soeur FAustine 34

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

P87                   Premier Cahier  

  

   Les premiers moments mon âme est toujours un peu craintive, mais ensuite une paix étrange et une force remplit mon âme.

   + Tout était encore supportable. Mais lorsque le Seigneur exigea que je peigne ce tableau, on se mit à parler de moi et à me regarder vraiment comme une hystérique et une illuminée, et on commença à en parler un peu plus ouvertement. Une des sœurs vint me parler en confidence. Et elle commença par s'apitoyer sur moi. Elle me dit: «J'entends dire de vous, ma sœur, que vous êtes illuminée, que vous avez des visions. Ma pauvre sœur défendez-vous de cela.» (59) Elle était sincère et me rapportait fidèlement ce qu'elle avait entendu. Mais c'est chaque jour que je devais écouter de semblables choses. Dieu seul sait combien cela me fatiguait. Je résolus, malgré tout, de tout supporter en silence et de ne pas m'expliquer quand on me questionnait. Les uns étaient irrités de mon silence, surtout les plus curieux. D'autres, qui réfléchissaient plus profondément disaient: «Pourtant Sœur Faustine doit être très près de Dieu puisqu'elle a la force de tant souffrir.» Et je voyais devant moi comme deux groupes de juges. Je m'efforçais au silence intérieur et extérieur. Je ne parlais pas de ce qui concernait ma personne, malgré les questions directes de certaines sœurs. Ma bouche devint muette. Je souffrais sans me plaindre comme une colombe. Mais certaines sœurs trouvaient, semble-t-il, du plaisir à me faire de la peine d'une manière ou d'une autre. Ma patience les irritait, mais Dieu me donnait tant de force intérieure que je supportais cela paisiblement.

    + J'ai compris qu'en de tels moments, personne ne m'aiderait et j'ai commencé à prier et à demander au Seigneur de me donner un confesseur. Je désirais qu'un prêtre me dise ce seul mot: Sois tranquille, tu es sur le bon chemin; ou bien: rejette tout ceci, car cela ne vient pas de Dieu. Mais je ne trouvais aucun prêtre aussi résolu, qui m'aurait ainsi parlé clairement au nom du Seigneur. L'incertitude se prolongeait donc. Ô Jésus, si c'est Ta volonté que je vive dans une telle incertitude, que Ton nom soit béni. Je Te prie, Seigneur, dirige Toi-même mon âme et sois avec moi, car de moi-même je ne suis rien.

   Voilà que je suis jugée de tous côtés, il n'y a plus rien en moi qui n'ait échappé aux jugements de mes sœurs; mais bientôt tout se tassa

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P88        PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

en quelque sorte, et on commença à me laisser en paix. Mon âme exténuée se reposa un peu, mais j'ai reconnu que le Seigneur était plus proche de moi au temps de ces persécutions. Cela dura très peu de temps. Un violent orage éclata à nouveau. Les soupçons d'autrefois étaient devenus désormais une sorte de certitude, et il fallut à nouveau écouter les mêmes chansons. C'est ainsi qu'il plut au Seigneur. Mais, chose étrange, même à l'extérieur (60) je rencontrais des insuccès81. Cela me causa beaucoup de souffrances de toutes sortes, connues de Dieu seul. Je faisais tout mon possible pour tout faire avec la plus grande pureté d'intention. Je vois désormais que je suis partout surveillée, comme un voleur: à la chapelle, pendant mon travail, dans ma cellule82. Maintenant je sais que, outre la présence de Dieu, une présence humaine est sans cesse près de moi; parfois cette présence humaine me fatiguait beaucoup. A certains moments, je me demandai si je devais oui ou non me déshabiller pour me laver. Mon pauvre lit, lui aussi, était souvent contrôlé. Le rire me prit quand je vis qu'on ne laissait même pas mon lit en paix. Une sœur me dit elle-même, que chaque soir, elle venait voir dans ma cellule comment je me comportais.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon