soeur Faustine 4

Phénoménal journal de sœur Faustine. Jésus l’appelait « La secrétaire de sa Miséricorde ».            En voici des extraits. (Les soulignés sont de moi)  Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur le llvre?

 

   Cette terrible pensée d'être rejetée de Dieu est le supplice que subissent véritablement les damnés. Je recourus aux plaies de Jésus, je répétais des paroles de confiance mais ces paroles devenaient pour moi un supplice encore plus grand. Je suis allée devant le Très Saint Sacrement et j'ai commencé à parler à Jésus: Seigneur, Tu as dit qu'une mère oublierait son nourrisson plutôt que Dieu sa créature, et même si elle l'oubliait, Moi, Dieu, je n'oublierai pas ma créature. Jésus, entends-Tu les gémissements de mon âme? Daigne entendre les cris de douleur et les plaintes de ton enfant. J'ai confiance en Toi, ô Dieu, parce que le ciel et la terre passeront mais Ta parole durera éternellement. Cependant, je ne trouvais même pas un moment de soulagement.

   Un jour, à mon réveil, en me mettant en présence de Dieu, le désespoir commença à me saisir. Obscurité extrême de mon âme. Je luttai de mon mieux jusqu'à midi. Dans l'après-midi, des frayeurs vraiment mortelles commencèrent à m'envahir, mes forces physiques commencèrent à m'abandonner. Vite j'entrai dans ma cellule et je me jetai à genoux devant le crucifix et je commençai à implorer miséricorde. Mais Jésus n'entend pas mes appels. Je sens que mes forces physiques m'abandonnent complètement, je tombe à terre, le désespoir envahit mon âme, j'endure de véritables douleurs infernales qui ne diffèrent en rien des supplices de l'enfer. Je demeurai trois quarts d'heure dans cet

=================================

 P39                                      Premier Cahier

 

état. Je voulus aller chez la maîtresse - je n'avais pas de force. Je voulus appeler - je n'avais pas de voix, heureusement une sœur32 entra dans ma cellule. Lorsqu'elle m'aperçut dans cet étrange état, elle en informa immédiatement la maîtresse. La mère vint aussitôt. Dès qu'elle entra dans ma cellule, elle dit ces paroles: «Au nom de la sainte obéissance33 relevez-vous.» Aussitôt, une force me souleva de terre et je me tins debout près de la chère maîtresse. (10) Elle me rassura affectueusement, me disant que cette épreuve venait de Dieu: «Soyez très confiante, ma sœur, Dieu est toujours Père, même s'il envoie des épreuves.» Je revins à mes tâches comme au sortir de la tombe, les sens pénétrés de ce que mon âme avait éprouvé. Lors de la célébration du soir, mon âme commença à agoniser dans des ténèbres affreuses; je sens que je suis livrée au pouvoir du Dieu juste et que je suis l'objet de Sa fureur. Dans ces moments horribles, j'ai dit à Dieu: Jésus, qui Te compares dans l'Évangile à la plus tendre des mères, j'ai confiance en Tes paroles, parce que Tu es la vérité et la vie. Jésus, j'ai confiance en Toi, en dépit de toute espérance, en dépit de ces sentiments intérieurs qui s'opposent à tout espoir. Fais ce que Tu veux de moi, je ne Te quitterai jamais, car Tu es la source de ma vie. Oh! combien est terrible ce tourment de l'âme, seul celui qui a vécu de semblables moments peut le comprendre.

   Durant la nuit, la Mère de Dieu me rendit visite, tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras. La joie remplit mon âme et je dis: Marie, ma Mère, sais-tu combien je souffre? Et la Mère de Dieu me répondit: «Je sais combien tu souffres, mais n'aie pas peur, j'ai et j'aurai toujours de la compassion pour toi.» Elle sourit affectueusement et disparut. Aussitôt mon âme se trouva emplie de force et d'un grand courage. Mais cela n'a duré qu'un jour. C'était comme si l'enfer avait conspiré contre moi. Une haine terrible commença à s'infiltrer dans mon âme, la haine de tout ce qui est saint et divin. Il me semblait que ces tourments de l'âme feront partie de mon existence. Je me suis tournée vers le Très Saint Sacrement et j'ai dit à Jésus: Jésus, Époux de mon âme, ne vois-Tu pas que mon âme agonise après Toi? Comment peux-Tu Te cacher ainsi devant un cœur qui T'aime si sincèrement? Pardonne-moi Jésus, que Ta sainte volonté se fasse en moi. Je souffrirai tout en silen-

=================================

P40                PETIT JOURNAL de Sœur Faustine

 

ce, comme une colombe, sans me plaindre. Je ne laisserai pas mon cœur pousser un seul gémissement de plainte douloureuse.

 

© Robert Hivon 2014     twitter: @hivonphilo     skype: robert.hivon  Facebook et Google+: Robert Hivon