rien ne me semblait difficile et, tandis qu'auparavant je m'excusais devant le Seigneur, maintenant, ressentant en moi le courage et la force du Seigneur qui vit en moi, je Lui ai dit: Je suis prête, quel que soit le signe de Ta volonté. - Intérieurement, j'avais vécu tout ce que l'avenir me réservait.

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   A un certain moment193, quand ce tableau était exposé sur l'autel pendant la procession de la Fête-Dieu, quand le prêtre y déposa le Très Saint Sacrement et que le chœur commença à chanter, les rayons de l'image traversèrent la sainte Hostie et se répandirent sur le monde entier. Alors j'entendis ces paroles: Par toi, comme par cette Hostie, les rayons de la miséricorde passeront sur le monde. (184) A ces mots une grande joie envahit mon âme.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon