soeur Faustine 39

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   + Lorsqu'une âme a longtemps reçu lumière et inspirations en abondance, et que ses confesseurs ont confirmé sa paix et la provenance de ces inspirations, si son amour est grand, Jésus lui fait connaître maintenant qu'il est temps d'utiliser ce qu'elle a reçu et de passer à l'action. L'âme réalise que le Seigneur compte sur elle et cette nouvelle augmente ses forces, elle sait que pour rester fidèle, elle devra parfois s'exposer à des difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce à cette confiance, elle arrive là où Dieu l'appelle. Les difficultés ne l'effrayent pas, elles sont pour elle comme le pain quotidien - elles ne l'effrayent ni ne l'épouvantent, de même que le fracas des canons ne terrifie pas le chevalier qui est constamment au combat. Loin d'être effrayée, elle écoute de quel côté l'ennemi attaque, afin de remporter la victoire. Elle ne fait rien aveuglément, mais elle scrute, elle réfléchit profondément et, ne comptant pas sur elle-même, elle prie avec ferveur et consulte des chevaliers expérimentés et sages, et lorsqu'elle agit de la sorte, elle remporte presque toujours la victoire.

   Il y a des attaques où l'âme n'a le temps ni de réfléchir, ni de consulter, ni pour rien d'autre; alors il faut combattre à la vie, à la mort. Il est bon parfois de se réfugier dans la plaie du Cœur de Jésus, sans répondre un seul mot - par cela-même l'ennemi est déjà vaincu.

   En temps de paix l'âme fait aussi des efforts comme au moment du combat. Elle doit s'exercer et bien s'exercer, sinon elle n'a aucune chance de victoire. Je considère le temps de paix comme un temps de

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 P97                  Premier Cahier

 

préparation à la victoire. Elle doit veiller sans cesse - vigilance et encore vigilance. L'âme qui réfléchit reçoit beaucoup de lumière. L'âme dissipée s'expose elle-même à la chute et qu'elle ne s'étonne pas si elle tombe. Ô Esprit de Dieu, directeur de l'âme, sage est celui que Tu exerceras. Mais pour que l'Esprit de Dieu puisse agir dans une âme, le silence et le recueillement sont nécessaires.

   (69) La prière. Par la prière l'âme s'arme pour tous les combats. En quelque état qu'elle soit, elle doit prier. L'âme pure et belle doit prier, sous peine de perdre sa beauté; l'âme qui tend vers cette pureté doit prier, sinon elle n'y arriverait pas; l'âme qui vient de se convertir doit prier, sinon elle tomberait à nouveau; l'âme pécheresse, plongée dans le péché, doit prier pour pouvoir se relever. Ainsi il n'y a pas d'âme qui ne soit obligée de prier, car c'est par la prière que la grâce descend sur elle.

   Je me rappelle que j'ai reçu le plus de lumière pendant les adorations que je faisais une demi-heure chaque jour, durant le Carême, allongée les bras en croix devant le Très Saint Sacrement. J'approfondis alors la connaissance de moi-même et de Dieu. Bien qu'ayant la permission des supérieures, j'eus beaucoup de difficultés à prier ainsi. Que l'âme sache que, pour prier et persévérer dans la prière, il faut s'armer de patience et surmonter courageusement toutes les difficultés intérieures et extérieures - difficultés intérieures: découragements, sécheresses, lourdeurs, tentations; extérieures: l'opinion humaine - et savoir sauvegarder les moments destinés à la prière. J'en ai fait moi-même l'expérience, car si je ne faisais pas ma prière au moment fixé, je la négligeais parce que plus tard mes devoirs m'en empêchaient, et même si je la faisais, c'était à grand-peine, car ma pensée fuyait vers mes devoirs. J'avais aussi une autre difficulté, quand l'âme a bien fait son oraison, elle reste ensuite profondément recueillie intérieurement, les autres personnes contrarient alors son recueillement, elle doit donc être patiente pour persévérer dans l'oraison. Plus d'une fois il m'est arrivé que lorsque mon âme était très profondément plongée en Dieu, qu'elle retirait un plus grand profit de l'oraison, que la présence de Dieu m'accompagnait durant la journée et qu'au travail il y avait plus de concentration et de précision, plus

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p98     PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

d'efforts dans les tâches - il m'arrivait justement alors de recevoir le plus de reproches, sur mon manque de fidélité à mon devoir, sur mon indifférence à tout, car les âmes moins recueillies veulent que les autres leur ressemblent, car ils sont pour elles un remords incessant.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon