soeur Faustine 23

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ». En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)   Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le livre?

 

   (32) Mon Jésus, dirige mon esprit, prends complète possession de tout mon être, enferme-moi au fond de Ton Cœur et défends-moi contre les attaques de l'ennemi. En Toi est ma seule espérance. Parle par ma bouche quand je serai avec les puissants et les sages, moi, la plus grande misère, pour qu'ils reconnaissent que cette affaire est la Tienne et qu'elle vient de Toi.

   Ténèbres et tentations71.

   Mon esprit était étrangement assombri, aucune vérité ne me semblait claire. Quand on me parlait de Dieu, mon cœur était comme un roc. Je ne pouvais en tirer un seul sentiment d'amour pour Lui. Lorsque je m'efforçais de rester auprès de Dieu par un acte de volonté, j'éprouvais de grands tourments et il me semblait que je poussais Dieu à une plus grande colère. Je ne pouvais plus méditer comme auparavant. Je sentais dans mon âme un grand vide et rien ne pouvait le rem-

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 P61                                  Premier Cahier

 

plir. J'ai commencé à souffrir la faim et la nostalgie de Dieu, mais je voyais toute mon impuissance. J'essayais de lire lentement, phrase après phrase, et de méditer de cette façon, mais cela aussi était vain. Je ne comprenais rien de ce que j'avais lu. L'abîme de ma misère était sans cesse présent dans mon âme. Chaque fois que j'entrais pour quelque exercice à la chapelle, j'éprouvais les pires tourments et tentations. Parfois, je devais combattre pendant toute la sainte messe des pensées de blasphèmes qui se pressaient sur mes lèvres. Je ressentais une aversion pour les saints sacrements. Il me semblait que je ne tirais aucun profit des saints sacrements. Je ne les recevais que par obéissance à mon confesseur, et cette obéissance aveugle était pour moi le seul chemin sur lequel je devais marcher, ma planche de salut. Quand le prêtre m'expliquait que ce sont des épreuves permises par Dieu et que - «dans l'état où tu te trouves, non seulement tu n'offenses pas Dieu, mais tu Lui es très agréable, (33) c'est un signe que Dieu t'aime énormément, et qu'il a une grande confiance en toi lorsqu'il t'afflige par de telles épreuves.» - Ces paroles ne me consolaient en rien, il me semblait qu'elles ne s'appliquaient nullement à moi. Une chose m'étonnait, il m'arrivait parfois, lorsque je souffrais terriblement, qu'au moment où je m'approchais du confessionnal, ces terribles tourments disparaissaient mais dès que je m'éloignais du confessionnal, ils revenaient à la charge avec encore plus d'acharnement. Alors, je tombais face contre terre, devant le Très Saint Sacrement et je répétais ces paroles: Même si Tu me tues, j'aurai confiance en Toi72. Il me semblait que j'agonisais dans ces douleurs. Une pensée terrible pour moi était de croire que j'étais rejetée de Dieu. Puis d'autres pensées me venaient: Pourquoi tâcher d'acquérir des vertus et de faire de bonnes actions? Pourquoi se mortifier et s'anéantir? A quoi bon prononcer des vœux? A quoi bon prier? A quoi bon se sacrifier et s'anéantir? A quoi bon faire, à chaque pas, le sacrifice de soi-même? A quoi bon - si tu es déjà rejetée par Dieu? A quoi bon ces efforts? - Et ici Dieu seul sait ce qui se passait dans mon cœur.  

   Un jour où ces souffrances terribles m'étreignaient, j'entrai à la chapelle et je dis ces mots du fond de mon âme: Fais de moi ce qui Te plaît, ô Jésus. Je vais T'adorer partout. Que Ta volonté soit faite en

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P62                    PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

moi, ô mon Seigneur et mon Dieu, et moi je vais louer Ton infinie miséricorde. Par cet acte de soumission mes terribles tourments se dissipèrent. Tout à coup, j'aperçus Jésus, qui me dit: Je suis toujours dans ton cœur. Une joie inconcevable pénétra mon âme et la remplit d'un grand amour pour Dieu, ce qui enflamma mon pauvre cœur. Je vois que Dieu ne permet jamais plus que ce que nous pouvons supporter. Oh! je n'ai peur de rien, si Dieu envoie à l'âme un si grand tourment, Il la soutient par une grâce plus grande encore, bien que nous ne nous en rendions pas compte. Dans de tels moments, un acte de confiance rend à Dieu plus de gloire que des heures entières passées en prières remplies de consolations. Maintenant je vois que si Dieu veut maintenir une âme dans les ténèbres, aucun livre, ni aucun confesseur ne pourra l'éclairer.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon