Celui qui commence doit bien examiner ce en quoi il profite davantage. Pour cela un maître lui est très
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nécessaire, pourvu qu'il ait de l'expérience. Si le maître n'est pas tel, il peut commettre beaucoup d'erreurs. Il conduira l'âme sans la comprendre et sans lui permettre de se comprendre elle-même; et cette âme, connaissant les grands mérites qu'il y a à obéir au directeur, n'osera pas sortir de la voie qui lui est prescrite. ………. Quand un directeur ne comprend pas ces choses spirituelles, il afflige tout à la fois l'âme et le corps; il arrête tout progrès. --------
-------- la considération de nos péchés et la connaissance de nous-mêmes, est le pain avec lequel il faut, dans cette voie de l'oraison, prendre tous les autres mets, si délicats qu'ils soient ; sans lui, l'âme ne pourrait se soutenir ; qu'on le prenne cependant avec mesure. -------
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Il est donc très important que le directeur soit prudent, c'est-à-dire qu'il ait un esprit sûr et de l'expérience. Si à cela il ajoute la doctrine, c'est un très grand bien. Mais si l'on ne peut en trouver un qui ait ces trois qualités réunies, qu'on sache que les deux premières sont les plus importantes, car on peut, dans un cas de nécessité, trouver des hommes instruits et leur demander conseil. Les commençants retirent peu de profit, selon moi, des savants qui ne sont pas adonnés à l'oraison. Je ne leur dis pas cepedant de n'avoir avec eux aucun rapport. Mais si dès le début l'âme ne devait pas suivre la voie droite, j'aimerais mieux qu'elle ne fît jamais oraison. La science est un grand trésor; elle nous instruit, nous qui savons peu de chose, et nous communique la lumière. Avec elle, nous arrivons à connaître les vérités de la sainte Écriture et par suite à nous acquitter de nos devoirs. Quant aux dévotions sottes, que Dieu nous en préserve !
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------- Bien que la doctrine ne semble pas nécessaire ici, mon avis a toujours été et sera que tout chrétien doit s'appliquer, quand il le peut, à communiquer avec un guide instruit, et le plus éclairé sera le meilleur. Celui qui suit la voie de l'oraison en a plus besoin que tout autre: et plus on est avancé dans la spiritualité, plus il faut y avoir recours. Qu'on ne se fasse donc point illusion, en disant que les hommes instruits qui ne pratiquent pas l'oraison ne sauraient être utiles à ceux qui s'y adonnent------- --------- l'étude de la sainte Écriture, à laquelle ils ne cessent de se livrer, leur fait découvrir la vérité du bon esprit. Pour moi, je suis persuadée qu'une âme d'oraison qui consulte des hommes éclairés ne sera pas victime des illusions du démon, si elle ne veut elle-même se tromper. A mon avis, le démon redoute souverainement la science humble et vertueuse; il sait qu'alors ses ruses seront déjouées et qu'il sortira vaincu du combat.
------ le savant est d'un secours précieux quand il
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est vertueux; alors même qu'il ne posséderait pas l'esprit d'oraison, il nous serait encore utile. Dieu lui fera comprendre ce qu'il doit nous enseigner; ---------- S'il s'agit d'une personne du monde, elle peut choisir le guide auquel elle doit se soumettre. ------------
Pour moi, je bénis Dieu de tout mon cœur, et nous autres femmes, ainsi que toutes les personnes qui ne possèdent pas la science, nous devrions toujours lui adresser d'infinies actions de grâces, de ce qu'il nous procure les gens instruits qui, au prix des plus grands travaux, ont acquis la connaissance de la vérité que nous ignorons. Bien souvent, je suis toute remplie d'admiration, quand je considère par quels labeurs les savants, et en particulier les religieux, ont acheté des lumières dont je profite sans autre peine que celle de les leur demander. Et il se trouverait des personnes qui ne voudraient pas mettre à profit de tels trésors ?