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-------- Dans ce qu'il a de meilleur, le baroque s'appuie sur la Contre‑Réforme catholique, commencée avec le concile de Trente, lequel, fidèle à la tradition occidentale, souligna la fonction didactique et pédagogique de l'art. Sans se borner à ce rôle, l'art baroque renouvela en profondeur le regard de l'homme sur la réalité. Dans la peinture d'autel, par exemple, est telle une fenêtre qui laisserait pénétrer le monde de Dieu dans celui de l'homme: le rideau de l'éphémère s'écarte pour nous laisser entrevoir l'ordre divin. La peinture, la sculpture, l'architecture, tout dans le baroque vise à nous associer à la liturgie céleste; l'église baroque est un fortissimo de joie, un alléluia devenu image. La joie du Seigneur est votre rempart (Je 8, 10): on ne saurait mieux traduire l'émotion essentielle qui anime et traverse l'art baroque.
Le Siècle des lumières perdit cette joie en perdant la foi. Celle‑ci se vit repoussée dans une espèce de ghetto intellectuel, voire même social, où la culture moderne acheva de l'enterrer. La foi chrétienne chercha alors son inspiration artistique dans l'historicisme, dans la
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reproduction du passé ou dans la culture ambiante, si elle ne s'était pas déjà perdue dans la résignation ou l'abstinence culturelle. ------
--------- La crise de l'art n'est d'ailleurs qu'un symptôme de la crise existentielle de l'humanité. La domination du monde matériel a fermé l'homme à toute interrogation sur le sens de la vie, à tout ce qui pourrait le conduire au-delà de la matérialité. On pourrait presque parler d'une cécité de l'intelligence. Comment devons‑nous vivre, comment maîtriser le phénomène de la mort, notre existence a‑t‑elle une finalité et si oui laquelle? Toutes ces questions ne trouvent plus aujourd'hui de réponse commune. Au nom de la rigueur scientifique, le positivisme a rétréci notre horizon à ce qui est démontrable, à ce qui peut être prouvé expérimentalement ‑ il nous a rendu le monde opaque. ---------- --------- L'art est aujourd'hui le terrain d'expérimentation de mondes auto‑créés, d'une «créativité » vide qui ne s'ouvre plus au Creator Spiritus ‑ à l'Esprit créateur. -------
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-------- je résumerai brièvement les principes fondamentaux d'un art en harmonie avec la liturgie:
1. L'absence totale d'images n'est pas compatible avec la foi dans l'incarnation. ----------
2. L'art sacré trouve ses thèmes dans l'histoire sainte, du premier jour de la création au huitième jour, de la résurrection au second avènement. Il trouve également son inspiration dans l'histoire des saints, ceux qui ont "multiplié" le chemin de Jésus, grain de blé devenu fertile à travers l'histoire. ---------
3. Les images tirées de l'histoire de l’Alliance entre Dieu et l'humanité -------- renvoient aux sacrements ‑ baptême et eucharistie avant tout. Reliées intérieurement à l'acte liturgique, elles sont une manifestation du présent de Dieu au milieu de l'histoire de l'homme. --------l'image du Christ est au centre de l'iconographie sacrée de l’Alliance, au coeur de laquelle se trouve le mystère de Pâques: le Christ est représenté sous les traits du Crucifié, du Ressuscité, de Celui qui doit revenir et qui, même dissimulé à nos yeux, règne déjà.
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------- Une crucifixion où Pâques ne transparaîtrait plus manquerait son but autant qu'une représentation de Pâques qui omettrait les stigmates et donc la présence de la souffrance. L'image du Christ, centrée sur Pâques, est toujours une icône de l'eucharistie, qui renvoie à la présence sacramentelle du mystère pascal.
4. -------- Une image sacrée est le fruit d'une contemplation intérieure, d'une rencontre dans la foi avec le Ressuscité, qui, à son tour, peut nous conduire à la contemplation, à une communion intime avec le Seigneur. -----------
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L'arbitraire n'a pas sa place dans l'art sacré. Des formes artistiques qui limitent la représentation de la réalité à ce que peuvent en saisir les sens, privés de la lumière du Logos, sont incompatibles avec la fonction de l'image dans l'Église. L'art sacré------présuppose ------ un sujet formé intérieurement par l'Église à la dimension communautaire, universelle, de la foi. ------ Sans la foi, ----- il n'y a pas d'art en conformité avec la liturgie. L'art sacré, comme la liturgie, est soumis à l'impératif défini par saint Paul dans la deuxième épître aux Corinthiens: Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l'action du Seigneur, qui est Esprit (3, 18).
------- L'inspiration ne se commande pas, elle s'accorde. Ni l'argent ni les commissions ne donneront lieu à un renouvellement de l'art sacré. Celui‑ci présuppose le don d'une vision intérieure, d'une foi qui «voit » son Seigneur. -------------