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3. Agenouillement et inclination
On voudrait aujourd'hui nous détourner de l'agenouillement. Ce geste ne serait plus adapté, paraît‑il, à notre culture, il ne conviendrait pas au chrétien adulte qui doit faire face à Dieu, debout; ------
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-------- Dans la Bible, le verbe proskynein (s'incliner jusqu'à terre après avoir ployé les genoux) apparaît 59 fois dans le Nouveau Testament, dont 24 fois dans l'Apocalypse ‑ signe de l'importance que l'Écriture attribue à ce geste. ----------
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-------- Dans la prière de Jésus sur le mont des oliviers, ------D'après Matthieu (26, 39) et Marc (14, 35), Jésus se prosterne, tombe face contre terre (Mt); ------ Luc, qui se présente dans l'Évangile et les Actes des Apôtres comme le théologien de la prière à genoux, nous rapporte que Jésus priait alors «en fléchissant les genoux» (Lc 22, 41). --------Dans son geste, Jésus assume en quelque sorte le statut et l'angoisse de l'homme déchu. Du fond de cette détresse, il se tourne vers Dieu et s'abandonne à la volonté du Père: «que non pas ma volonté mais la tienne soit faite». ----------
------- C'est en se maintenant
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dans la volonté de Dieu que notre volonté devient un vouloir véritable et libre. ---------
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--------- En Marc (1, 40), un lépreux s'approche de Jésus et, tombant à ses pieds à genoux, le supplie: Si tu veux, tu peux me purifier. -------après la multiplication des pains, Jésus reste seul sur la montagne, il prie le Père, alors que sur le lac ses disciples luttent avec les éléments déchaînés. Jésus part à leur secours, les rejoint; Pierre se précipite à sa rencontre, s'enfonce dans l'eau, puis est sauvé de la noyade par le Seigneur. Jésus monte ensuite dans l'embarcation, le vent tombe et tout se calme. Le texte dit alors: Les disciples dans la barque se prosternèrent devant Jésus, disant: «Vraiment tu es Fils de Dieu » (Mt 14, 33). D'après des traductions antérieures, les disciples dans la barque adorèrent Jésus. ---------
------ dans l'évangile de Jean, à propos de la guérison de l'aveugle‑né. ------- Jésus commence par demander à l'homme s'il croit au Fils de l'homme. L'aveugle l'interroge: «Qui est‑il, Seigneur?» La réponse de Jésus, «C'est celui qui te parle», entraîne la profession de foi: «Je crois Seigneur!» Et il se prosterna devant lui (Jn 9, 35‑38). ------- toute la scène converge vers l'acte de foi, qui s'accompagne de l'adoration de Jésus lorsque se sont ouverts non seulement les yeux du corps mais ceux du
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coeur. ---------
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-------- Le geste du corps est en lui‑même porteur d'un sens spirituel, celui de l'adoration, sans laquelle il resterait lettre morte. ---------
-------- Pour les Hébreux, les genoux symbolisaient la force. Fléchir les genoux, c'était donc plier sa force devant le Dieu vivant, reconnaître que toute force vient de lui. ------- Lors de la consécration du Temple, par exemple, Salomon s'agenouille en présence de toute l'assemblée d'Israël (2 Ch 6, 13). --------- Le grand psaume de la Passion («Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as‑tu abandonné») se termine par la
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promesse: Tous les heureux de la terre ont mangé: les voici prosternés! Devant sa force s'agenouillent tous les moribonds (Ps 22 [2l, 30).
Les Actes des Apôtres nous décrivent également saint Pierre (9,40), saint Paul (20, 36) et toute l'assemblée chrétienne (21, 5) priant à genoux. Le martyre de saint Étienne revêt une importance particulière pour notre propos, puisque le premier martyr est présenté dans une parfaite ressemblance avec le Christ, allant jusqu'à reprendre, à genoux, la prière du Christ crucifié, Seigneur, ne leur compte pas ce péché (Ac 7, 60). ----------
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------ Jacques le Majeur, frère de Jean l'Évangéliste, premier évêque de Jérusalem et « chef» de l'Église judéo‑chrétienne avait attaché des peaux de chameau à ses genoux parce qu'il était constamment agenouillé, priant Dieu et implorant le pardon pour son peuple (II 23, 6). ---------
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