Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi) Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?
P184 PETIT JOURNAL de Sœur Faustine
Le soir, j'étais déjà à Varsovie. J'ai d'abord salué le Maître de la maison178 puis toute la Congrégation. Avant d'aller dormir, je suis venue dire bonsoir au Seigneur lui demandant pardon d'avoir si peu parlé avec Lui pendant mon séjour à la maison et alors j'entendis cette voix dans mon âme: Je suis très content que tu n'aies pas parlé avec moi, car tu as fait connaître ma bonté aux âmes, et tu les as éveillées à mon amour.
La mère supérieure179 me dit que le lendemain, nous irions toutes deux à Jôzefinek180 - «et vous aurez l'occasion de parler avec la mère générale181.» J'en étais très contente. La mère générale est toujours la même, pleine de bonté, de paix et remplie de l'esprit divin; j'ai longuement parlé avec elle. Nous avons assisté à la célébration de l'après-midi. On a chanté les litanies du Très Doux Cœur de Jésus. Le Seigneur Jésus était exposé dans l'ostensoir, et au bout d'un moment, je vis le Petit Jésus sortir de l'Hostie, et venir Lui-même reposer dans mes bras. Cela dura un court instant; une joie incommensurable inondait mon âme. L'Enfant Jésus avait la même apparence qu'au moment où je suis entrée dans la petite chapelle avec la mère supérieure, mon ancienne maîtresse Mère Marie-Josèphe. Le lendemain, j'étais déjà à mon cher Wilno. Oh! comme je me sentais heureuse d'être de retour dans notre couvent. Il me semblait que j'y entrais pour la deuxième fois, je ne pouvais assez jouir du calme et du silence où l'âme se plonge si facilement en Dieu, tout y aide et personne ne la dérange.
(170) Le Carême
Quand je me plonge dans la passion du Seigneur, pendant l'adoration je vois souvent le Seigneur Jésus de la façon suivante: après la flagellation, les bourreaux emmenèrent le Seigneur et Lui ôtèrent son vêtement, qui déjà collait à Ses plaies; celles-ci se rouvrirent pendant qu'ils ôtaient le vêtement, alors on jeta sur les épaules du Seigneur et sur Ses plaies ouvertes un manteau rouge, sale et déchiré. Ce manteau atteignait à peine les genoux à certains endroits. On fit asseoir le Seigneur sur une poutre, puis on tressa une couronne d'épines, qu'on Lui posa sur la tête, et on Lui mit dans la main un roseau et tous se moquaient de Lui et Lui rendaient hommage comme à un roi, ils Lui
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P185 Premier Cahier
crachaient au visage, d'autres prenaient le roseau et Le frappaient à la tête, d'autres Lui faisaient mal à coups de poing, d'autres encore Lui voilaient la face et Le frappaient à coups de poing; Jésus supportait tout en silence. Qui Le comprendra - Sa douleur? Jésus avait le regard baissé; j'ai ressenti ce qui se passait alors dans Son Cœur très doux. Que chaque âme médite ce que Jésus souffrait à cet instant. C'était à qui insulterait Jésus le premier. Je me demandais d'où venait une telle méchanceté dans l'homme, c'est le péché qui agit ainsi - l'Amour et le péché se sont rencontrés.
Quand j'étais à la sainte messe dans une certaine église avec une sœur, j'ai éprouvé la grandeur et la majesté de Dieu, je sentais que cette église était imprégnée de Dieu. Sa majesté m'enveloppait; même si elle m'effrayait, elle me remplissait cependant de paix et de joie; j'ai compris que rien ne pouvait s'opposer à Sa volonté. Oh! si toutes les âmes savaient qui demeure dans nos sanctuaires, il n'y aurait pas tant d'outrages ni de manque de respect dans les endroits sacrés.
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(171) 21.III. 1935. Souvent, pendant la sainte messe, je vois le Seigneur en mon âme, je sens Sa présence qui me transperce. Je sens Son divin regard, je parle beaucoup avec Lui, sans dire un mot, je sais ce que désire Son divin Cœur, et j'accomplis toujours ce qui Lui plaît le plus. Je L'aime à la folie et je sens que je suis aimée de Dieu. Dans les moments où je Le rencontre dans les profondeurs de mon intérieur, je me sens si heureuse que je ne puis l'exprimer. Ce sont de courts instants, car l'âme ne pourrait les supporter plus longtemps, la séparation d'avec le corps devrait suivre. Même si ces moments sont très courts, la puissance qui se communique à l'âme s'y prolonge très longtemps. Sans le moindre effort je sens un profond recueillement qui s'empare alors de moi; il ne diminue pas, même si je parle avec des gens, il ne me dérange pas non plus dans l'accomplissement de mes devoirs. Je sens la continuelle présence de Dieu, sans aucun effort de l'âme, je sens que je suis unie à Dieu aussi étroitement que la goutte d'eau à l'insondable océan.
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P186 PETIT JOURNAL de Sœur Faustine
Jeudi dernier, vers la fin des prières, j'ai senti cette grâce qui a duré exceptionnellement longtemps, car pendant toute la sainte messe, je pensais que j'allais mourir de joie. Dans ces moments-là, j'apprends à mieux connaître Dieu et Ses attributs, ainsi que moi-même et ma misère, et je m'étonne de l'immense abaissement de Dieu envers une âme aussi misérable que la mienne. Après la sainte messe, je me sentais toute plongée en Dieu et j'avais conscience de chacun de Ses regards dans le fond de mon cœur.